‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 4 sur 326 · tome V de l'édition Sommer · texte numérisé non relu

tome V de l'édition Sommer

Cette coupure se rencontre dans nombre de mss. en iujout-

tl h ii i L Chose curieuse, son existei décèle dans un

nombre de mss. où elle n'est paa matériellement effecl vis au Fameux passage quant Agr&vain, etc. ces mss. ont une pause indiquée par un espa< e en blanc ou une grande miniattu

l. Ce qui le prouve à Pévidence c'est que ces mss. tonnent le t. Il d'un Lancelot-Graal dont Le t. 1 a disparu. Tel est le cas des mss. luirent! qui

renferment seulement VAgravain suivi de la Queste de son/ Graal et île la Mort d'Arthur: Bibl. Xat.. mss. IV. 1251 x [UÎS.

tlf et 1422-24; ms. t'r. M. tronqué «lu début ; Arsenal, 3482; Lyon, Bibl. du palais des Arts, a 7 7. Britisb M use uni : Royal 20 » ! vi ; Oxford, Bodléienne, Digby 223 el Rawlinson D 89 ; Cheltenham, Bibl. sir Th. Phillips 130 ; Manchester, J. Rhyland Library.

Le ms. fr. 77 1 de la Bibl. Nat. renferme VAgravain et la Quel

Les mss. suivants ne renferment que VAgravain :

Bibl. Xat., ms fr. 333; British Muséum Royal 20 B \m et Bgerton 254S : Venise. Bibl. Naz. cl i San Marco, ms. fr. xi et ni.

Do même les mss. suivants, qui s'arrêtent actuellement à la tin de la 2* partie t. IV de l'édition du Lanrelnt, exigent comme suite on Aqravain, aujourd'hui disparu : Bibl. Xat., ms. fr.96 : Bibl. de Rouen, ms. 1064 ; Bibl. du Vatican l 189.

*72. Ainsi : British Muséum, Royal 19 B vu, a une '2e partie consacrée à VA gravain du fol. 249 au fol. 294. Le ms. fr. I19devla Bibl. Nat. change son titre courant au fol. 360 verso et porte le second livre de Lanceloi du ' a partir du folio où commence la fameuse phrase t'.i en droit dit li contes que '[liant Agravain se fu partis de ses compagnons. Cf. ms. t'r. U0, fol. I Le Ms. Ko\al 19 C xiii du British Muséum laisse en blanc la fin du recto du fol. 166 et tout le folio suivant. Le scribe, qui s'étonne de cette division, imagine alors qu'Agravain vient d'être compris au nombre des dix qui ont

12 ÉTUDE SCfl LE LANCELOT EN PROSE

La tradition de cette division était évidemment enracinée parce que la coupure était ancienne.

Elle ne répond cependant a aucune pause rationnelle. Elle coupe le long récit de la quête de Lancelot entreprise par Gauvain et ses compagnons, et le personnage dont elle tire son nom, Agravain, ne joue qu'un rôle de troisième plan. Il n'est pas difficile de voir que cette coupure est purement matérielle : Si nous laissons de coté VEstoire (t. I de l'édition Sommer) et le Merlin avec sa suite (t. Il), nous comptons pour le Lancelot et ses suites (Quête et Mort d'Arthur) lo78 pages. Un codex de ces dimensions est monstrueux. En le sectionnant par le milieu on aura deux volumes, chacun de 789 pages. C'est ce qui a été effectivement obtenu : l'édition Sommer compte 787 pages pour les t. III et IV, correspondant à ce premier volume, 791 pages pour les t. V et VI, correspondant au deuxième.

Une autre division, rationnelle et intentionnelle celle-là, serait celle des Branches. P. Paris { répartit en 6 branches l'analyse contenue dans ses t. III et IV : 1° la Reine aux grandes douleurs; 2° les Enfances; 3° la Prise de la Douloureuse garde; 4° Galehaut; 5° la Guerre d'Ecosse ; 6° les deux Guenièvres et la mort de Galehaut.

Cette subdivision est judicieuse. Son plus grand tort c'est d'être due à P. Paris et non à l'auteur. En fait, on ne trouve dans les mss. que la première d'entre elles (la Reine aux grandes douleurs) pour désigner le début du Lancelot propre 2. Mais cette

fait serment avec Gauvain d'entreprendre la quête de Lancelot (voy. éd. Sommer, IV, 362, n. 2 ; et Ward, Catal. of romances, I, 345). Cette division irrationnelle s'imposait par la force de la tradition. Cette tradition remontait haut. En effet, le ms. fr. 339 de la Bibl. Nat., qui laisse également en blanc le fol. 145 verso et ne reprend qu'au fol. 146 recto avec la fameuse phrase précédée d'une grande vignette, remonte, autant qu'on en peut juger par la forme des heaumes représentés dans les miniatures, au milieu du règne de saint Louis.

[Je retrouve dans mes papiers la notation d'une conversation que j'eus avec G. Paris, le 30 juin 1901, au sujet du Lancelot. Selon lui nos rédactions de ce roman dérivent d'un seul ms., exécuté vers 1250, et qui se trouvait partagé en deux volumes. La coupure était fortuite. On donna le nom d'Agravain au second, sans motif sérieux, parce qu'il fallait un titre. — La « coupure », on le voit, remonte au moins aussi haut que croyait le maître].

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