Tome V du Lancelot-Graal
6. Sur ce retour qui est date, \ov. le chapitre III, consacré à la chronologie.
T. Ces divisions ne sont pas. du reste, très tranchées : il y un certain flottement, comme on le verra en se reportant à l'analyse.
16 ÉTi t)i. SI H LE LANCE L01 EN PROSE
A vrai dire, la seule <l i \ ision certaine parce qu'elle se trouve soulignée dans les mss. 1 est eelle des chapitres, les prétendues Lusses de Paulin Paris '. De temps à autre, le récit des aventures d'un personnage ou d'un groupe de personnages est interrompu par la formule suivante (ou une autre analogue) : Mais ci en droit laisse li contes à parler de... et retorne à parler de..., et la division suivante débute par la phrase Or dist li contes que... et, d'ordinaire, une lettre ornée ponctue le récit '■'.
L'étendue de chacun de ces chapitres est très inégale : tantôt quelques lignes, tantôt dix, vingt, trente pages, et môme davantage. Une même aventure peut être répartie en plusieurs chapitres, un même chapitre peut renfermer un grand nombre d'épisodes. Cependant cette division en chapitres n'est pas arbitraire. Sur le théâtre du Lancelot se meuvent un grand nombre de personnages. Obligé d'abandonner, au bout d'un temps plus ou moins long, un personnage pour courir à un autre, puis à un troisième, à un quatrième, etc., revenir au premier, puis recommencer ce jeu, presque sans trêve, le romancier doit nécessairement crier gare au moment où il rompt la piste pour en suivre une autre; autrement l'œuvre, déjà difficile à suivre, deviendrait un fouillis inextricable. Ce genre de division ne saurait mieux être comparé qu'à celui des scènes d'une pièce de théâtre : on sait que cette division se règle non sur la durée de'JTaction mais sur l'entrée ou sur la sortie d'un personnage. On peut donc assimiler, jusqu'à un certain point, les six grandes divisions ou pauses dont on vient de parler à des actes et les chapitres, les prétendues « laisses », à des scènes.
J'estime que toute analyse qu'on veut soumettre au lecteur doit être conforme aux divisions mêmes que présente le texte de Lancelot. Quand une de ces divisions est trop surchargée d'épisodes, je la couperai en deux ou trois par des bis ou des ter, pour les besoins de la clarté. Enfin je signalerai éventuellement les cas où le Lancelot, ou plutôt le ms. pris pour base par M. Sommer, a omis une ponctuation narrative indispensable.