‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 38 sur 326 · Voy. plus haut, p · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, p

NOTK \ I >l >l I IONNK1 I !■:

I .1 chronologie de le Quête et celle de 11 Mort d irth coup plui lâches. < Sel te dei • I pai ' iculièi emenl impi i

m* peul dire quel espace de temps elle rempli! On voil leulemenl l,i luiic d' \ 1 1 li iii- <-i de Gauvain contre Lancelol el sa m< moins un.- année. En effel le siège de la ■ Douloureu i - • deux mois <•! plut \ I, 301 1 ,6). \ laToussainl suivante Bohorl et Lionel s"'>i couronnés rois de Benoïc ei d< G 115 116

Les préparatifs d'Arthur contre la Gaule durent toul l*hivcr;le pari après Pâques 316 31* el assiège 1 1 unes deui moi avoir vengé Arthur sur les fila de Mordret, Lancelol \ii quatre ans retiré dans un ermitage . il tombe malade quinze jours mai " et trépasse le cinquième jour de sa maladie të l

Bemble peu! remplir vaguement cinq, six, Bept annéi

En oe qui concerne l'âge de Lancelot, la chronol la Mort

tt Arthur paraît être en contradiction ai cédentes pari

Laissons de côté les renseignemente du ms. français 751 de la Bibl. Nat. sur l'âge de Lancelol P, l'an-, V, 332, note l . aussi bien que relui du ms. français 342 sur l'âge de Guenièi Bruce, p. 3 , qui

ne représentent que des fantaisies isolées. Il n'en demeure pas moins que, ila us un passage commun à tous le- m--.. Bohort dit à son cous

vos avés porté armes plus île \w ans éd, Sommer, \ I. 234 : éd. Bruce, li Adoubé à 1S ans, Lancelol aurait en ce moment un peu plus de 18 -+■ 25 - (3 ans. Cela est en opposition formelle avec les renseignements qu'on peut tirer île Lancelol et de la Quête N< 410 voy. plus haut. p. I . Lancelot est âgé d'environ ii ans lors l'arrivée de Galaad à la cour d'Arthur à la Pentecôte de »">i '. La Quête couvre un espace d'au moins huit années. En effet, après s'être séparé de son père «après Pâques d (VI, 178, 1. lj de l'année suivant Galaad poursuit ses aventures, tandis que Lancelot regagne la cour dont il est resté éloigné plus d'un un (183-184 . Galaad rencontre Perceval avec lequel il achève les aventures de Logres au cours de chevauchées qui durent cinq années (186-187 . Galaad et ses deux compagnons arrivent donc à Corbenic six ans au plus tôt, après la 1 monie delà Pentecôte '*M. La royauté de Galaad à Sarras dure un an exactement (190, 1. 23). Percerai surrit un an et deux mois, et .bien que Bohort ait regagné le royaume de Logres 0 en petit de tans 1

ni in i,i m i: i.i, 1 \\( i.l.ni KN Mtôfifi

l'.iS, 1. 18), on \<»ii (jue ce retour ne peut être antérieur au milieu un à la lin de 462 : à cette dale Lancelot esl âgé de 51 à 52 ans !

Mais, dans un autre et fort curieux passage VI, 341, Bruce, 196), on nous dit que Lancelot a vingt et un ans de moins que Gauvain et soixante-douze (sic) de moins qu'Arthur qui ont respectivement à ce moment 76 (ou 72) et 9*2 ans; selon les mss. Page de Lancelot est évalué de 50 à 56 ans. Quoi qu'il en soit, on voit que « xxv ans » d'armes sont dans la bouche de Bohort une expression toute faite dont il n'y a pas lieu de préciser la portée.

La Quête, elle aussi, présente un passage qui semble, au premier abord, en contradiction avec la chronologie du Lancelot. Dans son second séjour à Corbenic Lancelot reste en « trances » quatorze jours, parce qu'il a servi l'a ennemi » quatorze ans (VI, 181-182). Qu'on fasse partir le moment où Lancelot a servi le démon de sa première entrevue avec la reine le 25 juin [428] ou du jour où il est devenu son amant (environ trois ans après;, il est évident que ce chiffre de 14 ne saurait convenir. De toutes façons, l'auteur delaQuête, quel qu'il soit, sachant que Galaad a 15 ans en 454 et que son père a péché de longues années avant la naissance de ce lils, ne saurait avancer que Lancelot « n'a servi l'ennemi que pendant quatorze ans. Le chiffre 24 que présentent plusieurs mss. est visiblement la bonne leçon et il fait coïncider, à peu de chose près, la chronologie de la Quête et celle du Lancelot.

Quant à la chronologie de YEstoire il n'y a pas lieu de s'y arrêter, La plus simple prudence commandait à son auteur de rester dans le vague. La seule donnée c'est la durée du séjour de Joseph d'Arimathie dans la « chartre » : 42 ans (I, 18; cf. son départ 42 ans (sic), après la Passion dans la Quête, VI, 96). La longue durée de l'emprisonnement de Joseph était imposée par le Joseph d'Arimathie de Robert de Boron, la durée précise de 42 ans par la nécessité de faire coïncider la délivrance de Joseph avec l'arrivée de Vespasien en Terre Sainte, et celleci avec le siège de Jérusalem (71-72).

