Pseudohamotus Raffr., nov. gen
J’ai conservé, à ce nouveau genre le nom inédit que M. Reitter lui avait assigné dans sa collection. La forme globuleuse du dernier article des palpes ne permet pas de le laisser parmi les Hamotus. Deux espèces que je crois inédites: inflatipalpis Reitt. et conjunctus Reitt.
227. Cercocerus Le Conte , Class. Col. N. Amer. , I, 4861 , p. 57.
Je ne connais pas le batrisoïdes Lee., type de ce genre. Le D 1 ' Sharp ( Biol . Centr. Amer.) dit qu’il ne voit rien dans la description , qui différenciece genre d 'Hamotus; mais Reitter, qui semble avoir examiné des types, a saisi avec beaucoup de justesse les caractères distinctifs, en comparant les palpes des Cercocerus à ceux des Marellus) ils ont en elfet à peu près exactement la même forme, avec cette différence cependant que le dernier article est sillonné dans Cercocerus et simple dans Marellus. J’en ai plusieurs espèces, non encore suffisamment étudiées, du Brésil. Le Phalespus hirsutus Schfs., de l’Amazone, rentre dans ce genre.
228. Phamisulus Reitter, Peut. Eut. Zeits ., 1888, XXXII, p. 234. Phamisus Schaufuss, non Aubé. Neophamisus Heitt. , loc. cit.
En traitant de la tribu des Faronnù, j’ai déjà parlé du genre Phamisus Aubé, avec lequel Phamisus Schfs. n’a rien de commun.
Il y a lieu maintenant de faire ressortir les dissemblances qui existent entre la description d’Aubé et les insectes que Schaufuss rapporte à ce genre, et dont je possède les types.
Il y a deux espèces : bellus et horroris , toutes les deux du Brésil. Bellus Schfs. est simplement un Hamotus sans aucun caractère qui puisse le séparer de ce genre. Je possédais déjà horroris Schfs. sous le nom inédit de Hetschkoi Reitt. , venant de la collection Reitter où il portait deux étiquettes, l’une avec Hamotus Hetschkoi , l’autre avec Phamisus Hetschkoi R. Cet insecte constitue un genre qu’on pourrait appeler de complaisance; car il faut se mettre l’esprit à la torture pour y découvrir quelques différences avec les Hamotus. La tête et le prothorax sont plus transversaux, ce dernier plus cordiforme et le tubercule autennaire plus accentué; les proportions des trois premiers segments abdominaux un peu différentes; les élytres proportionnellement plus courtes; l’ab lomen plus long et tout le corps plus aplati; les palpes et les pattes identiques à ceux d 'Hamotus, les antennes semblables à celles de plusieurs Hamotus ; car, dans ce dernier genre, cet organe est variable.
Aubé, le créateur du genre Hamotus , n’aurait pu dire que le genre Phamisus « a un faciès tout particulier qui l’éloigne de tous les autres. »
Voyons donc au contraire les différences considérables qui existent entre la description du genre Phamisus Aubé et le Phamisus horroris Schfs.
Phamïsus Reichenbachi Aubé
D’après la description.
Antennæ moniliformes, apice clavatæ, in tuberculo frontali insertæ.
Palpi maxillares 4 articulati, articulo ultimo securiformi.
Elytris breviusculis.
Corps allongé , sensiblement déprimé.
Tête prolongée en avant en un petit tubercule sur lequel sont insérées les antennes, qui sont moniliformes et un peu renflées à leur extrémité ; le dernier article, de la longueur des deux précédents, est pyramidal.
Palpes maxillaires de 4 articles, le 1 er très petit, le 2 e allongé, en massue, le 3 e très petit, triangulaire, le 4 e de médiocre longueur, sécuriforme et terminé par un petit appendice membraneux à peine visible.
Corselet cordiforme.
Phamisus horroris Schfs.
D’après le type.
Antennæ crassæ , articulis intermediis transversis, apice valde clavatæ , in tuberculo frontali insertæ.
Palpi maxillares 4 articulati, articulo ultimo oblongo , apice aeuminato, intus sulcato.
Elytris quadratis.
Corps épais, très peu allongé, très peu déprimé.
Tête transversale ; en avant un tubercule antennifère très séparé du front, presque aussi large que la tête, court et très transversal, profondément bilobé par un sillon qui s’arrête au bord antérieur du front. Sur les côtés de ce tubercule sont insérées les antennes qui sont épaisses , avec les articles 3-8 fortement transversaux, 9-11 en forte massue occupant la moitié de l’antenne ; le dernier, presque aussi long que les deux précédents ensemble, est ovale, élargi avant le sommet qui est très obtusément acuminé.
Palpes maxillaires de 4 articles : I e1 ' très petit ; 2 e allongé, légèrement en massue ; 3 e très petit, en triangle transversal ; 4° plus long que tous les autres ensemble, oblong, tronqué un peu obliquement mais non élargi à la base, très atténué au sommet, avec un appendice court, mais épais, un peu obtus et très visible, entièrement sillonné longitudinalement à sa face interne.
Prothorax cordiforme, transversal, plus large que long.
Élytres très déprimées, très courtes.
Abdomen déprimé et largement rebordé.
