INTRODUCTION
En 1892, j'ai commencé une Étude sur la Faune Lombricide de la Suisse. Ce travail m'a amené trois ans plus tard à décrire cinquante-trois espèces ou variétés dont six espèces nouvelles, dix-sept sous-espèces nouvelles et dix variétés nouvelles (1).
Je décrivais aussi les spermatophores de sept espèces et je faisais l'essai d’une classificalion rationnelle des Vers Oligochètes Lombr'icides.
Lorsqu’en 4895 cet essai de classification m’eut conduit à constater les différences capitales de structure anatomique existant entre les organes génilaux des différents genres de Lombricides d'Europe, je me demandais si l’anatomie comparée de chaque organe présentait des différences aussi notables et je commençais mes recherches qui ont durè cinq ans.
On verra par la suite que lorsqu'on compare les mêmes.organes chez des espèces différentes, ils différent parfois non seulement par leur anatomie, mais aussi par leur histologie.
Dans le cours de cette étude j'ai été étonné de constater que les histologisies ne se sont occupés que d’une ou deux espèces de Lombricides d'Europe et ont négligé l'anatomie comparée des genres ou de la famille.
(1) Thèse présentée, en 1895, à l’Université de Berne, pour obtenir le grade de Docteur ès sciences naturelles (Dédiée à M. le P' D' Th. Sruner).
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De plus ils ont eu la tendance d'étendre à toute la famille des Lombricides les résullals partiels, spéciaux, auxquels ils étaient arrivés. J'ai remarqué, qu’en général, les histologisles de profession allachent peu d'importance à la spécification. — C’est un tort.
Dans le cas qui nous occupe ils n’ont pas fail l'anatomie comparée ou l’histologie « comparée.» des Lombricides d'Europe, car ils en ignoraient la détermination.
Ayant eu l’occasion de m'occuper beaucoup de faune il m'a été facile de choisir parmi les espèces, celles dont le genre de vie et l'habitat me faisaient pressentir des différenciations anatomiques.
J'ai choisi des espèces communes, faciles à se procurer, afin que si l'on désire discuter mes observations où poursuivre mon étude on puisse le faire sans difficulté.
J'ai fait une exceplion pour Allolobophora Hermanni MICHAELSEN, parce que cette espèce, très rare, à des caractères ancesiraux ou de régression si nels, qu'aucune espèce n'aurait pu la remplacer, pour une élude de ce genre.
J'ai commencé celle Anatomie comparée des Lombricides, au Laboraloire de Zoologie de la Faculté des Sciences — P. C. N., — rue Ralaud, 1, en 1895.
Je remercie sincèrement M. REMY PERRIER et M. FISCHER, mes Chefs en Sorbonne, d’avoir mis à ma disposition avec la plus grande amabilité les locaux el les instruments nécessaires à mes recherches.
Je remercie aussi sincèrement M. EbmoxXDp PERRIER et M. FERDI- NAND BUISSON de m'avoir encouragé dans mes travaux.
Celle étude loute personnelle a êlé faite sans conseils théoriques de personne. — Les malériaux d’études proviennent de nombreuses collections failes aux environs de Paris pendant ces cinq dernières années et d’un pelit lot de ZLombricides de Dieppe.
Dès le début, je me suis vite convaincu que la disseclion ne me donnerait que de mauvais résultats, les observalions élant très délicates. Je me suis décidé à faire des coupes épaisses, macroscopiques, el je les ai colorées avec divers liquides dont certains par décoloralion ont eu la curieuse propriété de ne laisser colorés que les organes génilaux et les soies.
Cette méthode de coupes macroscopiques a été d’une très grande
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utilité pour l'étude des glandes de MoRREn, des organes génitaux et du muscle pharyngien (muscle buccal).
J'ai corroboré celte étude par des coupes histologiques fines, coupes frontales, pariélales, sagiltales.
Les liquides fixateurs ont une certaine importance. Le liquide de * PereNYyI ne donne pas de bons résullals, ni à chaud, ni à froid. Le liquide de FLEMMING réussit mieux.
Je me suis servi d’un fixateur à froid très rapide qui me paraît réunir les propriétés d’un parfait fixateur. En voici la formule : sublimé corrosif en solution à 6 ‘/, dissout dans de l'alcool à 75° avec 1°/, d'acide osmique, 1°, d'acide chromique et 1°/, d'acide picrique.
Si l’on veut étudier les glandes de MorREN, il est bon de se borner à fixer le Ver dans de l'alcool à 90°, 95° tenant en dissolution 1 /4 de sublimé corrosif. Se garder de le fixer dans une autre solution acide, même étendue.
J'ai employé de nombreux colorants. Le carmin boracique et le picro-carmin pour les glandes de MorRex ; la coloration simultanée à l’hématéine et à l’éosine ou à l’hématoxyline et à la safranine est bonne pour l’histologie du tube digestif, des téguments, des glandes chloragogènes ; le vert d’iode et l’acide chromique réussissent pour l'étude des organes génitaux. Le bleu de métylène en poudre, la nigrosine en poudre, la safranine en poudre sont précieuses pour les colorations sur le vivant surtout pour l'étude des kystes.
Cette élude n’étañt pas un travail de compilation et ayant été fait uniquement en vue de recherches originales, nous avons laissé de côlé autant que possible les descriptions anatomiques d'organes déjà décrits en ne mentionnant que les auteurs des principaux mémoires. De cette façon nous avons mis en relief les observations que nous avons faites sur l’anatomie comparée de chaque organe, observalions contrôlées par un de nos chefs M. H. Fiscxex et basées sur l'étude de nombreuses coupes frontales, sagiltales et pariélales.