OBSERVATION XIV
Nystagmus avec daltonisme. (Bœhm, 5 e obs.,p. 141).
Parmi les exemples de tremblement oculaire congénital que j’eus 1 occasion de soumettre ici à un minutieux examen, une famille indigène, Schanze, me fournit des exemples tout particulièrement curieux. Aucun des parents ne présente de traces de nystagmus. La eouleur de leur iris n’affecte pas de type bien déterminé, le gris bleu et le brun s y mélangent. La mère a une bonne vue ; le père au contra» re, vieux maître d’école communale, ne put dès son enfance se servir que d un œil, et c est dans cette condition particulière, si je me
V «aincnp due l’ai trouvée avec ce qui se passe dans d’autres règle sur la . <* en p art i e la cause de la maladie oculaire de la familles, que s Malheu reusement je ne pus rien savoir de cer-
géneration ^ faiblesse visuelle du père, car le trouble du
tSm t Uin et'mtluence de l’âge avaient rendu l’usage des deux yeux
• oîViip nresctu’au meme degre.
“T 12 enfants 4 étaient morts en si bas âge que nous n’avons - * savoir de l’état de leurs fonctions visuelles. Des 8 qui survi-
r, : t Ss ont entièrement saines.L’alnée, Ida, a 20 ans; Agnès la
f 11 n'en a que 8. Le reste des enfants, 6 garçons, présentent, par un "singulière coïncidence, du nystagmus, et tous les troubles de la vue crui en dépendent.
La distance de la vision pour tous les 6 est de 4 a 5 pouces et en avant du côté droit, d’où il résulte que l’œil gauche est affecte de contracture du droit interne et en même temps le mieux portant. # Apparemment ils étaient tous nés avec des yeux faibles; ce n est néanmoins qu’avec le temps qu’est apparu le tremblement, quand les enfants firent les premiers efforts pour fixer exactement des o jets déterminés. Cette marche fut plus appréciable sur le plus jeune, ou les parents attendaient avec anxiété le développement de la ma-
Le’ premier signe de l’affection était une sensibilité anomale à la lumière. Les enfants ne quittaient la chambre qu’avec répugnance le jour - ils étaient inquiets et incertains dans leurs allées et venues: maint jeu leur était interdit. Mais à peine l’obscurité revenait-elle qu’ils recouvraient toute leur gaieté, leurs jeux recommençaient, et jusque dans la nuit ils pouvaient apercevoir de petits objets, comme les aiguilles d’une montre, inappréciables pour des yeux normaux.
Les troubles augmentèrent quand fl’âge où il fallut aller à 1 école arriva : l’effort nécessaire pour fixer de fins caractères nécessitait l’obliquité de la tête, la proximité extrême de l’objet considéré, et causait un tremblement oculaire violent.
Une difficulté plus grande encore se présenta quand il leur fallut choisir une carrière, car les 6 frères ne pouvaient distinguer les cour leurs. Des feuilles de papier franchement bleu, rouge ou jaune que je leur présente ne leur semblaient différentes que par leur éclat plus ou moins grand. Un d’eux dut abandonner complètement les études en pharmacie qu’il avait commencées, faute de pouvoir suivre convenablement un grand nombre de réactions chimiques, il se fit maître d’école ; — un second ne put être commerçant pour la même cause.
il ne pouvait distinguer cinq espèces de>fé, etc.... il devint boulonner -Untroisième qui était libraire névitait les plus grosses erreurs qu’en s’entourant d’avis étrangers, etc, etc
La faiblesse de la vue de ces six frères ne consistait pas en une véritable mvopie, mais en une excitabilité fort exagérée, ce que prouve bien leur daltonisme, et une activité modifiée d une manière spécifiue de la rétine — Ils pouvaient dans le crépuscule distinguer les bâtiments éloignés sur la mer, tandis que leurs compagnons dont la vue était saine en suivaient à peine la direction. Ainsi les verres concaves ne favorisaient pas leur vision, tandis que la concentration d’une lumière plus douce sur la rétine leur permettait d’apercevoir des objets plus éloignés ou plus petits. Les verres convexes n° 70-90 présentant les colorations n° III-V bleus modifiés par moi de telle façon que, plus foncées pour l’œil le plus faible, elles étaient plus douces pour l’œil le plus fort, les aidaient puissamment.
Il serait important de savoir si ce nystagmus hérité manifestement par les fils, passera à leurs enfants. — La coloration de l’iris de la femme qu’ils choisiront pourrait juger ce point.