‹ Étude sur le Liber pontificalisChapitre 11 sur 67 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

LES DEUX CLASSES DE MANUSCRITS

M. Pertz est le premier qui ait essayé de classer les manuscrits du livre pontifical (i) . Les séries qu’il établit ont pour type les quatre manuscrits indiqués au bas des pages de l’édition Muratori. Je ne m’arrêterai pas à discuter ses conclusions, qui ne résistent pas à l’examen le plus superficiel.

Une seconde tentative tout aussi malheureuse a été faite par M. R. -A. Lipsius dans son livre sur la chronologie des papes. M. Lipsius, préoccupé uniquement des dates et des chiffres, fonde sa classification sur ce seul ordre de renseignements : il n’est pas étonnant qu’il arrive à des résultats inacceptables.

Disons d’abord que cette classification est un travail très-complexe : on ne peut classer ensemble que les manuscrits d’égale étendue ou du moins que les parties qui leur sont communes ; ainsi entre un texte qui ne va que jusqu’à Etienne II et un autre qui est prolongé jusqu’à Martin Y, la première partie seule du second manuscrit peut donner lieu à une comparaison. D’un autre côté il se peut que deux manuscrits qui appartiennent à la même classe pour le commencement diffèrent ensuite pour les parties suivantes, que leurs copistes auraient puisées à des sources diverses. Il faut donc se borner d’abord à la partie la plus ancienne et y restreindre un premier classement. Une fois ce travail fait , on le reprendra pour toutes les adjonctions faites successivement à la partie commune et primitive , soit que ces adjonctions se présentent sous la forme de vies isolées, soit qu’elles embrassent un certain nombre de notices. Cette seconde partie du travail est naturellement bien longue et bien compliquée ; je me bornerai pour le moment à la première , qui est déjà

(1) Archiv, V. p. 68 et suiv.

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une besogne assez considérable , le classement devant s’étendre à plus de cent manuscrits.

Il faut distinguer deux classes principales, en tête desquelles se présentent le Luccensis (714) et le Neapolitanus (687) , les plus anciens manuscrits connus du livre pontifical. J’appellerai A les manuscrits de la première classe , B ceux de la seconde.

Entre ces deux classes il n’y a pas seulement des différences provenant des accidents ordinaires de la transcription ; des passages tout entiers ont été ajoutés, supprimés, remaniés parle copiste du manuscrit original de la recension B. Voici quelques exemples :

VIE DE PONTIEN.

In eadem insula cifflictus maceratus fustibus defunctus est III kal. nov. et in ejus locumordinatus est Antheros. Hic fecit ordinationes etc. Quem beatus Fabianus adduxit cum clero per navem et sepelivit in cymiterio Galisti via Appia et cessavit episcopatus d. X.

In eadem insula defunctus est III kal. nov. et in ejus locum ordinatus est Antheros II kal. decemb. Hic fecit ordinationes , etc.. Qui etiam sepultus est in cymiterio Galisti via Appia et cessavit episcopatus dies X.

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