‹ Étude sur le SénégalChapitre 12 sur 43 · MAIS · texte numérisé non relu

MAIS

Le maïs est assez cultivé au Sénégal, on le rencontre autour des cases, dans les villages, et dans certains lougans (champs cultivés) où le sol prête à sa culture ; il constitue un appoint dans Talimentation des indigènes. Assez souvent au gros mil venant par le fleuve à Saint-Louis est mélangé de maïs dans la proportion de un septième environ; les indigènes emploient ce mil soit tel, soit en triant le maïs dont ils font un couscous spécial. Le maïs est surtout consommé frais.

Quelle est la patrie primitive du maïs et comment a-t-il été importé au Sénégal? La question est assez complexe. Les Européens trouvèrent le mais cultivé en Amérique à Tépoque de la découverte, il fut donc considéré comme originaire de ce pays. Plus tard on découvrît qu'un traité d'histoire naturelle chinois, écrit vers le milieu du XVI' siècle, mentionnait l'existence du maïs en Chine à une époque tellement rapprochée de celle de la découverte du nou-

veau continent, qu'il était impossible de considérer cette plante comme ayant été apportée d'Amérique en Chine. A Thébès en 1819, dans le cercueil d'une momie ayant 30 ou 40 siècles d'existence, on a trouvé du maïs; le maïs était donc connu en Egypte à une date très reculée, et la conclusion qui s'impose est qu'il était connu dans l'ancien monde avant la découverte du Nouveau-Monde.

Il est fort possible que ce soit les Arabes ou les Croisés qui les premiers l'aient introduit en Europe. Quant au Sénégal, il est matériellement impossible de préciser. Les indigènes ont pu le recevoir des populations de l'intérieur de l'Afrique où il se serait répandu par le Nil, ou des Arabes ; il est d'ailleurs considéré comme indigène.

Au point de vue commercial, le maïs a attiré l'attention des exportateurs qui ont essayé de tirer parti de la culture qu'en faisaient les indigènes. On relève quelques exportations assez importantes :

En 18G5 il a été exporté 50,10îJ kilogrammes estimé fr. 12 le kilogramme, 49 kilogrammes en 1874, 40,988 kilogrammes estimé fr. 10 le kilogramme en 1875, 5,059 kilogrammes en 187G.

La dernière exportation est de 193 kilogrammes à fr. 12 en 1892.

Le maïs n'est donc actuellement qu'un produit de consommation locale.

JUS DE CITEON.

On rencontre en Casamance un assez grand nombre de citronniers, il est fort probable que cette essence a été introduite et propagée par les Portugais. D'après Itîsso, (histoire naturelle des orangers) la patrie du citronnier (Citrus Umonuin.J serait l'Inde, et cet arbre aurait été répandu par les Arabes au temps de leur splendeur dans tous les lieux de leur vast^ empire où il pouvait croître. Ce vaste empire comprenait alors, la Presqu'île Arabique, la Syrie, TEgypte, l'Abyssinie, la Barbarie, l'Espagne et le Portugal, l'Asie mineure et toutes les contrées situées à l'Ouest de ce dernier pays qui avaient fait partie de l'ancien empire des Perses.

Les Portugais connaissaient donc le citronnier depuis quelques centaines d'années lorsqu'ils se sont établis au XY" siècle le long de la Côte occidentale de l'Afrique.

On rencontre aussi le citronnier au Rio-Nunez et au Rio-Pongo. Dans ces régions et surtout en Casamance, le citronnier a été exploité

et il s'est créé là un petit commerce de jus de citron, commerce à peu près nul aujourd'hui. .

De 18G9 à 1881 inclus, il a été exporté de Casamance 2,547 kilogrammes de jus de citron, les deux plus foi-tes exportations ont été de 420 kilogrammes en 1874 et 830 kilogrammes en 1881.

De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 19,048 kilogrammes dont 11,674 kilogrammes pour Tannée 1886.

On ne relève ensuite que 17 kilogrammes pour 1897 et 16 kilogrammes pour 1899.

La valeur du kilogramme a été invariablement de fr. 60.

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