EN ÉOLIEN
A Verbes en -cw.
Les Eoliens conjuguèrent ces verbes de trois manières différentes : soit, comme la plupart des autres Grecs, avec la voyelle thématique : φιλέω, — soit avec la voyelle finale du thème allongée, mais thématiquement encore : φιλήως — soit enfin comme des verbes athématiques. Ce dernier mode fut le plus répandu.
Type φιϑέω.
Les œuvres poétiques en ont conservé des traces nombreuses : δέω Alc. τοῦ cité EM 264, 17. χασπολέω Sa. 50, 2:
81 (v. p. 37), ποτέονται Ale. 43; — selon toute apparence,
πότη: Sa. 41, 2 est thématique, mais il vient de πότεαι. non
de πότηαι. — A lui seul Théocrite fournit δοχέεις 29, 19,
νοέοντα 20, 31, φιλέει 28, τή, φιλέην 90, 4, φιλέοντα 20, 9. φορέοισι 28, 11, φρονέην 30, 14 : sans doute les mètres, riches en syllabes brèves, qu'il adopta, le forcèrent à user beaucoup de la conjugaison thématique.
Sur les inscriptions, on trouve ἀγρεόμενοι OH, ΠῚ. 135, 6, χαλέοισι IGMA 598, 5: OH, IL, 122, 5, tous trois datant du
au siècle environ. De la même époque est [διαχ)ονέοντες
IGMA 499, 3, dont la restitution est à peu près certaine. Enfin l'inscription archaïsante SGDI ὅτι, à la ligne 17, donne l'infinitif ἀρχέην.
Ces formes épigraphiques prouvent que φρονέην gdérmete. de Théocrite ne sont pas de faux éolismes; elles permettent aussi de conserver les lecons des manuscrits : érævéones Ale, 97 a, où το constitue une syllabe métrique, ὥρχευντο Sa. δή, μαρτύρευντας Ale, 109, μόχθευντες' Ale. 18, 5, avec la contraction de £0 en εὐ comme dans βέλευς Ale. 15, 4, Θεύγενις Th. 28, 22, Θευγένιδος Th. 28, 13, Θευγένειος IGMA 646 ἃ 12.
Les verbes dont la voyelle radicale n'est venue que tardivement en contact avec la voyelle thématique, se conjugucrent {oujours comme φιλέω :
ρέω * de *éerw : ρέοντα IGMA 4, x (1v° ou rt siècle).
πλέω de ἔπλεξω : ἐπιπλέων IGMA 527, 8.
ἔω de δεύω (v. p. 111) : δεῖ 526 d 12; 529, 6, δέηι (subij.) 4, 11.
τελέω de τελείω ἡ : διατέλει IGMA 5 ὃ 9; 18, 6, συντελέη (subj.) 498, 14; 502, 9: SGDI 311, 30, συντελέωνται IGMA 499, 11.
Type so.
ποθήω Sa. 23, ἀδικήει (mss. ἀδιχήη) Sa. 1, 20. — ἀδιχήω et row sont cités par Hérod. IE, 352, 23, IL, 949, 10; ἀδιχήει et χαλήω Hérod. 11, 331, 24; EM 485, 41 ; EG 294, 35.
L'éolien‘ χλήω (— homér. χλείω) a été transmis par Hérod. 11, 949, 11. Il remonterait à ἔχλεξεω, selon M.
1. Mss. ὠρχεῦντ᾽. μαρτυρεῦντας, μοχθεῦντες. Quant à οἰνοχοοῦσα Sa. 5, 4, στεφανηπλόχουν Sa. 73. ils sont certainement fautifs.
2. Dans Sappho frg. 4 : χαταρρεῖ mss., Bergk, Hiller, mais χαρρέει Abrens, Hoffmann,
3. Il est bien difficile de faire descendre τελείω éolien de τελήω avec M. Bechtel (Gôtting. Nachr. 1886 p. 377; cf. Schulze QE p. %61 n. 3). d’abord à cause de l'homérique τελείω, ensuite à cause de l'extrême rareté du changement éolien de ἢ en €. — Τελείω se trouve dans διετέλεις IGMA 599, 11, συντελειομένω OH, IL, 162, 4. Ξ
4. A « je trouve » Alc. 102 (EM 264, 17) a un ἢ radical primitif, cf. homér. δήεις δήομεν δήετε et l'aor. δαῆναι qui montre la forme réduite de la racine. ἐδ τι | φ-
΄ ἰδ αι. νοι + had
| — 163 — Schulze, QE p. 281 n. 3. Toutefois le soupçon d'hyperéolisme pèse sur lui.
