‹ Étude sur le HachichChapitre 28 sur 30 · ÉTUDE THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE THÉRAPEUTIQUE

€ Quantum difficile curare morbos ! »

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Une substance présentant des propriétés aussi énergiques et produisant des effets aussi divers devait nécessairement inciter les thérapeutes à l'essayer dans un grand nombre d’affections morbides. j

Et de fait, le cannabis indica a été employé dans une. foule de cas plus disparates les uns que les autres : on le voit tour à tour prescrit dans le choléra, la folie monomaniaque, l’ophtalmie rhumatismale, les parasites du cuir chevelu, l’aménorrhée etla tuberculose pulmonaire. Citer les maladies dans lesquelles il a été préconisé serait les énumérer toutes les unes à la suite des autres.

Son emploi en thérapeutique remonte d’ailleurs à une très haute antiquité, du moins en Orient : l’auteur du Makhazan-ul-Adwiga en vante les bons effets contre la diarrhée et la gonorrhée, et comme topique sur les plaies. À

Miza-abdul-Russac le regardait comme excitant la sécrétion de la bile et le citait aussi comme très efficace

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pour ramener l'appétit disparu et guérir les hémorrhoïdes et la gonorrhée.

Mais ce n'est qu'au xvur siècle qu’on le voit en Europe entrer dans la thérapeutique sous la protection de Murray qui le conseille comme narcotique et analgésique dans la gonorrhée et l’ictère spasmodique.

Au commencement du xixe siècle, son emploi fut vulgarisé par les médecins anglais revenant de l’Inde (O Sanghuessy, Mac Connell, O Brien), et depuis cette époque on ne compte plus les tentatives heureuses ou malheureuses faites avec le cannabis indica. Nous craindrions d’être fastidieux en passant en revue le cortège interminable des maladies traitées par ses vertus: les affections nerveuses, les affections pulmonaires, gastriques, intestinales, les fièvres éruptives, les troubles génitaux, certains empoisonnements ont été victorieusement ou non attaqués par le chanvre indien.

Disons de suite que, dans la plupart des cas, l'arsenal thérapeutique fournit au médecin des armes supérieures au hachich, ayant fait leurs preuves et présentant un maniement beaucoup plus commode. Quelques noms, cependant, ne peuvent être passés sous silence lorsqu il est question de l'emploi thérapeutique du chanvre indien. Ce sont les noms de: ;

Willemin qui l’'employa avec succès contre le choléra;

Aubert Roche qui l'utilisa avec de bons résultats dans une épidémie de peste, en Egypte, en 1840 ;

Moreau de Tours, qui croyait avoir trouvé en lui un médicament de choix dans le traitement du délire monomaniaque, de la mélancolie, et de l'hypochondrie ;

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Germain Sée, qui le considérait comme le sédatif par excellence de l'estomac dans les affections non organiques, c’est-à-dire dans les altérations chimiques du suc gastrique et les névroses gastro-intestinales.

Les préparations de chanvre indien ne figurent pas au Codex Medicamentarius français, seul le chanvre indigène, le cannabis sativa y est mentionné. Cependant, on trouverait sans doute avec peine. dans les pharmacies des préparations de cannabis sativa, alors qu'au contraire, on y trouve en abondance des préparations de cannabis indica. Voici les principales avec les doses approximatives pro die :

Un extrait alcoolique fait avec de l'alcool à 90°.

Doses : de 0,10 à 0,60 centigrammes.

Un extrait alcoolique fait avec de l’alcool à 60°. Doses : de 0,10 à 0,60 centigrammes.

Un extrait gras préparé avec du beurre :

D. de 0,05 à 0,06 centigrammes (d'après M. Pouchet).

D. de 2 à 6 grammes (d’après M. Debove).

Un extrait éthéré :

D. de 0,20 à 0,40 centigrammes.

Une teinture à 5 pour 100 :

D. de XX à XL gouttes (Michel de Cavaillon).

La cannabine de Gastinel :

D. de 0,01 à 0,05 centigrammes.

La cannabine de Smiult :

D. de 0,05 à 0,10 centigrammes (Dujardin-Baumetz).

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Le hachich est employé comme hypnotique, anesthésique, anodin, et antispasmodique.

Mais, à notre avis, de grandes difficultés entourent son emploi en thérapeutique : indépendamment des idiosyncrasies individuelles qui sont très nombreuses, il existe, en effet: « des idiosyncrasies» du côté de la drogue, elle-même. et voici pourquoi: les préparations de cannabis indica délivrées par les officines sont fabriquées avec la plante sèche, conservée plus ou moins longtemps dans les magasins avant d’être envoyée au laboratoire. Ce séjour plus ou moins prolongé fait varier considérablement la valeur des extraits qu'on en va tirer. Mais il ÿ à plus: nous avons vu en jetant un coup d'œil sur la pharmacologie, combien le climat et le sol d'habitat faisaient varier la richesse du chanvre en principes actifs. Comme pour la digitale, le lieu de provenance a ici la plus grande importance: Or, d’après les renseignements que nous avons pris dans les grandes maisons de produits pharmaceutiques, le lieu d'origine du cannabis que l’on y reçoit est absolument inconnu : les ballots sont achetés en général à des maisons de commission anglai-. ses qui elles-mêmes n’ont point les plantes de première main. La seule chose que l’on sait, c’est que le chanvre Indien est acheté par ces maisons dans des pays très divers : l'Inde, l'Egypte et l’Asie Mineure leur en fournissent tour à tour. .

On conçoit donc facilement combien grandes seront les surprises réservées aux médecins qui prescriront le hachich aux doses indiquées dans les formulaires ; doses qui sont, d'ailleurs, elles-mêmes très variables — ce qui

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