‹ Étude sur le liquide amniotiqueChapitre 6 sur 42 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ÉTIOLOGIE

Causes d’origine maternelle. — Comme on peut le voir en examinant le tableau précédent, le nombre de cas où le fœtus a rendu son méconium varie suivant les années. Il va en croissant de 1883 à 1892, mais il croît avec le nombre des accouchements faits dans le service. La propor- Lion sur le total 708 pour 17000 accouchements porte à 4 0/0 le chiffre de la fréquence de cet accident.

Pour suivre la division précédemment indiquée dans l'étude des causes, nous nous occuperons d’abord des cas où les origines de cet accident peuvent être trouvées dans un état spécial de la mère. Nous allons voir quelle est l'influence :

{° Du travail prolongé ;

2° De léclampsie ;

3° De l’albuminurie ;

4 De la syphilis ;

o° De l'élévation de la température.

1° Longueur exagérée du travail, — Nous trouvons la longueur du travail comme cause du

ENT D liquide amniotique vert, 85 fois sur 708 cas, c’està-dire { pour 8. Nous n'avons considéré que les as Où le travail était plus long que 15-18 heures, ou l'expulsion plus longue que 1 h. 30, 2 heures. Cette longueur du travail, nous l'avons trouvée produite : 1° par viciation pelvienne ; > par inertie

-utérine ; 3° par présentation de l'épaule. Les pri-

mipares étaient en nombre de 54 et les multipa- Tea

Nous voyons donc que le travail trop long est une cause assez fréquente du liquide amniotique vert. Elle agit surtout après la rupture de la poche des eaux, parce qu'alors l'utérus se rétracte et l’on peut avoir, soit une compression du cordon, soit une circulation plus difficile du sang maternel dans les sinus utérins. L'enfant, dans ce cas, souffrira et expulsera son méconium.

I y a difficulté dans l’hématose et asphyxie.

La souffrance du fœtus peut encore se produire quand les contractions sont fréquentes et fortes sans être efficaces. En effet, à chaque contraction, les sinus utéro-placentaires se vident de sang etla circulation est interrompue, et si à ce moment on ausculte le cœur du fœtus, on constate que les battements sont ralentis. Donc si ces contractions se continuent COUP Sur Coup, si l'utérus se trouve dans un état spasmodique, le fœtus souffre, il ne peut plus se débarrasser de son acide carbonique et prendre de l'oxygène, il se trouve alors dans un état d’asphyxie.

Mae

Cependant le fœtus a une résistance très considérable pendant le travail, comme le dit notre maître M. Pinard (1). Les troubles de la circulation utéro-placentaire, qui résultent de la rupture prématurée des membranes d’une part, des contractions utérines fréquentes et non efficaces d’autre part,peuvent être supportés pendant longtemps par le fœtus. Les causes de cette résistance d’après M. Pinard sont : 1° adhérence du placenta; 2 minime quantité d'oxygène nécessaire au fœtus.

Cette chose a été observée sur les animaux par Saint-Cyr. Il raconte qu’au début de sa carrière il lui était impossible d’avoir des poulains vivants, dès que le travail était un peu long ; et au contraire il avait des veaux vivants, quand même il avait à manipuler 1-2 heures. La cause de cette différence est que, chez les premiers, comme il'a été démontré par Donnarieix, le placenta ne contracte que des faibles adhérences avec l'utérus, tandis que chez les vaches les cotylédons sont multiples, indépendants les uns des autres et très adhérents. |

« Chez la femme, dit M. Pinard, il est vrai que la masse placentaire est unique mais les adhérences sont bien plus solides que chez la vache, aussi n'est-ce qu'après avoir expulsé le fœtus que l'utérus se contractant et se rétractant, fronce et

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