On ne découvre pas une seule trace du type φιλήω sur les inscriptions‘.
Type φίλημι. ἢ
Quelques-unes des formes qui vont être énumérées résultent de contractions ; mais elles ont du moins l'appa-
rence athématique ; leur place est done ici.
ACTIF
Indicatif présent.
᾿Αχνάσδημι Alec. 81, EM 181, 44,
ἀσυνέτημι Alc. 18, τ, Theodos. Can. I, 83, 3,
λάλημι Sa. 1, 16,
ὄρημι Sa. 2, II,
φίλημι Sa. 90, τς C. IT, 40; Choer. IE, 91, 26; Eust. 1613, 16, φίλεμμι Eust. 1408, 1,
νόημι C. LIT, 40, αἴνημι GC. 111, 49,
γίχημι * Schol. Théocr. VIT, 40,
οἴδημι " οἴδης οἴδησθα Hérod. IT, 836, 17; Choer. IT, 111,3; Π, 341, 2; EM 618, 55, etc. Hésychius dit γοίδημι (c. à. d. roidqut) " οἶδα, sans indiquer le dialecte.
φίλησθα " Sa. 22, λύπης An. 56 a 4; πώνης Alec. 52, ἐνόχλης Th. 29, 36, μάτης Th. 29, 15, πόης Th. 30, 12.
1. YPO, dont ln est d'ailleurs primitif, se lit SGDI 1558; mais rien ne prouve que cette inscription, trouvée à Dodone, ait été rédigée en éolien asiatique.
2. M. Brugmann (Grundr. I p. 241) fait dériver V4 d'un thème Yt-240-, tiré lui-même d'une particule adverbiale "πὶ, ef. sk, ni-ca « bas, qui recule », etc. Mais comme l'éolien dit aussi νιχάω : νίχαις νίχαι C, I, τὰ, γίχημι en diffère par sa constitution. Il a peut-être été originairement athématique, et composé de la particule "πὶ et de la racine "κοΐ, dont la forme faible apparait dans χινέω. On en aurait dérivé le substantif v{xä, d'où le dénominatif νιχάω,
3. Le thème olde- est un mélange de οἱδ-- et de εἰδε-, qui existent, l'un dans οἶδα, l'autre dans le subjonctif εἰδῶ et dans l'aoriste εἴδη σα,
4. Avec la diphtongue εἰ dans les manuscrits : XÉVELS ἐπιτρόπεις,
»- υἱὲ Pl DEL"
ὄρη" Th. 30, 22, φόρη Th, 29, 29. — ποίη SGDI 215, ar.
% personne du pluriel ἐπιρόμδεισι Sa, à, 11, çüva Balb. 320, 15, à lire φίύλεισι,
Enfin ποίητον EM 93, 12, bien que le duel semble mort
en éolien.
Imparfait,
égüny, ἐνόην Eust. 1408, 3: ἐφῦνην EM 953, 4. ἔννη An. 52, Hérod, I, 302, 12: I 505, 6; EM 344, τ. etc. Epigraphique : ἐδαθόη (— t6049e:) IGMA 645 a 21.
Impératif.
χίνη Sa. 114, ὑμάρτη Th. 28, 3: gr Th. 29, 20; χέντη Tzetzès (Epyx 664).
ὠθήτω Alc. 41, 0.
Epigraphiques : χάλεντον IGMA 5929, 14; χατάγρεντον 6, 15.
Subjonctif. | Epigraphiques: γυμνασιάρχη OH. IL, 150, 7, εὐεργέτη IGMA
πόημεν IGMA 67, 4.
ποιέωσι 529, 195 : cf. les aoristes passifs : ἀνατεθέωισι OH, I, 162, G; διεξαχθέωσι SGDI 215, 43; ἀναγορευθέωσι ἐδ, L 53.
Optatif.
φιλείην νοείην Eust. 1556, 10. | φιλείη voein Eust. 1787, 42.
Infinitif.
Sur les inscriptions : βουθύτην IGMA 5, ὁ. ἐπαίνην SGDI 311, 25, [εὐε]ργέτην IGMA 502, 53, χάλην SGDI 311, 29, παραχάλην SGDI 215, 52. — De plus ποντοπόρην Th. 30, 19, φώνην Balb. 320, 5. — φίλην χάλην φρόνην sont cités C. ILE, 36. —
1. Avec la diphtongue ξἰ dans les manuscrits : ἄγρει χαταγρεῖ ἀνθεῖ ἀχεῖ δονεῖ ἀμφι...χελαδεῖ φιλεῖ χαλεῖ, |
Les fragments poétiques de Sappho et d'Alcée donnent
avec un -& hellénistique : συνοικεῖν Sa. 55, ruvety Alec. 20 ;
ppe Me DA.
re
À L vw Ab ” … ni δὲ
Av
ὑμνεῖν Alec, 5, 2.
