‹ Étude sur le rein des urinairesChapitre 33 sur 39 · DOCUMENTS EXPÉRIMENTAUX · texte numérisé non relu

DOCUMENTS EXPÉRIMENTAUX

LIGATURE ASEPTIQUE DE L'URETÈRE

EXPERIENCE I. — Lapin n"> i

Ligature aseptique de l'uretère gauche le i5 juin 1888. L'animal se porte bien et grossit beaucoup. On sent très bien, par le palper, la tumeur forme'e par le rein ; cette tumeur diminue ensuite et l'animal est sacrifié le Ier octobre, trois mois et demi après la ligature.

Pas la moindre trace d'inflammation. La portion de l'uretère audessus de la ligature et le bassinet sont distendus par un liquide clair à re'action alcaline, qu'on distingue par transparence, à travers leurs parois amincies ; le rein lui-même est aminci et à de mi-transparent dans son tiers interne.

A la coupe, la substance re'nale forme une poche re'gulière épaisse de trois millimètres, au niveau du bord convexe du rein, ayant à peine deux millimètres en avant.

Le liquide qui remplit cette poche est parfaitement limpide : il ne contient pas de microbes à l'examen sur lamelles. La réaction est alcaline ; il contient de l'urée.

Au microscope, on voit que l'atrophie porte sur les deux substances corticale et médullaire.

Dans la substance médullaire, certains tubes sont dilatés, à épithélium nucléaire, d'autres sont en train de disparaître par atrophie simple. Entre les tubes, il existe un tissu conjonctif assez dur et riche en éléments cellulaires. Dans la substance corticale, on trouve aussi quelques tubes dilatés, tandis que la grande majorité sont atrophiés et présentent un épithélium nucléaire. Les glomérules sont petits, revenus sur eux-mêmes, quelques-uns ne sont plus reconnaissablés qu'à une agglomération de cellules fusiformes en train de se fusionner avec le tissu conjonctif périphérique. Quelques glomérules sont dilatés, le bouquet vasculaire est refoulé, la capsule un

(1) Je me borne à donner ici un court résumé de mes expériences sans entrer dans des détails qui ont trouvé leur place dans le courant de ce travail.

l82 EXPÉRIENCES

peu épaissie, un peu feuilletée. Le tissu conjonctif montre des traces d'irritation légère, sans qu'il y ait de foyers embryonnaires, on trouve un peu partout des cellules rondes et fusiformes, plus nombreuses qu'à l'état normal. Les artères présentent un peu d'endartérite et de périartérite.

Le rein droit est hypertrophié, il pèse 12 grammes.

L'hypertrophie porte surtout sur la substance corticale. Les glomérules sont plus grands, les tubes plus larges, leur épithélium plus haut.

EXPÉRIENCE II — Lapin n» 2

Ligature aseptique de l'uretère gauche le 24 mars 1888. L'animal engraisse; sacrifié le 12 juin, trois mois moins deux jours après la ligature.

Pas d'inflammation. Le bassinet forme une poche transparente piriforme. Le rein lui-même, globuleux, augmenté de volume, est translucide. A la coupe il forme une poche épaisse de trois millimètres, avec des cloisons qui correspondent aux calices. Contenu clair avec de l'urée et des traces d'albumine, sans éléments cellulaires et sans microbes.

Au microscope mêmes lésions que précédemment. Le tissu conjonctif est plus adulte, un grand nombre de tubes ont disparu. Les glomérules sont presque tous confondus avec le tissu conjonctif. Quelquesuns sont en train de disparaître ou présentent des dilatations kystiques.

Dans ces deux expériences toutes les cultures faites avec le rein et le sang des animaux sont restées stériles.

Page 1