‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 127 sur 326 · Celé samblance donl li Ewangille parole | nsnou en ta qui · texte numérisé non relu

Celé samblance donl li Ewangille parole | nsnou en ta qui

h del sainl graal, car pai les noecea qu'il flsl crier poonsenten

w ilol sainl graal où li preudome mangeront; li vrai chevalier c'esl a

crus que nostre sires trovera vestus de robes de i >. grâces el de boines vertus que Diex preste a chaus qui l sot, mais

.. chaus qu'il trovera desgarni el desnués de vraie confession el . repentance, et de boines œvres de miséricorde, chaus m- voldra il mi.- « rechevoir, ains 1rs fera jeter hors de son ostel et de la compaignii

autres, si qu'il rechevront autant de honte et de vei >li autre

u auront d'onor « VI, 91 .

•J. Voy. plus haut, g, 126-131.

3. Paulin Paris 1. 197, 221, note 1): « Ainsi dans notre roman, les deux tables la table eucharistique et la table du graal] n'en font réellement qu'une et l'hérésie se trouve parfaitement accentuée. • Le auquel

se réfère P, Paris manque dans l'édition Hucher III, 12n et dans l'édition Sommer l, 208 . lue remarque faite par P. Paris lui-même p. 198, note 2) aurait dû l'avertir qu'il était en présence d'un texte stupidement inlerj — ■ Quant aux réflexions de Louis Moland Origines littéraires de la France^ p. 70-71 à ce sujet, elles sont déconcertantes et, d'ailleurs. q< . .

i. \i Chrétien de Troyes aux v. t398, t403 ni Wauchierde Denain les vers 28074-76 dans Potvin, t. IV, p. 261-262, sont certainement interp ne fournissaient de renseignements sur le mystérieux graal quePerceval avait vu défiler devant lui en compagnie de la lance qui saigne et des tailloirs » d'argent .

Kobert de Boron, le premier, en fit une relique chrétienne. Il imagina que ce « vaissel » aux propriétés merveJUeuses était celui où Jésus avait célébré Étude sur le Lancelol. H

itâ ii i i'i bI k Le làfm eLot en n;<»>i.

L'auteur es1 un ecclésiastique relativement fori instruit, mais dénué de toute prétention à innover, quoiqu'il fut au courant de certaines préoccupations théologiques et rituelles <le son temps. La controverse sur le moment ou s'effectue la transsubstantiation L'a certainement intéressé. Au eommencement du Mil' siècle, les théologiens de iécole de Paris discutent pour savoir si la transsubstantiation du pain a lieu après la formule « hoc est corpus meum » ou seulement après la consécration du calice. Cette dernière opinion était celle du célèbre Pierre le Chantre, lequel fut

la Cène chez Simon; Joseph d'Arimathie l'ayant obtenu do Pila te y recueillit le sanu qui sortait des plaies du crucifié : « Leenz eut un veissel moult -en! Ou (',11/ IVisoit son sacrement. Un Juisle veissel trouva Chiés Symon, selpristet garda » [Joseph, v. 396-399; cf. v. 434-438, 508-510, 563, 573, 2469, 305G : sur les vertus de ce vaissel : v. 718, 728, 937, 2032, 2448, etc.). Un passage est inquiétant : - Cisl veissiaux où men sanc meïs — quant de men « cors le requeillis, Calices apelez sera. [ Par] la platine kisus girra — Iert la h pierre senefiée Qui fu deseurmi seelée — Quantoù sepulchre m'eus mis» (v. 909-913). Robert de Boron assimile donc le « vaissel » (graal) au calice eucharistique (cf. la fin du chapitre suivant).

UEstoire conserve au graal sa vraie forme que nous décrit Ilélinand : « scutella lata et aliquantulum profunda » (cf. p. 136). Le saint ce vaissel » graal (I, 162, 202, 209, 211, 231, 241-2, 262-3, 286, 28); cf. IV, 348; V, 393 ; VI, 42-44, 180, 189, 196, 197) est une « escuelle » (I, 3, 13, 14, 20, 21, 79, 81, etc. ; cf. VI, 190) en « semblance » de calice (IV, 343; V, 108; VI, 392); elle est portée au-dessus de la tête (ibid.). [Le graal est représenté dans le ms. fr. 342 de la Bibl. Nat. (daté 1274) au fol. 145 verso.]

Surtout la description que nous reproduisons de la première messe célébrée par le premier évêque Josephé prouve que le graal est différent du calice eucharistique : celui-ci est au centre de la table sainte dont la lance qui saigne et l'écuelle occupent respectivement les deux extrémités (cf. I, 33).

C'est seulement dans la scène finale de la communion de Galaad et des autres élus que le graal redevient le calice eucharistique, 1' « escuèle où Jhesu Crist manja l'agnelle jor de Paskes od ses disciples », et à Josephé, descendu du ciel pour célébrer la messe, se substitue, au moment de la communion, le Sauveur lui-même pour conférer l'hostie aux douze héros de la quête (VI, 189-190). Mais à la sainte table sur laquelle repose le saint graal « onques chevalier ne manja puis le tans Joseph d'Arimathie ». Les merveilleuses guérisons et les révélations de tous genres, que dégage la présence du graal (I, 14-21, 32, 79, 231, 250, 286-289; IV, 343-4; V, 108, 302, 392 ; VI, 13, 42-43) sont dues à sa qualité de relique sacrée, non de calice eucharistique, tout au moins jusqu'à l'apothéose finale.

