‹ Étude sur le régime financier du MarocChapitre 48 sur 71 · S 1. — MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

S 1. — MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Les crédits ouverts à ce ministère ont été les seuls qui pendant longtemps ont permis d'essayer de développer notre influence au Maroc et d’y amorcer l’œuvre qui vient enfin d'aboutir. Ces crédits ont toujours été très restreints. Ceux qui voulaient aller de l’avant s'en plaignaient amèrement et mettaient en regard les sommes considérables que l'Allemagne consacrait au même objet.

Le chapitre des Œuvres Françaises au Maroc tire son origine du faible crédit dont disposait jadis la Légation de France à Tanger grâce au bénéfice du change de francs en pesetas hassani de la subvention accordée pour les Chorfa d’Ouezzan. Le crédit s’enfla peu à peu, trop lentement peut-être. En 1904, M. Jaurès, partisan acharné de la pénétration pacifique, demanda qu’il fut porté à un million. Ce chitfre à été repoussé, il n’a été atteint qu’au budget de 1912(1). Ce crédit s’appliquait pour des chiffres divers

aux dépenses suivantes: service de répression de la

1, Exactement 1.091,300, Dépense effective 1,256,700.

contrebande, surveillance de la frontière, service sanitaire, enseignement et publications, missions, frais de service du commissaire du gouvernement à Oudjda, traitements de l’ingénieur des ponts et chaussées attaché au service des travaux publics marocains et de l'officier attaché à la Légation de France, garde indigène de la Légation, service français de sûreté, subventions et secours divers, installations et bâtiments.

Il semblait que toutes ces dépenses dussent être absorbées par le budget du proteciorat et que ce chapitre dût disparaître. Il figure pourtant encore au budget des affaires étrangères de 1913 et le rapporteur, M. Paul Deschanel, déclare que le budget du protectorat recueillera certaines des dépenses auciennes, telles que renseignements, service de sûrelé, subventions, secours, surveillance maritime mais que certaines autres continueront à incomber à l'État français, notamment pour le fonctionnement d'institutions françaises soit à Tanger soit dans la zone d'influence espagnole (service sanitaire à Tanger et à Larache, enseignement, service de la sûreté à Tanger, de la garde indigène à Tanger, subventions aux Chorfa d’Ouezzan, subventions à divers établissements de Tanger, garde du cimetière français à Casablanca, construction du collège de Tanger).

Pour ces différents objets un crédit de 290.000 fr. est inscrit au projet de budget de 1914.

Page 1