‹ Étude sur le chancre syphilitique du rectumChapitre 6 sur 22 · SUR LE · texte numérisé non relu

SUR LE

CHSNERE ES RELIELTIOUZ

CHAPIFREMPREMIER

Dans le plus grand nombre des travaux publiés jusqu’à présent sur le sujet qui nous occupe, on a confondu dans une description commune les chancres syphilitiques du rectum et de l’anus, et il est d'usage de les étudier sous le nom de chancres ano-rectaux. Cette façon de faire, excellente en clinique, d’ailleurs, a toutefois le tort de subordonner l'existence du chancre rectal à celle du chancre de l'anus et de faire de la première lésion la propagation de la seconde. Or, il n’en est point ainsi dans un certain nombre de cas, et nous avons pu en réunir quatre

qui prouvent la nécessité de ne point admettre d’une

re

façon exclusive l’idée des auteurs cependant vraie le plus souvent.

C’est pourquoi, nous voulons ici étudier exclusivement le chancre syphilitique du rectum.

Il est en eflet bien des raisons qui nous engagent à écrire cette monographie : quelques syphiligraphes nient encore l'existence du chancre induré rectal, l'observation de Rüicord, la seule réellement classique, n’étant point encore admise sans contestation {1). Ensuite, d’autres auteurs, tout en reconnaissant que l’accident primitif peut se localiser sur la muqueuse rectale, croient cette manifestation tellement rare qu’il leur paraît inutile d'y songer dans la pratique, ou enfin, comme nous le disions précédemment, restent avec la conviction que le chancre à point de départ anal envahit quelque peu le rectum par propagation, en un mot, qu'il s’agit toujours de chancres ano-rectaux. La troisième raison, et qui de toutes n'est pas la moins importante, est que, tout en admettant la possibilité du chancre, on méconnaît sa fréquence qui est peut-être encore plus grande que nous n’oserons l’af firmer. ù |

En effet, ne disposant que de quatre observations typiques, nous ne pouvons point prétendre conclure d’une façon définitive, mais attirer l'attention sur un point digne du plus haut intérêt ; car à cette question en apparence technique s'en rattachent d’autres qui touchent de très

près la pratique : il est inutile d’insister sur la gravité

1. Ricord. Discours prononcé à l’Académie de Médecine à l’occasion

de la discussion sur la syphilisation, etc. Séance du 12 octobre 186 2e

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or d’une syphilis méconnue dont le point de départ est resté obscur parce que l’on a négligé d'examiner le rectum, sur les douleurs et les complications possibles de l'accident primitif huntérien, contre lesquelles on n’a point dirigé le traitement seul efficace ; sans parler des conséquences graves, possibles, éloignées du chancre du rectum, les

fistules, et peut-être même le syphilôme ano-rectal.

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