Le chiffre 42 pour la durée de la captivité de Joseph se trouve, il est vrai, dans le ms. 748 de la version en prose du Joseph (Hucher I, 255 et 266), mais non dans le ms. Firmin-Didot (ibid., 317-318); il est bien probable qu'il a été introduit dans le ms. 748 sous l'influence de l'Esloire .

L'évaluation de l'intervalle du temps qui sépare Galaad de ses ancêtres est à dessein flottante: trois siècles entre Nascien et Joseph d'une part et Galaad (I, 202-203; VI, 189) ; le supplice de Siméon dure 354 ans (VI, 186) ; Mordrain survit 400 ans à sa blessure (VI, 60, 62) ; Galaad Ier demeure enseveli 200 ans (I, 284).

( il \n i ni iv

l NITK DE ri. W II i M l I l)'| l'Iil I

\ i m 1 1 i>i ri w hi Lancel l phi

L'examen «le la chronologie «lu Lëncelot noua amène d< même résultai « | u*- !<• système de ['entrelacement I imité «I aul est infiniment plus vraisemblable que la multiplicité «I auteui de remanieurs. I d auteur peut seul s<- reconnaître dans I enche- \ êtreroent tics faits ri des temps.

Ma^ ces systèmes de V entrelacement <-i de la chronologi duisent des laits plus profonda, de plan, d'intentions Littéraii La première impression quand on parcourt rapidement le / e/b/, c'est qu'on est en plein dans le domaine de la chimère, de la ! taisie. Cette impression se dissipe vite : le Lancelot sait ce qu'il vont, où il tend. Des personne n apparence de pur agrément,

répondent à une intention très définie. Il serait fastidieux et mutile de vouloir justifier cette assertion par une multitude de détails. Il suffit de bien choisir un poste d'observation.

S'il est un personnage dont L'invention ' soit heureuse Littérairement mais aussi sans autre intention que L'agrément «lu récit, c'est celui de Galehaut.

Ce prince des Iles de la mer, tils do la. mante, ee vainqueur incomparable, qui a mis sous se- pieds tous les rois de la terre et qui va triompher d'Arthur lui-même, renonce à la victoire, et jusqu'à la couronne pour devenir simplement compagnon de la Table Ronde et chevalier errant. Pourquoi ? C'est qu'il s'est pris d'une admiration passionnée pour la vaillance et la courtoisie de Lancelot, qui, à lui seul, a pu tenir en échec ses armées innom-

1. Le Lanzelet, comme on. verra, n'a fourni que le nom. Etude sur le Lancelot eu prose. 5

66 III M. -I l: | I l.'-l -|.

brables. Désormais il ne quittera plus son .uni. il sera le compagnon de ses exploits, L'intermédiaire de ses amours ;ivec La reine ; il mourra «le douleur quand, sur une fausse donnée, il le croira disparu à jamais. Depuis L'antiquité, c'est sans doute le plus beau type de cel te amif ié que les anciens tenaient pour une yertu. Galehaut, par son mépris des richesses de ce monde '. son dédain du pouvoir, ses fantaisies grandioses suivies de désenchantement complet, sa mélancolie — il sait le terme de sa vie 2 — estime sorte de Ilamlet médiéval. C'est peut-être la figure la plus originale du Lancelot.

Oui, mais c'est aussi ce qu'on appelle au théâtre une « grande utilité ». Jamais de lui-même Lancelot n'oserait découvrir son amour à la reine. Il faut qu'un intermédiaire se charge de ce rôle délicat, et aussi du soin de préparer l'entrevue des deux amants. Seul un Galehaut, fils de la géante, figure presque surhumaine, qui mettra sous ses pieds les scrupules vulgaires, peut soutenir ce personnage. Envers Arthur, il n'est tenu à aucun ménagement : il n'est pas son vassal, il est un vainqueur qui, sur l'intercession de Lancelot, s'est abstenu de donner le coup de grâce.

Le Sorelois et Y Ile perdue, terres de Galehaut, sont en outre des coulisses3 très commodes pour permettre à Lancelot, à Galehaut, un instant à la reine, de disparaître de la cour en s'y retirant, quand les nécessités du récit l'exigent (épisode du songe de Galehaut, épisode de la fausse Guenièvre). Mais quand on arrive au moment où la narration va traiter de la Charrette, où Galehaut, inconnu naturellement de Chrétien de Troyes (que l'on imite ici), ne saurait trouver place, force est de le jeter pardessus bord.

Ce personnage de Galehaut domine une partie considérable du Lancelot : du songe d'Arthur au t. I (III), de la p. 199 à la fin (p. 430), et t. II (IV), p. 3-155 : en tout 385 pages. C'est le tiers du Lancelot propre, si bien comme on a vu *, qu'on donne souvent à cette partie le nom de Galehaut. On peut dire que tous les épi-

1. Vov. l'épisode de l'écroulement du château aux 150 créneaux (IV, 7, 9).

2. Voy. la scène de la conjuration de Me Hélie de Toulouse (IV, 23-34).

Page 1