LAINE
En 1877, il a été exporté pour une valeur de 4,000 francs de tissus de laine. Ces tissus sont confectionnés par les Maures avec le poil de leurs moutons grossièrement filé au fuseau.
En 1879, il a été exporté pour 1,200 francs de laine en suint. Le peu d'exportation en laine provient de ce que le mouton du Sénégal porte une toison de poils et non de laine. La race poule seule poite une espèce de laine constituée par un poil très long, non élastique. La laine exportée provient sans doute d'une des races de moutons étrangers que Ton a essajé d'acclimater au Sénégal.
BEUBBE.
L'exportation du beurre a été aussi tentée. On relève quelques petites et très rares exportations de Saint-Louis ; des exportations un peu plus conséquentes et un peu plus nombreuses de Rufisque jusqu'en 1878.
C'est surtout la Petite-Côte qui a fourni la plus forte quantité. Do 1872 à 1880 inclus, il a été exporté de la Petite-Côte, 3,566 kilogrammes de beurre, soit une moyenne annuelle de 396 kilogrammes ; on relève encore une exportation de 283 kilogrammes en 1884.
STJIF.
En 1866, il a été exporté 5,113 kilogrammes do suif estimé 1 fr. 50 le kilogramme et 337 kilogrammes estimés 1 fr. 30 le kilogrammi» en 1868.
Autres produits
QÉNÉRAIjITÉS^
C^est la présence de Tor, ce produit idéal d'échange, qui nous a fait conquérir le Sénégal.
Les écrits d'Edrisi et de Léon, la dénomination de t Fleuve de Tor » (1) donnée par les premiers voyageurs au fleuve qui a été ensuite nommé c Sénégal », les lettres d'un négociant de Maroc à son correspondant de Londres (2) ont établi la renommée de la région, renommée qui ne pouvait avoir sa raison d'être qu'à une époque aussi lointaine.
La traite de l'or faisait partie du programme du gouvernement en 1818, programme comportant la mise en valeur du Sénégal.
Nos hardis marins normands exploitèrent les premiers de 1364 à 1413 régulièrement cette région, et étendirent leur rayon d'action jusqu'au golfe de Guinée. Viennent ensuite les Espagnols et peu après vint la conquête portugaise, conquête méthodique consolidée par des bulles émanant du Saint-Siège (1418-1436-1449-1454-1455- 1481).
De 1626 à 175S, époque à laquelle les Anglais s'emparèrent du Sénégal et de Qorée, la côte d'Afrique fut de nouveau exploitée régulièrement par des compagnies françaises qui avaient leur siège à
(!) Voir le n'manjiiablc travail de L. G. Ringer : Bulletin du Comitô de \'\f'riguc Oc.'(ilei\tnle\ supplément au n» d'avril 11)00 et suivants.
(2) ï.e l"-^ août 151^1, un négociant de Maroc érrivii k son correspondant de Londres : « Afin que vous n'imaginiez pas que je m'endors sur cette affaire, où « vous aurez toute satisfaction désirable, je vous apprendrai qu'il y a seulement « dix jours, un Cahaia des Andaloux et un autre Maure de rang, (|ue le roi fît « partir d'abord avec l'Alcaide Hamode, sont revenus de Gago,et qu'ils ont ramené « 30 mules cliargé«-'s d'or. »
Le 30 août la même personne écrivait : « L'Alcaide Hamode, en s'y rendant, « était accompa^mé de 1.700 hommes. Après avoir perdu un tiers de son monde, « par la disette d'eau dans la traversée du désert, il atteignit la ville deTombuctu. « Les nègrtîs firent quehjue résistance ; mais n'ayant que leurs sagaies et leur « javelines empoisonnées pour se défendre, ils furent promptement défaits. Ensuite a Hamode poussa jusqu'à Gago, où les nègres, réunis en nombre infini, combat- « tirent vaillamment pour sauver leur pays ; cept^ndant les Maures en triomphèrent « et leur imposèrent un tribut annuel. Le tribut de Tombuctu o.st de soixante quin- « taux d'or dont vous connaissez rexcellrncc. Hamode a rapporté, dit-on, de son « expédition. d«;s trésors immenses ; il paraît constant (|u'on y pos.sèdc plus d'or «c qu'en aucune autre partie de la terre et le roi do Maroc sera le plus riche souve- « raiu du mon. le. s'il reste le maître de ce pays. »
Saint-Louis. Après la reprise da Sénégal aux Anglais et le traité réglant les riroîts réf^iproques des deux nations, de nouvelles compagnies exploitèrent le Sénégal de 1784 à 1791. Pendant la dorée de ces exploitations, nos pionniers ne tronvèrent sans donte pas au Sénégal les monceaux d'or qu'ils croyaient y troaTer, mais ils trouvèrent d'antres prodaits aaxqnels vint s'ajouter la traita des noirs, qui fut pendant longtemps la principale source de richesse de la Côte d'Afriqne. La question de Tor laissant toujours entrevoir de superbes espérances, n'a cependant pas été négligée.
Avant nous, les Portugais avaient créé des établissements dan< la région auriière, établissements dont nous avons retrouvé les traces.
Pendant la durée de leur occupation, les Anglais ont aussi tenté l'exploitation de ces mines.