Robert de Boron donne à graal (de graclale, mot d'origine inconnue) une étymologie de fantaisie : agréer (Joseph v. 2661, 2674, p. 112; version en prose, éd. Hucher, I, 256,318; Perceval, éd.llucher, p. 483 ;éd. Weston, II, 82). Cette étymologie apassé dans YEstoire(l, 79, 1. 26) et dans la Quête (VI, 190, 1. 33)': « c'est l'escuele qui a servi a gré tous ceus que j'aitrové en mon service. » Sur ce terme, voy. encore W. Fœrster, Wœrterbuch, p. 174-179.

eh. h . • . 1 . • I .11 ni de II lin n

Pai i .. I li Un du mi' i' ol(

I i promit i u rrn ■ ■ ■ ' i I

. ôté ii" lin "t nol i e uut ui

I uni .1 m l'arche m qui onquei fu I l pucple, mail il l'ol moull n il

n'i .h I foi OU ni- ni. ni q

quanl il lit a la chaîne t< p. mr \ i 'H al poi m. uni' dis! il del vin : « I

h 1 1 1 1 1 • 1 1 - m eïa m e s qui p pecii I qu'il 1 1

il.- lo calice . li deviitl i intosl li pains chan al h vins n Josephés apertomenl qu'il lenoil en!

tl'iiu enfanl ; si li eaioil avis que li sans qui ilice fu

de! c >rs d'un enfant. Kl quanl il vil ce, si fu moull duremcnl esbahit*,

m qu'il iif savoil qu il pooil faire ; si se Uni uli c

moull duremenl a souspirer el a plorer dei iei d< Le poi

paour qu'il eu a voit. I .ora li dial N

membrer chou que tu tiens en iii ; phé h respondi :

. Sire, veéa chi voatre serf \'<>r Dieu aies enl merci, cap m< nel poroil sousfrir que iou dépêchasse si bêle figure. I H disl : Se lu ne fais mes commandemens tu n'aurai ja pari en : hiretage. Lors prinal Josephés l'enfant, si misl la teste 'I un» le desevra del bu ausi legieremenl comme -<• la char del enfanl toute quite en tel manière comme on quial char que on veut i;. Après fisl ii. partiel del remananl a moult grant paor, comme cil qui moull durement ploroit et souspiroit, Bnsi comme il commencha a faire ces parties si chatrenl tout li angele ki laieni eitoienl à jenous tous nus el à nus rouie-, et tanl que Nostre Sires disl a Josephé : atena tu? rechoif ce que esl devant toi, car - Et

Josephés se misl tantoet a jenole el bail son prs et cria merci en pic— rani de toui B6i peciés, El quant il fu redreciée, si vial devant lui le platine une pièce en samblance de pain; si le prinat et le leva en haut, et quant il ot rendu grâces i Nostre Seignorsi ouvri la bou le vaut mètre dedens : si regarda et vit que ut uns cors entiei -

quant il le vaut traire arrière si ne pot, aius le senti en sa bouce anchois qu'il le peûsl clore, et quant il ot usé, si li fu avis que toutes les douchors del momie que on poroit dire de bouce li fuissent i el cors, Après rechut il une partie del saint boivre qui estoit el calice ;

t. Sur Pierre de Ilosdene-eti-Brav. dit Pierre de Reims ou Pierre le Chantre, mort près de Soisaons, le 23 septembre 11^7, voy. Ch. \". Langlois, Les mss. du Verbum tbbrevimtum dans le Journal \ s juil-

let 1916, p. 307.

164 il i M SUR LE LANCELOT EH PROSE

et quant ilôt ce fait, si vint une angeles el prinst le platine et le calice et le iii i — l I Un sour l'autre. El Bor la platine furent plusors pièces en Bamblance de pain, el quant li angeles ot pris le calice, si vint un autres et leva le platine en haut et ce qu'il ot desus avoec si l'enporta a ses

ii . mains fors de la cambre, el li tiers angeles prinst le touaille, >i l'enporta après celui. Et cil (jui porta la sainte escuele lu tous daarains. Et quanl il turc ni hors de l'arce tout troi, si parla une vois el disl : < > tu petis pueples novelement nés delà naissance espiritel, je vous envoie mon [lis. vostre Salveor, c'esl mon cors quipor vos sousfri corporel naissance et morl : si gardés que vous aies vraie créance de si liante cause recevoir et user, car se vous créés vraie ment que ce soit vos salveres, vous rechevrés pardurable dampnement a arme et a cors, car chil qui usera mon corset bevera mon sanc et n'en sera dignes, il mangera et bevera son destruiement, ne nus n'en puet estre dignes s il n'est vraiement creans. Or vous gardés que vous le soies. » Lors vint li angeles qui porta le platine devant Joseph, si s'agenoilla et rechut dignement le Salveor, et cascuns des autres ausi. Si estoit avis a cascun quant on li metoit en la bouce qu il i veoit entrer i. enfant tout formé. Et quant il l'orent tout reçu, si s'en retornèrent li troi angele en l'arce et mistrent sor l'autel les vassiaux qu'il en avoient enporté devant * .

Dans la Quête, Josephé, quand il apparaît à Galaad, Perceval et Bohort.

si prinst dedens le saint vaissel une oublie qui ert faite en samblance de pain, et al lever qu'il fist descendi de devers le ciel une figure en samblance d'enfant et avoit le viaire aussi rouge et aussi embrasé comme fus ; si se feri el pain, si que cil qui el palais estoient virent apertement que li pains avoit forme d'orne carnel 2.

Selon une opinion autorisée, « tout cela montre que l'auteur prenait un vif intérêt aux controverses théologiques du temps et son récit permet de conclure presque à coup sur qu'il se rangeait nettement à l'avis de Pierre le Chantre et voulait marquer que la transsubstantiation n'avait lieu qu'après les deux formes consécratives 3 ».

Les mots soulignés dans la citation précédente de la Quête

Page 1