‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 230 sur 326 · Ibid., V · texte numérisé non relu

Ibid., V

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lien de pareil *. Ce qui est impardonnable, c'est de n'avoir pas ménagé une dernière < ntrevue entre Guenièvre et Laneelot quand celui-ci i (tourne en Grande-Bretagne 2. La retraite de la reine au cloître est motivée d'une façon très gauche et sa mort rappor- -ii quelques moK Enfin l'humour est quasi absent de l'œuvre. Le ton est tendu, l'attitude des personnages presque toujours guindée. Pas de sourire 4, partant peu de charme :>.

1. La jalousie de la reine à l'égard de la Demoiselle de la Fontaine est esquissée plus loin (V, 179), mais sans à propos et sans intérêt.

2. Cest tellement impardonnable que les remanieurs de la Mort d'Arthur Tout senti et ont fait la scène. Voy. Malory, Morte Darfur, 1. XXI, c. 9-10 (éd. Sommer, t. I, p. 854' et la Morte Arthur versifiée, v. .5022 et suiv.

Ces deux textes anglais dérivent d'originaux français perdus (1). Bruce, Mort Artu, p. yiii-jx, 307, et dans YAnglia, t. XXIII, 1900, p. 67 et suiv.). — Tennyson, dans Irfylh of the King, (ïuinevere, dépend, naturellement . de Malory.

Ce qui est aussi impardonnable c'est de montrer Laneelot, surpris auprès de Guenièvre, échappant aux traîtres et laissant la reine exposée aux insultes et en danger de mort (VI, 274-276).

3. Au moment où Arthur revient de Gaule Guenièvre s'enfuit dans une abbaye, redoutant également Mordret et Arthur. Si cest le premier qui est vainqueur il se vengera de sa résistance, si c'est le second il ne croira pas à sa fidélité (VI, 353-4). Toutefois la reine ne prend pas encore les draps de religion; elle ne s'y décide que lorsqu'elle a appris le résultat de la bataille de Salisbury, ce qui est visiblement absurde puisque les deux hommes qu'elle redoute ont disparu dans la lutte. Elle meurt sans doute peu après; mais on ne nous donne pas de détails sur cet événement que Laneelot apprend au moment même d'engager la bataille de Winchester contre les fils de Mordret (VI, 383, 384). Après' la victoire il s'abandonne, dans une forêt, à la douleur que lui cause la double disparition de sa dame et de son cousin Lionel, tué dans la lutte (VI, 386).

Cet épisode de la retraite de Guenièvre au cloitre n'est nullement une imitation de la prise de voile d'Hélène, mère de Laneelot, comme le croit Bruce (op. cit., p. 290). Il est inspiré évidemment de la fin du chap. 2 du 1. XI (p. 146) de YHistoria regum Britanniae de Gaufrey de Monmouth. Apprenant l'arrivée de Modred à Winchester Guenièvre court d'York à Carlion où elle se fait religieuse. Voy. plus haut p. 194, note 2.

4. Sauf dans le tome Ier du Laneelot propre, çà et là : ainsi dans la première rencontre de Laneelot et de Guenièvre voy. plus haut, p. 21-22 et dans la grande scène de la déclaration d'amour de Laneelot (III, 257-268).

5. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur le style bien traînant. L'auteur n'a pas le don poétique. Ses métaphores sont rares et banales. Pierre et Orcan « laissent courre les chevaus si grant oire, comme fait li chers quant il est cachiés des chiens » (I, 276); au tournoi de Camaaloth Laneelot se jette sur ses adversaires « comme li leus qui geùns est et familleu^ el parc des oelles et ocist a destre et a senestre » V, 175). Je relève cependant dans YEstoire il, 168,1. i une jolie métaphore : le navire courant sur les ondes est comparé à l'éinerillon chassant sa proie.

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Dans un autre ordre, le retour de Lanoelot b Camaaloth, api

l A défaul de l'on- in;il la lecture de notre analyse appendice I du chapitre II, sur 1' « entrelacement , sufQrail à en donner la preuve. Dante, Inferno, canto V, 9. 12" i

Moi leggevamo un giorno, perdiletto, Di Lancilotto, corne amor lo atrin Soii eravamo e Benza alcun Boapetto.

Per più fiate gli occhi ci aospins Quella lettura e scoloroccil viso, Ma solo un punto fu quel che <"i rinse.

Quando Leggemmo il disiato i Esser baciato da cotanto amante, Questi che mai da me non fia diriso

La bocca mi baciô tutto tremanb Galeotto fu il libroe chi lo scriss Quoi giorno più non vi leggemmo ayante.

La scène du baiser donné par la reine à Lancelot est rendue d'une façon charmante dans une miniature du xiV siècle du ms. fr. Ils de la Bibl. Nat. yîo\. oexiz verso). On en retrouve une reproduction trop fantaisiste dan^ l'ouvrage de P. Paris, t. III, p. 268-269.

3. Sommer, III, 125-126; Marburger Beitrâge, Easc. VIII. p, t 3 reproduit plus haut '2 1-2*2.

5, Sommer, IV, 29-35.Voir aussi au début du même tome p. y>-'.' l'épisode de l'écroulement des châteaux de Galehaut.

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une absence de plusieurs années, esl exposé de La manière la plus heureuse, avec une progression de surprise et d'émotion qui atteste nn ait véritable '. Voyez aussi le croquis de la reine montant à sa tour et suivant des veux la messagère qui s'en va bien loin, en Gaule, implorer la Dame du Lae2.

La valeur littéraire de la Morl d' Arthur a déjà été signalée3, L'épisode de la demoiselle d'Asealot a pu inspirer un grand poète moderne '». Tour dépeindre la mort d'Arthur, ou plutôt son passage inexplicable dans un autre monde, l'auteur a trouvé des accents simples et pathétiques ; cette fois, du moins, il n'a pas mis en fuite le mystère et la poésie5.

Quant au mérite de la Quête, de la vraie « quête », la version mise sous le nom de Gautier Map, il a été exposé en termes excellents et il n'y a pas lieu d'y revenir6.

Seule YEsloire est faible et vraiment ennuyeuse. Ce n'est qu'un portique ajusté à un bâtiment dont la construction était, sinon achevée, du moins commencée.

L'intempérance de l'esprit symbolique n'a pas eu au point de vue littéraire les conséquences désastreuses qu'il a produites chez les contemporains de l'auteur, tel un Guillaume de Lorris. Le symbolisme s'épanche en cascades d'allégories, mais l'emploi de la redoutable « personnification » est rare et discret. « Fortune » et sa roue n'apparaissent qu'à deux ou trois reprises 7, « Largesse » une seule fois8. « Amour » lui-même ne se montre que bien rarement dans une œuvre où il plane comme une puissance fatale.

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