Participe.
Inscriptions : ἀναίρεις IGMA 59, τι, βαθόεντι 526 à 57, 6 5,
ἐπισχόπε[:ς] 30, 14, εὐεργετέντεσσι 527, 40, éluovéevres 6, 30, προσ-
μέτρεις SGDI 311, 13, στοίχεις 311, 13. Ont la voyelle ἢ χατοικήντων IGMA 15, 6, γυμνασιάρχηντα OM, IL, 150, 3. Poètes : Nomin. masc. μέδεις Alec. 48 ὁ, ofxex Alc. Go, ἐπόρεις An. 61. — Féminin : μάτεισαι Sa. 54, θέρσεισα où plutôt θάρσεισα Th. 28, 3. — Autres cas du masculin : ἔρρεντι Alc. 130, mais δίννηντες avec un ἡ Sa. 1, 11. Les grammairiens éitent : ζάτεισα Schol. Théocr. I, 85,
… γύόεις φρόνεις χάλεις C. ΠΙ, 35); Eust. 1756, 10, etc. ἔρρεις ἔρρεν-
τος EM 377, 19, ποιέντων EM 20, 8.
MOYEN, Présent indicatif.
ποίημαι νόημαι EM 56, 51; AO I, 95, 15, φῇημαι AO IL, οι,
ἄγρηται OH, II, οὔ ὃ 6, αἴτηται IGMA 14, τι; 529, 17, [ὠφέϊληται SGDI 305, 15, πώληται AO I, 362, 25.
φορήμεθα Alc. 18, 4, αἰτήμεθα Th. 28, 5.
προνόηνται SGDI 215, 19, [δι]Ἰλσάφηνται OH, IE, 95 a 4.
Imparfait.
ἐχαλήμην ἐνοήμην (ce. à. d. ἐχαλήμαν ἐνοήμαν) Eust. 1432, 35. Impératif.
ΠΈΝΤΕ IGMA 4009. 8.
Subjonctif.
ο΄ ἄγηται IGMA 6, 34: OH, I, 16, ὁ, ἱροπόηται IGMA 645 a
τ΄ αὶ ἰχνεῖται (sie mss.) Ale. 98.
es jh ASE | 2er
Infinitif.
χάλησθαι GMA 645 ἃ 35; OH, I, 1653, à, ποίησθαι IGMA 500, 18, πόησθαι Sa, Oxyrh. Pap. VII, 9, φθησθαι Hérod, 1 536, ὁ; I, 56, 2. La terminaison -ec0 n'est nullement assurée, car [ἐπ] αίνεσθαι que M. Hoffmann donne OH, ΤΙ, 121, 39 (— IGMA 527, 39) a été lu φαίνεσθαι par M. Paton. Sur l'inscription OH, 11, 155 à τὸ on attend ἐγχάλησθαι, mais la pierre porte ἐγγάλεσθαι, fautif déjà par son yy; de plus l'inscription est « d'une lecture très difficile » (Th. Reinach 2£G 1891 p. 268).
Participe.
Inscriptions : ἀγήμενος IGMA 93 «à 6, ἀμφισδατημένων ὦ, 25, ἐγχαλημένων 526 à ήο, χαλημένοις OH, 11, 150, 5, οἰχημένας IGMA 202, 6; 206, 3; 541, 3; 542, 3; 543; 544, a; 545, 3, ὀμολογήμενα 0, 35, ποιήμενος SGDI 215, 28, ποείμενος ' SGDI 305, 8, ....««ἡμένων Mitt. 1886, 268 1. 35, ....«ἥμενος ibid. 1. 25 et 28 ; προαγρημμένω * (sic) SGDI 311, 6.
Chez les poètes : ἀρυτήμενοι (ms. ἀρητύμενοι) Ale. 47, 2, ὀχήμενος An. 51, ποτήμενα Th. 29, 30.
Enfin Eustathe 1432, 35 cite χαλήμενος νοήμενος, et EM 182, 48 φοδήμενος.
Les grammairiens attribuent aussi aux Eoliens les épismes ἀλάλημαι, ἀλάλησαι. ἀλάχηται, ἀλάλησθαι, ἀλαλήμενος, ἀχάχησϑαι, ἀχαχήμενος, δίζησθαι, διζήμενος.
Pour rendre sensible l'influence réciproque de φθημι et de τίθημι on ajoutera ici la Me τ > athématique ancienne.
ACTIF. — Présent et imparfait.