Pattes assez longues, cuisses très légèrement renflées.
Tarses de trois articles : 1 er très petit ; 2 P très long : 3 e plus court de moitié que le précédent et terminé par deux ongles égaux.
Entièrement recouvert d’un duvet fin et serré.
Corselet cordiforme, les angles antérieurs très arrondis, les postérieurs échancrés , le bord latéral terminé en arrière par une petite dent épineuse et relevée ; le disque est marqué d’un sillon en fer à cheval qui occupe la base et les deux côtés.
Élytres très déprimées, courtes, tronquées un peu obliquement en arrière ; on n’observe d’autre strie que celle qui existe tout le long de la suture.
Élytres peu convexes , mais non déprimées , aussi longues que larges.
Abdomen non déprimé, très déclive au sommet, moyennement rebordé.
Pattes courtes, robustes, cuisses assez épaisses.
Tarses de trois articles: 1 er très petit ; 2 e un peu allongé; 3 e un tiers plus long que le précédent et terminé par deux ongles égaux.
Pubescence line, courte, couchée, assez dense, mais nullement duveteuse.
Prothorax transversal , cordiforme , angles antérieurs nuis, postérieurs obtus, entiers, bord latéral très arrondi , entier et sans aucune trace de dent ni d’échancrure ; un sillon basal transversal , unissant deux fossettes latérales, peu distinctes.
Élytres plutôt convexes que déprimées, carrées, aussi larges que longues, tronquées carrément au sommet ; une strie suturale, un sillon discoïdal s’oblitérant vers le milieu; épaules un peu élevées.
On voit combien sont nombreuses et profondes les différences. M. Schaufuss nous dit, il est vrai, qu’il a vu , quelques années auparavant, dans la collection Yom Bruck, un insecte qui lui parut être autant que possible le véritable Reichenbachi Aubé; il en fit un fugitif croquis, qui lui a servi plus tard à identifier liorroris avec le genre Phamisus.
D’abord, rien ne prouve que l’insecte de la collection Vom Bruck fût un Phamisus , et s’il ressemblait à horroris, ce n’en était certainement pas un. Ensuite, les souvenirs de M. Schaufuss ont pu, à quelques années de distance , manquer de l’exactitude nécessaire.
Revue d* Entomologie . — Juin 1890.
Quant à M. Reitter, j’ignore comment il en était arrivé à une conclusion conforme à celle de M. Schaufuss. En tons cas , il ne connaissait pas depuis bien longtemps le genre Pliamisus puisque, dans sa distribution systématique des Psélaphides ( Verh . Naturf. Ver. Briinn , XX, 1882), il ne cite pas le genre d’Aubé, même à titre de mémoire.
Si on rapproche de cette discussion critique celle j’ai donnée dans la tribu des Faronini , il paraîtra, je l'espère, évident que les genres Phamisus Aubé et Pliamisus Schaufuss sont tout à fait ditrérents l’un de l’autre. Le nom de Schaufuss doit donc tomber en synonymie et être remplacé par celui de Phamisulus , qui deviendra peut-être lui-même synonyme de Hamolus , si on trouve des formes de transition enlevant toute valeur générique aux différences si légères déjà et si superlicielles que j’ai signalées. Une seule espèce du Brésil : horroris Schfs.
[Depuis la remise de ce travail à l’impression, je me suis aperçu que M. Reitter avait publié, lui aussi, une note sur les genres Phamisus Aubé et Pliamisus Schfs. (Peul. Eut. Zeits., XXX II, 1888, p. 234-235).
M. Reitter considère que le genre Phamisus Aubé fait partie des Tyrini , et en cela je ne puis partager son opinion, que je crois erronée, pour les motifs que j’ai déjà longuement exposés. Mais il estime avec raison que le genre Phamisus Schfs. est tout à fait différent, et il crée pour le Phamisus horroris Schfs., le nouveau genre Neopliamisus Beitt. R est vrai que M. Reitter ne semble pas avoir vu le type de horroris Schfs., car il lui assigne des caractères inexacts puisés dans la description de M. Schaufuss.
Partant de ce principe faux , M. Reitter crée deux nouveaux noms générique et spécifique : Phamisulus Iletschkoi Reitt., pour un insecte dont il a constaté les véritables caractères et reconnu les affinités réelles et que, logiquement, il ne pouvait identifier avec Neopliamisus Reitt. , bien que l’examen des types prouve d’une façon indiscutable que ce Phamisulus est absolument identique au Phamisus horroris Schfs.
La responsabilité de cette erreur revient à M. Schaufuss et non à M. Reitter.
La synonymie devra donc s'établir comme suit :
Phamisulus Reitt., Peut. Enl. Zeits., XXXII, 1888, 234. Phamisus Schaufuss ( non Aubé), Tijdschr . Eut., XXIX, 1886, 265. Neopliamisus Reitt., Peut. Eut . Zeits., XXXII, 1888, 235. Horroris Schaufuss, loc. cit. Hetsclihoi Reitter, loc . cit.
Quant à la place à assigner à Phamisulus Reitt., je suis heureux de constater que nous sommes, M. Reitter et moi, exactement du
même avis, à savoir qu’il vient se ranger tout auprès de Hamotus , dont il diffère très peu.]