Voy. p. iil
T. Le texte du ms 754 a été publié par E. Brugger dans la Zcitschrift
Cette retouche parut insuffisante et on préféra intercaler purement et simplement le Merlin de Robert de Boron entre VEstoire et le Lancelot '. Mais il en résulta une conséquence lâcheuse, c'est que, chronologiquement et logiquement, le Lancelot ne se raccordait plus à VEstoire. On s'en aperçut bien vite '2 et, dans un second stade, qu'on peut placer approximativement vers le milieu du règne de saint Louis *, on se préoccupa de boucher ce hiatus.
En même temps, il parut intéressant et piquant de reprendre ni) ovo le récit de la vie d'une foule de personnages, illustres ou non, qui n'apparaissent dans le Lancelot et ses suites. qu'à l*âge adulte, Arthur tout le premier. Retracer l'enfance et la jeunesse d'Arthur etde ses contemporains pour formerla transition du Merlin au T^ancelot, tel fut l'objet que se proposa l'inconnu qui donna au Merlin l'immense suite pour laquelle P. Paris a très justement proposé comme titre Le livre d: Artus '*.
fur franzôsische Sprache und Litleralur, t. XXXI, p. 277-281. Cf. Sommer, HT, 20, note 2.
Celui du ms. 110 de la Bibl. Nat. est dans les Marburger Beitragç, fasc. II, p. 31, note 4.
Le ms. 341 de la Bibl. Nat., pour éviter de se compromettre, saute l'épisode en question (voy. Marburger Beitriige, p. 31, note 4 et p, 36 note 2).
1. Que le Merlin et ses suites soient postérieurs au Lancelot c'est ce qui n'est douteux pour personne. On trouvera, il est vrai, des renvois du Lancelot au Merlin et au Livre d'Arthur, dans certains rass., mais ces mss. sont « cycliques » : ils datent du xive et xve siècle, d'une époque où l'ensemble avait été réuni en corpus.
2. Si vite que nous n'avons plus de ms.où le Merlin-Boron se trouve seul, sans la suite, entre VEstoire et le Lancelot, sauf le ms. 113-110 de la Bibl. Nat., lequel est de basse époque.
Dans un seul ms.,le fr. 747 de la Bibl. Nat., le meilleur du reste, la suite du Merlin est matériellement séparée du Merlin. Dans tous les autres elle lui est unie intimement. Voy. P. Paris (I, 357), G. Paris [Merlin, I, vn-vni), O. Sommer (I, xxx, notes 3 et 7).
3. On trouve déjà la suite du Merlin, ou Livide d'Artus, dans des mss. « cycliques » exécutés vraisemblablement sous le règne de Philippe le Hardi : tels les mss. français de la Bibl. Nat. 110 et 344.
Le ms. 342, daté de 1274, était un ms. cyclique, mais il n'en reste que la fin de VAgrnvain, la Queste et la Mort cT Arthur; on ne peut donc affirmer qu'il renfermait une suite du Merlin. Il en est de même du ms. 339, lequel date du milieu du règne de saint Louis ; il est malheureusement acéphale et scodat.
4. Les Botnans de la Table ronde (I, 350 ; V, 356). G. Paris (Merlin, I, xxxiv), qui juge ce titre excellent, objecte cependant qu'on ne le trouve pas dans les mss. (sauf dans un remaniement dont il va être question). Il
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intances London, 1914 . L'introduction en tête du tome I d< édition renferme des pages p. xvii-xxii) inquiétant
I Gaston Paris esl plus Indulgent dans son Introduction h i du
ms. II ni h du Va- lui donnée par Jacob 1 Irich I. lxvii), Depuis Gaston Paris ibid,, I, wi\-w\ 3. I n autre défaul c'esl que la • vulgate ■ renferme des contrad vec \o Joseph el le Merlin de Robéii de Boron qu'elle relier au Lancelot. P. Paris el G.Paris \.l. xxv-xxvn et 0 S
I, xvn ont ivW'\ c les plus notoires. Dans sou analyse P. Paris note au pasles divergences entre le Livre cTArtus el le Lancelot. i. Dans 26 mss. parisiens, selon le relevé de 0 S amer I. ixi . non compris les mss. d'Angleterre.
."». Connu el utilisé par Paulin Paris, ce ms., qui paraît dal < tin «lu
\inp siècle, a été analysé par E, Preymoud dans la Zeitschrift fur fra sische Sprache, t. XVII, 1895, p. 1-128 el publié Intégralement par I mer, The vulgate version of the Arthurian romances, vol. VII 1913),
lonl 321 de texte). La partie originale commence au fol. 11.".. Les Mi premiers folios sont à pou près conformes au texte couranl du Merlin et de la suite a vulgate
6. F. Freymond, Zum Livre oVAr tus (dansla Zeitschrift fur roman. Philologie, XVI, 1892, 127 . Cet é ru dit trouve cependant que plusieurs épisodes du ms. 337 seul intéressant-.
Les vues le 0 Sommer sur le ms vol. I. xx-xxv , lequel représente-
rait a (irstdraughl ofthe Livre d'Artus », sont parfaitement chimériques.
7. Qu'il soit postérieur au Lancelot et à tout le corput, comme la \ qu'il connail et utilise, c'est ce que P. Paris avait vu, par éclairs IV, S
284 ÉTUDE IUF !.i ! OCELOT EN PROSE
passées d»-^ protagonistes el même des personnages de second plan, et s'esl efforcé de les raconter, en évitant de tomber dans les contradictions de la « vulgate » qui se livre à la même opération avec négligence '. Son œuvre, dont la fin ne nous a pas été conservée ?, étail suivie d'un Lancelot ', d'une Quête rédaction Ma}> '■), d'une Mort d* Arthur \ également disparus.
Une suite du Merlin, profondément différente de la « vulgate» et, semble-t-il, indépendante de celle-ci0, se trouve dans un seul ins., de la fin du xin° ou du commencement du xive siècle, qu'on est convenu d'appeler le ms. Huth, du nom de son possesseur ' . Sa particularité c'est que, tandis que la « vulgate » se préoccupait de relier le Merlin au Lancelot et de faire une tête à ce dernier, le ms. Huth, laissant délibérément de coté le Lancelot, entend relier le Joseph et le Merlin de Robert de Boron à la Mort d'Arthur 8 et surtout à la Quête du saint graal °. Mais cette Quête n'est pas celle que nous avons appris à connaître, celle qui est mise sous le nom de Gautier Map, c'est la Quête dite de Robert de Boron, « rifacimento » misérable où l'esprit mystique est, comme on vient de le dire, sacrifié au romanesque le plus bas. 11 y a toute apparence que l'auteur de la suite du Merlin-Huth est le même que Fauteur de la Quête- Boron10. Le style et l'esprit sont les mêmes et les allusions à la Quête qu'on trouve dans le Merlin-Huth conviennent à la Quête-Boron et non à la Quête-Map 11.
note J ; 239, note 1, 293, note 1), et c'est ce qu'a montré Freymond (loc. cit., XVI, 94-104). Le texte du ms. 337 me semble avoir utilisé un ms. du Lancelot appartenant à la même classe que le ms. Landsdowne 757, lequel renferme le passage sur l'entrée des cinq chevaliers (dont Arthur) en Sorelois (éd. Sommer, III, 397, note 4).