‹ Étude sur le régime financier du MarocChapitre 67 sur 71 · RI · texte numérisé non relu

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des étrangers. Les négociations se poursuivent et déjà l'installation des tribunaux français au Maroc a permis quelques résultats. Le Luxembourg, le Portugal et la Russie ont successivement renoncé au bénéfice intégral des Capitulations. L'Espagne se conformant aux stipulations du traité franco-espagnol vient de le faire également ; la France n'attend que le moment où la justice espagnole fonctionnera dans la zone d'influence de ce pays pour prendre une mesure analogue. La question des protégés n’avance pas. Leur nombre devrait tout au moins ètre ramené aux limites régulières résultant des stipulations de la convention de Madrid. Or il n’en est rien jusqu'ici et les listes de ces privilégiés s’allongent au lieu de diminuer.

La situation financière ne laisse pas que d’être inquiétante, pour le Maroc d’abord et aussi pour nous mêmes qui en subirons fatalement la répercussion! L'exercice 1913-1914 va se solder par un déficit de plus de 43 millions de pesetas hassani et le fonds de réserve existant va de ce fait être presque complètement épuisé. Les recettes des exercices prochains seront certainement meilleures mais les charges probablement croîtront plus vite encore. Le budget français supporte déjà les dépenses du corps d’occupation parmi lesquelles quelques-unes sont en réalité d'ordre civil et servent aux travaux publics du Ma-

roc. De l’emprunt de 170 millions dernièrement voté

par les Chambres, une première tranche de 75 à 80 millions sera prochainement émise et exigera une annuité de 3 millions de francs environ. Cette somme sera nécessairement mise à la charge de la métropole. Sans doute il a été stipulé que le Protectorat devrait affecter au service de l'emprunt ou au remboursement des avances françaises 50 °/, de toutes ses recettes brutes au delà de 25 millions de francs. Encore faudra-t-il que la situation financière existant au moment où les recettes atteindront ce chiffre nous permette de demander l’exécution de cette clause. Il faut prévoir encore la création prochaine de chemins de fer. Si le Protectorat construit et exploite luimême, il faudra emprunter. Il le faudra peut-être encore, si le système de la concession est adopté, pour les dépenses de subvention et de garantie d’intérêt. En tout cas les charges annuelles en seront accrues.

Peut-être serait-il opportun de ne pas accroître démesurément les dépenses civiles qui n’ont pas un intérêt directement économique. Il faut surtout s’efforcer de limiter les frais généraux d’administration, particulièrement les frais de personnel. Ne se laisset-on pas gagner par un emballement contagieux ? Ne part-on pas duprincipe que l’on peut aller de l’avant parce que le Maroc est prodigieusement riche et tôt ou tard pourra payer ? Pour le moment il se présente

à nous avec un passif qui, avec les emprunts de 1904

et 1910 et les dettes à liquider sur Le nouvel emprunt s'élève à 200 millions, et cela sans aucune contrepartie en outillage et en travaux. Si on n’y réfléchissait et si on n'était incité par là à la prudence on serait amené à cette alternative : ou bien faire appel à la métropole et grever longtemps encore son budget d’avances onéreuses, ou bien surcharger d'impôts la population et sacrifier par conséquent la question

essentielle : celle de ia politique indigène.

Vu : le Président de la these,

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