Cf. plus haut. p
Etude sur le Lancetot en prose, l^
27 i étude sur Le LAftCELol Kh Mlosè
conte cachait sous ses apparences chrétiennes, il aurait reculé d'horreur.
Si par ce côté rationaliste il fait déjà présager l'époque classique, ainsi que par son tact psychologique et son sentiment de l'honneur mondain, il s'en écarte absolument par sa propension au merveilleux chrétien. Ce n'est pas lui qui se risquerait à décréter que
De la foi d'un chrétien les mystères terribles D'ornements égayés ne sont pas susceptibles.
Son œuvre tout entière baigne dans le merveilleux chrétien. Les parties les plus courtoises en apparence, les plus séculières, en sont imprégnées.
Esthétiquement le résultat n'est pas toujours heureux. Trop envahissant, son mysticisme abaisse par ses excès même la barrière entre le monde sensible et l'au-delà qu'il dépoétise en le mettant presque à notre portée. La tendance est élevée, l'expression trop souvent grossièrement matérielle. Qu'on relise le tableau de la première messe *, En précisant ce qui doit rester dans la pénombre, l'auteur donne à la cène eucharistique l'apparence d'un rite païen très archaïque : il veut nous faire toucher l'impalpable et il nous décrit une scène de théophagie sauvage. Cet exemple suffit, il est typique. On en trouvera aisément d'autres, moins choquants toutefois.
Pour être équitable il faut ajouter que ce défaut n'est pas propre à notre auteur. De tout temps les écrivains mystiques sont tombés dans ce travers ; voulant donner de leurs extases une idée trop précise, ils usent d'expressions d'un matérialisme quasi païen et rebutent ou blessent le lecteur qu'ils voudraient édifier.
L'ehvémérisme de l'auteur ne l'a pas moins desservi dans les épisodes sacrés que dans les aventures profanes. On a déjà déploré 2 que le château de Corbenic fût aussi accessible, mais on a montré également que cela était inévitable. Ce qui est inexcusable c'est de le rabaisser au niveau d'un château féodal quelconque. Pelles est un châtelain comme tous les autres. Il y