‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 178 sur 326 · VII. De même qu'il ne comprenait rien à la nature du el · texte numérisé non relu

VII. De même qu'il ne comprenait rien à la nature du el

pas davantage à la signification de la question à poa gardien, l'auteur ignore ce qu'est vraim ml la lune qui saigne », Ses sources insistent trop sur celte arme mysi P»mr qu'il ose la supprimer quoiqu'elle l'embaj . Chez

Chrétien •', chez Wauchier de Denain ,;. chez Ps sudo Wauchier \ la Lance semble jouer un rôle aussi important que le graal luimême. Selon Chrétien c'est même à cause de eette lance, dont le fer saigne constamment8, que le royaume de Logres est

2, Ce nom aussi est de son invention.

3. Marburtfer Beitr.ïge, fasc. VIII ; cf. Sommer, III, 117. \. Loc. cil., 12

Potvin, t. II. p. le-! iv

6, Potvin, t. V. p. 143-i

T. Povtin, t. [II, p. S7I ; t. IV, p. 1. fc-5.

8. Le sang coule le long de la « hante » dans YEstoire I. 33, 1. 3 , comme chez Pseudo- Wauchier « del fier jusques à l'arestuel n Potvin, t. IV, p. 4). Partout ailleurs par la pointe du fer vcf. Potvin, t. II, p. liT, 158, et t. V, p. 143-1 i

221 i.iim: SI i; i i. i L»( ELOl Efl t>R08fi

m détruit ' ». Chez Robert de Boron, la lance devient l'arme dont Longin frappa Jésus en croix. Mais cette identification, Robert ne la produit qu'à la lin de son œuvre-, et il n'en tire rien.

Pseudo-Wauchier, qu'il soit ou non antérieur à Robert de Boron 3, considère, lui aussi, la lance comme celle de Longin, mais, se séparant de Chrétien de Troyes, il voit en elle une source de bénédictions parce que le sang du Sauveur est « notre rançon ' ». Il n'a pas senti que cette utilisation du mystère de la rédemption était, à tous les points de vue, déplacée.

Et mesires Gauwains s'an aile Si est escrit qu'il est une eure

Querre la lance dont li fers Que tous li roiaumes de Logres

Sainne tos jors,ja n'iert si ters Dont jadis fu la tiere as ogres

Del sanc tout cler que ele plore Ert détruite par celé lance.

(Potvin, v. 7538-45, t. II, p. 252 ; Baist, v. 6129 et suiv., p. 70).

Selon Wendelin Foerster (Woerterbuch, p. 179), qui s'appuie sur les résultats d'un travail de R. Peeble, the Legend of Longinus (Bryn Mawr Collège, Pennsylvania, 1911), dont je n'ai pu prendre connaissance, cette lance est déjà celle de Longin pour Chrétien de Troyes. Elle l'est à coup sûr pour Wauchier de Denain (Potvin, t. V, p. 103, v. 33564-70) ou plutôt pour Pseudo-Wauchier (cf. plus haut, p. 178, note 1).

Sur la lance qui saigne, voy. encore Heinzel, loc . cit., 131. Le mémoire d'Arthur C. L. Brown, the Bleedlng lance (Publications of the Modem, language association of America, vol. XXV, 1910), qui veut faire de la lance la propriété d'Arthur et lui cherche une origine irlandaise, est une erreur complète. On trouvera à ce propos des réserves prudentes dans le compte rendu de G. Schœpperle dans la Romania, t. XL, 1911, p. 333-334.

Page 1