‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 57 sur 107 · Le dialecte de l'inscription est entaché d’ionismes · texte numérisé non relu

Le dialecte de l'inscription est entaché d’ionismes

— A0 es

GCtrois » est τρῖς IGMA τή, 1; 645 à 42; mais τρεῖς 500, 23,

Génitif : πολίων OH, IL, 95 b 15: SGDI 215, 40: 318, 15. Datif : πολίεσσι IGMA 1, 6; 30, 5; διαλυσίεσσι Ὁ, 3, 28. — Mais [τ] ρίσσι « à trois » OH, LE, οὔ b 18.

Observations. — 1. — Etant donné que le datif singulier en -εἰ ne paraît qu'à une époque où la langue commune déformait l'éolien écrit, il doit être considéré comme une désinence hellénistique, bien plutôt que comme le continuateur de l'ancienne terminaison -eyi. Τρεῖς et πρυτάvas sont également de la langue commune.

2. — Bien que πόληος ne repose que sur l'autorité des grammairiens, dont l'un le cite à propos du génitif homérique, il se peut pourtant qu'il ait encore vécu au vu siècle dans l'éolien poétique. Non seulement πόληος subsiste chez Homère et s'est transformé en πόλεως dans le dialecte attique, mais le thème πολη-, ou plutôt ror-, ἃ existé en cypriote. En ellet le datif cypriote πτόλιει n'est autre que *rrohNFL, locatif en -êu accru de la désinence -ἰ (Wackernagel, Verm. Beitr. p.53 note), d'où l': des autres cas expulsa l'y primitif.

3. — Les accusatifs très récents en -1< ne sont pas à proprement parler des nominatifs éoliens en fonction d'accusatifs, mais simplement de faux archaïsmes. Puisqu'à un nominatif hellénistique πόλεις correspondait en éolien poétique πόλιες (cf. ἴδριες). on éolisa en πόλιες l'accusatif πόλεις de la langue commune.

4. — Les deux accusatifs πόλιας et πόλις ont été employés par Homère; ils sont anciens l'un et l'autre, En éolien, πόλιας, semble-t-il, fut un archaïsme.

D. — Tps s'est transformé en +gt:' par analogie de τρία, τρίων, τρίσσι, τρῖς (acc.). Une extension semblable de la voyelle τ explique le nominatif pluriel πόλις, qui a succédé

1. Le même fait s’est produit en héracléen et en béotien, Cf. G. Meyer, Gr. τ. ὃν. 498; Audouin, Déclinaison, p. 158.

à un ancien trés (de ἡπολενες), comme le eypriote πτόλενι a remplacé *rrornre.

La substitution de la désinence accusative à celle du nominatif, que M, Hoffmann (Gr, Dial, I p. 541) admet dans le nom. pl. éolien πόλις, pas plus que la majeure partie des confusions de nominatif et d'accusatif au pluriel, que l'on a supposées, ne paraissent bien vraisemblables. En effet « la syntaxe de l'accusatif, dit M. Audouin (L. δ, p. 16), est strictement distincte en grec de celle du nominatif. » Sans doute ἐλάσσονες SGDI 1615, 12, στατῆρες 1448, 3, etc., pour la plupart achéens ', montrent nettement l'extension de la désinence nominative ; M. Audouin (L. €. p. 161) les explique par l'influence des noms de nombre. Mais les attiques πόλεις, τριήρεις, πήχεις, βελτίους ont pour origine probable *roke-vs, *rpupe-ve, ἔπηχετνς, ἔβελτιοτνς, formés sur les thèmes ἢ roke-, τριηρε-, rnye-, βελτιο-.

M. Hoffmann (Gr. Dial. p. 96) a cru trouver en éolien un pendant à l’attique βελτίους dans ἐλάσ[σοις] (de *éhz060-v<) IGMA 65 a 20. Malheureusement, bien que cette inseription soit gravée στοιχηδόν. ses différentes lignes sont d'inégale longueur, de sorte que M. Paton a eu le droit de restituer ἐλάσσονας]. ᾿

Toutefois le pronom éolien et dorien σφεῖς est issu de ἔσφε-νς, 51] est un accusatif. La pensée d'Apollonius, qui le cite (Pron. 9%, 19), demeure enveloppée de tant d'obscurité, qu'on ne peut dire à quel cas il se trouve.

L'arcadien σφεῖς de l'expression δέατοί σφεῖς SGDI 1222, 10, 18, ἃ été interprété de bien des manières (v. Hoffmann, Gr. Dial. Y p. 259). Ne pouvant partager l'opinion de M. Audouin (ἰ. €. p.157), qui en fait un « nominatif en fonction d'accusatif », puisque *oye- aurait produit ἔσφης, nous y voyons un datif pluriel cye-1 formé sur λόγο-ις, comme l'éolien ἄμμεσι a été créé d'après στήθε-σι,

1. L'accusatif éolien στάτηρες IGMA 527, 48 est incertain. 2. Les dialectes n'ont pas connu les antiques thèmes πολεγ-, TPMPES-, βελτιοσ- ; le F de πηχεε- disparut tôt en attique.

Trait Li re +52 SRE

Tous les dialectes grecs, sauf l'attique, employérent de

ue préférence πόλιος, πόλιες, etc. La création dialectale de l'ac-

cusatif *rokc-v< fit généraliser en attique l'usage du thème moke-, sans anéantir pourtant les anciennes formations : cf. οἷς « brebis », gén.olés, etc., puis le datif Déx qui se lit sur un vase athénien très ancien (Kretschmer, Vaseninschr. p. 185).

En somme, si, comme il est légitime, on admet que l'éolien ait possédé, dans des temps reculés, un génitif singulier πόληος et un nominatif pluriel πόλης, sa déclinaison des thèmes en -- ne diffère pas essentiellement de celle de l'ionien, ni même, à vrai dire, de l'attique.

Le nom du dieu Arès ἃ été décliné en éolien de quatre manières :

1°) Avec un thème ’Apsr-: “Apri AO I, 98, 22, EM 159,

2) Avec un thème ’Apev-': "Apeus Sa. 66, Alc. 124 ; — voc. "Apeu Alec. 28 ; — acc. "Apeux Alec. 31; — gén. "Apevos Alec. 29; — dat. "Apeur Sa. οἱ. 5: Ale. 30. Cette déclinaison est souvent rappelée par les grammairiens, p. ex. Hérod. IT, 640, 5 ; AO IT, 235, 1.

3) Avec un thème ’Ape(o)-: “Λρεος Grég. Cor. 607. — Priscien VI, 92 cite le génitif "Agevz.

4 Avec un thème ‘Apr-: “Apr: (dissyllabique) Ale. 15, 1: Cf. Awvouéynt p. 151.

Le dialecte béotien avait des formes qui rappellent les déclinaisons éoliennes : "Agevx Corinne τα: gén. "A geo: et "Apwc Diaconos, Commentaire à Hésiode Scut. 88. M. Führer (De dial. boeot. p. 31) regarde l'Apaa de Corinne comme une faute des manuscrits ou des grammairiens. Nous n'en devinons pas la raison.

Pour ce mot, il exista deux thèmes, *Agec- et 'Agnr-, qui

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