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forme avec le plan de l'écran, on voit que normalement, il mesure entre 25° et 30%. Si le ventricule gauche augmente de volume, si sa pointe bombe en arrière, elle sera plus longue à disparaître, et l’on peut affirmer que lorsque l’angle de disparition de la pointe est supérieur à 30°, il y a hypertrophie du ventricule gauche.
Cette recherche nécessite une instrumentation complexe et est sujette à erreur; aussi M. E. Beaujard a proposé de lui substituer la recherche d’un autre angle qui lui est égal, et dont la mesure peut être faite très simplement, d’une façon précise et par divers procédés qui se contrôlent réciproquement. Cet angle a pour sommet la ligne des apophyses épineuses; l’un des côtés est formé par le plan médian sagittal du corps, et l’autre par le plan tangent à la face postérieure du ventricule gauche. C’est un angle sagitto-spino-ventriculo-tangentiel, que l’on peut appeler angle volumétrique ventriculaire puisqu'il est la mesure du volume du ventricule.
Cet angle est égal à l'angle de disparition de la pointe, car tous deux sont aigus et leurs côtés sont perpendiculaires : le côté ventriculo-tangentiel est perpendiculaire à l'écran, puisqu'il est le rayon normal au moment de la disparition de la pointe derrière l'ombre vertébrale, et le côté sagittal est la trace sur un plan horizontal du plan médian sagittal perpendiculaire au plan frontal figuré par le plan bi-scapulaire.
M. Beaujard nous donne trois procédés permettant de mesurer l’angle volumétrique : procédé de la tangente; procédé du sinus; procédé du sinus de l'angle alterne; ces trois procédés se contrôlent et nous per-
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mettent de nous rendre compte que dans l'insuffisance aortique, l’angle volumétrique et par suite l’angle de disparition est toujours supérieur à 30°; il se maintient
plutôt aux environs de 40°.
ScHÉMA 1. — Insuffisance aortique au début (moyenne de un à cinq ans). Hypertrophie du ventricule gauche. Axe aortique vertical. Souffle diastolique gauche. ‘
ScuémA 2. — Insuffisance aortique plus avancée (moyenne de dix à quinze ans). Hypertrophie transversale du ventricule gauche. Début d’inclinaison de l’axe aortique à droite. Souffle diastoliqueÿmédio-sternal.
SCHÉMA 3. — Insuffisance aortique ancienne (moyenne de vingt à trente ans). Dilatation des cavités droïiles. Forte inclinaison de l'axe aortique à droite. Souffle diastolique droit.
Le cardiogramme que nous venons de décrire est celui qu’on observe dans une insuffisance pure, et cet aspect peut persister pendant jun temps plus ou moins long.
Mais à mesure que la lésion aortique vieillit, à l'hypertrophie du ventricule gauche s'associe une dilatation
Schéma 4 Sohema 5 me, Ô SCHÉMA 4. — Pneumatose localisée de l’angle gauche du côlon. + -+ L’angle colique non dilaté, le diaphragme, le cœur-et l'axe aortique sont en position normale. Ÿ =------ L'angle colique distendu par les gaz, le diaphragme remonte, la pointe s’élève et l'axe aortique s'incline à droite, L'angle colique fortement distendu par les gaz, le diaphragme et la pointe continuent leur mouvement d’élévation et l'axe aortique s'infléchit encore, ScHéMA 5. — Insuffisance aortique récente avec hypertrophie du ventricule gauche. Grosse dilatation des cavités droites par sclérose pulmonaire. Bride phréno-péricardique attirant en dehors et retenant la pointe du cœur.
La pointe est fixée et l’axe aortique reste vertical. Souffle diastolique gauche.
ScnÉéMA 6. — Insuffisance aortique ancienne avec grosse hypertrophie du ventricule gauche et dilatation des cavités droites. Bride phréno-péricardique attirant en dehors et rétenant la pointe du cœur.
