ANIMAUX QUI IMITENT LES FEUILLES
Après les animaux qui prennent l'aspect de branches, ceux qui imitent les feuilles. Ces derniers sont en plus petit nombre. On s'explique, en effet beaucoup mieux, qu’un animal dont le corps est en général cylindrique, ressemble à un bâtonnet, à une tige, qu’on ne comprend sa ressemblance avec une feuille. C’est évidemment là un degré de mimique plus avancé, plus difficile à obtenir, dénotant un perfectionnement plus grand dans l’imitation. C’est encore dans une tribu des Orthoptères voisine des Phasmiens, celle des Phylliens que nous rencontrons d’abord des types de cette catégorie. IIS portent deux
élytres opaques, ayant la forme et la couleur d’une feuille, qui recouvrent l'abdomen presque entièrement, de façon à le cacher. Les membres, pattes et cuisses, sont eux aussi élargis en forme de folioles. L’abdomen lui-même est largement dilaté en forme de membrane ou de feuille ovale. On dirait que l'animal tout entier a subi de haut en bas un énorme aplatissement.
Le genre tout entier (et même un genre voisin) présente cette forme foliacée. Il y à ainsi un assez grand nombre d’es- ‘pêces. La plus commune est le Phyllum siccifolium (ou Phyllie, feuille sèche), ainsi nommée par les collectionneurs qui n'avaient eu entre les mains que l’animal mort ou décoloré. Pendant sa vie, il est au contraire de couleur verte. Un autre Orthoptère, la Locuste géante à les ailes inférieures vertes ressemblant à des feuilles, (d’après M. Gadeau de Kerville.) |
Un certain nombre de Lépidoptères présentent aussi le même phénomène. Parmi ceux-ci, il en est un assez commun dans notre pays, qui n’a point été cité par Wallace, mais qui se trouve signalé dans l'ouvrage de M. Boisduval (spécies général des Lépidoptères ). Nous voulons parler du Bombyx feuille morte ou Bombyx feuille de chêne, dont on a fait le genre Lasiocampe (Lasiocampus quercifolia). Au repos, les aïles supérieures dépassent les inférieures, ce qui le fait ressembler à un paquet de feuilles mortes, dont il a la couleur brun jaunâtre. Les deux ailes supérieures ont l’air d’une feuille pliée longitudinalement dont le grand axe, la nervure médiane, correspondrait à la jonction des deux ailes, tandis que les bords des deux ailes inférieures qui débordent de chaque côté les précédentes ressemblent à une feuille unique, étalée à plat et recouverte par la première. Ce Lépidoptère n’est pas rare en France.