Marburger Beitrlige, fasc. VIII, 84 : Sommer, III
118 mil il: LE LANCBLOT EN PROSE
demeure en Orient, « en La terre Là où il fu néz 1 ». C'est dans VEêtoin que Joseph d'Arimathie porte la parole divine en Occident. C'esl également dans VEstoire ' ([ne figure un obscur personnage, Lucan, <• gardien de l'arche », cousin germain de Joseph: il fut le premier des trésoriers d'église.
L'auteur des lignes précédentes connaissait-il déjà YE&toire dans le détail, telle que nous l'avons? Peut-être pas encore, mais, à eoup sûr, il en savait ou pressentait les grandes lignes.
B. La Quête du Graal le préoccupait également.
I. La « quête » du chevalier inconnu, vainqueur des armées de Galehaut (Lancelot, naturellement, qui garde l'anonymat), est, au dire de Gauvain, qui excite ses compagnons à l'entreprendre, la plus haute après celle du Graal :
Seignor chevalier, qui ores voudra entrer an la plus haute queste qui onques fust après celé do graal, si veigne après moi 3.
II. Un passage remarquable, qui semble avoir échappé à la critique 4, fait même allusion à la future naissance de Galaad. On le trouve dès la scène des adieux de la Dame du Lac au jeune Lancelot qu'elle a amené à la cour d'Arthur pour être adoubé : elle lui prédit qu'il aura à achever maintes aventures « felonesses et périlleuses » et ajoute :
11 n'est pas encore néz qui main[ra]t a chief celés que vos auroiz laissiées. Assez vos deïsse, mais ge ne puis car trop m'est li cuers serrez et la parole me faut 3.
1. Le Roman du saint Graal, éd. Francisque -Michel, v. 3459-3460, p.- 145; Paulin Paris, 1,152.