CIRE ET MIEL
La cire et le miel paraissent avoir été recueillis à une date immémoriale par les indigènes des régions boisées. Il est évidc nt que pour que la cire constitue un des plus anciens éléments commerciaux du Sénégal, il a fallu qu'elle soit méthodiquement recueillie.
L'usage que les indigènes faisaient autrefois de la cire n'est pas bien déterminé, quant au miel il a toujours été incontestablement un produit d'alimentation. Pour se procurer soit le miel, soit la cire, l'indigène a su étudier Tabeille des régions qu'il habitait, et, sans toutefois la domestiquer totalement, il lui a fourni, dans ses endroits préférés, les refuges nécessaires à son évolution vitale. Naturellement et avec beaucoup d'intelligence l'abeille sauvage choisit sa (leiûeure qui est généralement un vieux tronc d'arbre ; l'indigène a remplacé ce tronc d'arbre par des paniers de formes diverses, sortes de ruches, qu'il a suspendus dans les arbres aux alentours des villages et dans les lieux habituellement fréquentés par les abeilles. C'est surtout en Casamance, région boisée, que l'on rencontre le plus grand nombre de ruches ainsi susx>endues, on y rencontre aussi quelques rares rucher» mais qui paraissent peu fréquentés par les abeilles. L'abeille est avide du sucre contenu dans le vin de palme, aussi dans les endroits où le vin de palme est recueilli, en voit-on une grande quantité circuler autour des boulines (récipients) placées pour recueillir ce vin; beaucoup d'abeilles périssent dans ces boulines, asphyxiées sans doute par la fermentation.
Une exploitation régulière de la cire a été tentée dans la Casamance et en 1845, la cire était le principal produit de cette région. A Sédhiou, on voit encore au Souloucounda, établissement faisant actuellement partie des possessions de la C*^ Française, des presses à cire abandonnées et gisant à moitié enfouies dans le sol.
En 1789, il a élé exporté pour la France 22,807 livres de cîre représentant une valeur totale de 34,210 livre» tournois.
De 1818 à 1837 inclus, il a été exporté pour la France 623,193 kilogrammes de cire, soit une moyenne annuelle do 44,514 kilogrammes.
En 1840 il a été exporté 92,620 kilogrammes de cire.
De 1843 à 184G inclus, il a été exporté de Saint-Louis et de Gorée 482,065 kilogrammes soit une moyenne annuelle de 120,516 kilogrammes.
Saint-Louis. — De 1869 à 1876 inclus, il a été exporté 19,248 kilogrammes de cire de toutes catégories (à appliquer à tous les chiffres qui suivent), soit une moyenne annuelle de 2,406 kilogrammes.
De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 77 kilogrammes de cire
Casamance. — De 1869 à 1876 inclus, il a été exporté 131,030 kilogrammes soit une moyenne annuelle de 16,379 kilogrammes.
De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 7,182 kilogrammes soit une moyenne annuelle de 2,394 kilogrammes.
En 1898, il a été exporté 7,742 kilogrammes et 36,105 kilogrammes en 1899.
Rio'Nunez, — De 1869 à 1876 inclus, il a été exporté 48,679 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 6,085 kilogrammes.
De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 2,398 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 799 kilogrammes.
Rio'Pongo, — De 1870 à 1878 inclus, il a été exporté 69,010 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 7,668 kilogrammes.
De 1864 à 1886 inclus, il a été exporté 8,418 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 2,806 kilogrammes.
Mellacorée. — De 1884 à 1886 inclus, il a été exporta 777 kilogrammes.
Petite-Côte. — De 1868 à 1870 mclus, il a été exporté 14,790 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 4,930 kilogrammes.
De 1872 à 1874 inclus, il a été exporté 51,504 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 17,168 kilogrammes.
Rufisque. — Del869 à 1876 inclus, on relève une exportation totale de 13,368 kilogrammes.
Dalar. — De 1897 à 1899 inclus, il a été exporté 18,268 kilogrammes.
Si on jette un coup d'oeil sur l'exportation totale de toute la colonie on voit que :
De 1883 à 1886 inclus, il a été exporté 28,933 kilogrammes de cire, soit une moyenne annuelle de 7,233 kilogrammes.
De 1890 à 1895 inclus, il a été exporté 29,794 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 4,965 kilogrammes.
De 1897 à 1899 inclus, il a été exporté 56,481 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 18,827 kilogrammes.
Le commerce a divisé la cire en plusieurs catégories qui sont : Cire nette, cire mi-nette, cire brute.
On n'exportait autrefois que de la cire dite nette.
De 1840 à 1846, la valeur de la cire nette a varié de 3 francs à 3 fr. 85 le kilogramme; en général, elle a été de 3 fr. 40 .
De 1869 à 1876, les diflfërentes valeurs ont été de : Cire nette 2 fr. 80 à 3 fr. 50, cire mi-nette 1 fr. 40 à 1 fr. 50, cire brute de f r. 55 à 1 franc.
En 1885 : Cire nette 2 francs, mi-nette 1 franc, brute fr. 25.
En 1899 : Cire nette 2 fr. 50, mi-netle 1 fr. 80, brute fr. 80.
L'exportation du miel a été tentée surtout au Rio-Nunez et au Rio-Pongo. Depuis longtemps déjà les exportations de ce produit sont insignifiantes ou nulles. La valeur commerciale a été fixée à 1 franc le kilogramme.
ANIMAUX DIVEES.
Il a été exporté une certaine quantité d'animaux divers. Les plus fortes exportations relevées sont : 8,020 francs en 1866, 4,643 francs en 1877 et 10,125 francs en 1879. L'exportation de 1899 est de 250 francs.