En 1G98, l'établissement de Galam, ayant pour but le commerce de l'or, lut fondé par la C* Royale du Sénégal, Cap Xord et Côte d'Afrique, et un fort (fort Saint-Joseph) fut construit en ITtJO près de Dramaué dans le Kaméra ; fort qui fut détruit en 1702 par les indigènes et qui fut reconstruit en 170-3 à Matchana (Kénébia) sur la rive droite de la Falémé par la C** du Sénégal. En 1715, la même Compagnie construisit le fort de Saint-Pierre de Zaïnoura (Sénondébou) sur la rive gauche de la Falémé, et elle fit en 171G reconnaître les mines par le sieur Compagnon ; à ce sujet André Bnle, directeur, s'exprime ainsi dans son rapport : t Les mines d'or de Bamc bouk sont en si grand nombre et si aisée:» ù travailler, qu'ayant c envoyé le sieur Compagnon pour les reconnaître, en 1716, il a vu, c en beaucoup d'endroits, gratter la superficie de la terre en plein € champ, la laver et en tirer l'or très pur, tel que la Compagnie le c fait acheter. L'idée du sieur Compagnon est que si les mines € étaient travaillées, elles rapporteraient beaucoup plus que celles € du Pérou. »
L*exploitation fut de nouveau tentée en 1730 par la C** des Indes qui abandonna son projet après le massacre de la garnison du fort Saint-Joseph. Cette tentative fut reprise en 1741, et en 1756 de nouvelles mines ayant été découvertes à Kélimani et Xatacon, la C** des Indes fit un nouvel effort i)our exploiter ces mines et construisit 3 redoutes dans le Bambouk, eftort inutile par suite de la prise du Sénégal par les Anglais en. 1758.
En 1786, il ne restait plus au pays de Galam que les ruines du fort de la C^ des Indes.
En 1824, le gouvernement continua l'œuvre commencée en envoyant un explorateur qui mourut en 1825 pendant le cours de son exploitation. Cette exploitation fut continuée en 1828, mais l'explorateur envoyé manqua le but de sa mission en intervenant dans les querelles intestines de la région.
Après 1833, les statistiques indiquent un mouvement commercial sensiblement régulier provenant de Tor livré par les indigènes en échange des produits d'importation.
En 1845, Sénoudébou nous fut cédé par un traité et un fort fut construit sur l'emplacement de Tancien fort Saint-Pierre.
En 1855, les hostilités commencèrent dans le Haut-Fleuve contre El Iladj Omar qui s'opposait à la réalisation de nos projets, et le fort de Médine fut construit. Après trois années de guerre, une expédition quitta Saint-Louis le 4 juillet 1858 pour prendre possession des mines d'or du Bambouk (mines d'or de Kéniéba). L'expédition quitta Sénoudébou le 28 juillet, et la prise de possession de ces mines fut consacrée le 18 août par un traité avec Boubakar-Saada. El Hadj Omar reparut, ce qui empêcha nos efforts de se porter sur le IJouré alo»s réputé pays aurifère par excellence ; et dans le traité qui intervint en 1860 avec El Hadj Omar, les régions aurifères iilacées sous notre protection ne se composaient que du Bondou et de la moitié Nord du Bambouk.
Le résultat de la prise de possession des mines d'or de Kéniéba ne fut pas en rapport avec TefiEort considérable qui avait été fail, ['exploitation ne donna aucun résultat sérieux.
En présence d'une semblable situation qui ne donnait qu'une médiocre satisfaction matérielle au commerce de la colonie et à la colonie même, fortement éprouvés par la suppression de la traite des noirs, suppression qui devint peu à peu effective; par l'insuccès des essais de colonisation (1818-1830) ; par une crise commerciale sur la Guinée (1838-1842), et par la libération générale des captifs (1848), sans qu'aucun élément de richesse soit venu rétablir l'équilibre ; il fallait prendre un parti, et le parti qui fut jugé le plus favorable à cette situation, fut la marche en avant. Cette marche en avant proposée dans le but de créer une station commerciale sur le Niger, permettait l'occupation du Bafinpf, un des déboucliés du Bambouk et du Bouré et, en remontant le Niger, l'occupation de la partie sud de «ctte dernière région.
Ce projet dangereux et coûteux sur lequel planait l'incertitude
du résultat final ne fut pas mis à exécution, mais Vidée était lancée et peu II peu s'implantait. Il leparut et en 1879 le poste de Bafoulabé au confluent du Bafing fut commencé ; le premier pas était fait.
Eu 1879, une nouvelle tentative d'exploitation des mines de Kéniéba fut faite par une société mais sans succès, et cette société fut mise en liquidation, en 1881.
En 1880, la marche en avant fut définitivement adoptée et entraîna la conquête du Soudan, conquête qui ne fut considérée comme terminée qu'après la prise de Samory en 1898, cVst-à-dire après 18 années de luttes.
Le réprime économique reprit alors ses droits, et essa^-a de tirer parti de cet immense territoire.
La région aurifère depuis cette conquête est redevenue le point de mire de toutes les convoitises, et les conditions d'exploration et de concession en ont été fixées par le décret du fi juillet 1899.
Après Tor, si on passe aux autres produits, on constate que Tivoire s^épuise et que rien ne ï>eut y remédier.
L'effort producteur s'étxint porté ailleurs, la cire est négligée ei cependant ce produit mérite d'être pris en considération
TJne chasse sans pitié est faite aux oiseaux, et cependant uni» grande partie de ces oiseaux est d'une utilité incontestable ; si on ne veut pas abandonner le Sénégal il faut lui conserver ses rares éléments protecteurs, et Toiseau est un de ces éléments.