Indicatif : τίθης τίθη Hérod. 11, 832, 36; PR II, 330,
1. L'inscription ayant été gravée en lonie par un sitiost la graphe ει pour ἢ est peut-être une simple faute de transcription.
2. Pour le Ut, cf. πεποημμέναις Sa. Schub. I, 17, leçon du manuscrit.
᾿ς 35, τίθησθα Hérod. IT, 111, 17; — 39 pl. προτίθεισι IGMA 150,7, rap δ᾽ἴεισι Sa. 16, ἄεισι EM 99, 12.
Ke Imparfait : ἴη Balb. 320, 10, 11, ἄη EM 93, 4. ᾧ 4 Impératif : in Balb. 329, 6.
Participe : ἐπι ...τίθεις Alec. 34, 3, τιθεντ... IGMA 538, τι. |
Aoriste second.
Impératif : περθέτω Alc. 36, 2.
4 Subjonctif : θέω Sa. 12, 2; 36; EM 4/9, 36, [9}n Ale. 50, 6, πρόθη IGMA 596 a 51. Λ
Optatif : θεῖμεν Sa. Ga, τ.
D. Infinitif : κατθέμεναι IGMA 1, 17, θέμεναι 15, 41 ; 529, 19,
Ge ὑποθέ[μεναι)] 529, 3, προθ]έ]μεναι 645 ὃ 35, [Ou lever OH, 11, 136, Ἢ
17, ὀνθέμεναι SGDI 311, 53. |
4 Participe : ὄνθεντα SGDI 311, 39.
MÉDIO-PASSIF
Impératif présent : [προστίθ]ησ[θον} IGMA 6, τ, vraisemblable.
Participe présent : τιβθήμενος AO I, 87, 37. Infinitif aoriste : ὑπόθεσθαι IGMA 529, 4, πέρθεσθ᾽ Sa. 58, τ. Participe aoriste : θέμενοι IGMA 985, 2, περθέμενον Sa. 64.
Aoristle passif.
De ce temps, qu'il suffise de dire que son infinitif se termine par -ν et son participe masculin par -εῖς -εντος, Exemples :
ἀνατέθην IGMA 67, 14, ἐγχαράχθην 67, 13, τελέσθην Sa. Oxyrh. Pap. VIE, {, etc.
ἀγρέθεντες IGMA 0. 33, ἀποστάλεντες 15 b 2, γράφεντα 596 d 34, γνωσθέντων OH, IE, οὔ b 10, τύπεντος Balb. 320, 10, etc. Vingt exemples de cas autres que le nominatif singulier se sont rencontrés; toujours leur suflixe avait la forme -ἔντ-, jamais -177-.
Observations. — 1. — Le type non-contracte a toujours subsisté.
2, — Les verbes en τή sont rares et uniquement poétiques, 3. — La conjugaison de φῦημι se distingue de celle de τίθημε par la grande extension qui y est donnée à l'y. Le contraste est visible dans δίνγηντες χατοιχήντων γυμνασιάρχηντα opposés à τιθέντα et aux participes d'aeristes passifs. 4. — La disparition de la désinence τσὶ à la 3° personne singulier +{ est due à l'influence de φῦ, ef. ἦσι « dit-il » Sa. 97, φασί « 1] dit » IGMA 268, 2, 5. — Vraisemblablement aussi l'infinitif aoriste passif est analogique de φίλην,
B à f Verbes en -aw. | Type τιμᾶω.
ἐλάων Balb. 320, 8.
Type τιμᾶω.
Rien. Les grammairiens n'en parlent même pas.
Type τίμαιμι.
ACTIF
Indicatif présent : πλάναιμι πάλαιμι Hérod. II, 930, 4. γέλαιμι Hérod. IT, 463, το; 930, 4: Eust. 1613, 23, etc.
γέλαις γέλαι Hérod. 11, 825, 3; AO IV Rue 0, γελάϊς γελάϊ, βοάϊς Bodi, νικάϊς νικάϊ C. 11, 12.
ὄπταις Sa. 115 (2° pers. sg. du présent ou particine).
τίμα IGMA 645 a 44.
δίψαισι Ale. 39, 2, χόλαισι Alc. 18, 9 (3° pers. pl.).
Imparfait : ἐχύχα (ms. χυχᾶι) Sa. 928, 2.
Impératif : τιμάτω IGMA τ, 16. |
Infinitif : ἔραν Th. 30, 17, συνέρᾶν Th. 29. 32.
Participe : συνάνταις SGDI 215, 98, ciyax Balb. 395. 3 (Hoffmann), γέλαις πείναις C. ΠΙ, 18, gén. Le Hérod. II, 265, 14; EM 995, 5. |
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