La pointe est fixée et l’axe aortique reste vertical. Souffle diastolique médiosternal. -
ScxÉéMA 7. — Insuffisance aortique récente avec hypertrophie du ventricule gauche. Insuffisance mitrale avec dilatation précoce des cavités droites. La dilatation précoce des cavités droites explique la rapide inclinaison de
l'axe aortique et le passage du souffle à droite.
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plus ou moins marquée des cavités droites. Les signes de cette dilatation viennent se superposer aux signes aortiques purs : l'oreillette droite déborde à droite de l’ombre vertébrale ou de l'ombre sternale; la pointe semble moins abaissée, mais plus rejetée en dehors; le bord inférieur du cœur est fortement convexe et se trouve au-dessous de l’ombre diaphragmatique, et si on place le malade en position oblique antérieure gauche, on voitle cœur droit saillant dans l’espace clair rétro-sternal. C’est là ce que l’on appelle le cœur iransverse aortique, les diamètres transverses étant les plus augmentés.
À ces deux aspects de l'ombre cardiaque correspondent deux aspects différents de l'ombre aortique.
Chez les aortiques purs à légère hypertrophie, l'axe de l’aorte reste sensislement vertical, mais si l'hypertrophie est très accentuée, on voit l'ombre aortique légèrement oblique de bas en haut, et de gauche à droite, et dans le cœur transverse aortique, l’obliquité est souvent assez accentuée pour que le bord droit du vaisseau se projette à droite du sternum.
Cette inclinaison sur la droite de l’axe de l’aorte ascendante paraît due, nous l'avons vu, au mouvement de bascule subit par le cœur sous l'influence de l'hypertrophie du cœur, surtout du ventricule droit. Ce dernier, en effet, au cours de son augmentation de volume, vient buter sur le plan diaphragmatique, qui limite rapidement son mouvement d'expansion en bas: il se développe alors horizontalement vers la gauche pour constituer le cœur transverse, repoussant en haut et en
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arrière le cœur gauche. La base du ventricule gauche avec l’origine aortique doit suivre ce mouvement et se reporter en haut et en arrière. Comme la partie supérieure de l'aorte ascendante est fixée par les gros vaisseaux qu'elle émet, et les ligaments qui l’unissent aux organes voisins, le résultat de ce rejet est de tendre à fermer l'arc de cercle décrit par la crosse de laorte, et de rapprocher de la portion descendante l'orifice aortique; l'aorte ascendante augmente alors sa courbe el devient ainsi oblique en haut et à droite, et son bord droit décrit une coudure qui rapproche son bord droit du bord droit du sternum.
Le point D est plus facile à déterminer qu'à l’ordipaire, la saillie de l'oreillette droite d’une part, et le changement de direction de l’axe de l'aorte et d'autre part, ayant rendu plus profonde l’encoche au fond de laquelle, il siège normalement.
Cette désaxation de l'aorte est rendue aussi plus facile du fait de l'élargissement des vaisseaux de la base: c'est qu’en effet, dans le cœur sénile, on remarque une dilatation de la veine cave supérieure, une sinuosité exagérée et un épaississement des tuniques de l'aorte qui, chez un aortique, contribuent à exagérer le bord droit de l'aorte dans sa partie initiale.
Ce changement de direction que peut produire la seule dilatation des cavités droites, est d'autant plus accentué chez l'aortique, que, dans son cas, la paroi ventriculaire gauche, hypertrophiée et de consistance accrue, transmet plus complètement à la base le dépla-
cement subi par la pointe.
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Ce déplacement de l'aorte, on peut le produire sur le cadavre. Si, après avoir taillé dans le plastron sternocostal, un volet suffisant pour apercevoir le cœur sans déranger ses rapports, on en soulève doucement la pointe, on voit la base du cœur se déplacer en haut et à droite, et l'axe aortique forme une coudure, se désaxe vers la droite et prend une direction oblique de ‘bas en haut et de gauche à droite.
Dans l'observation suivante, la radioscopie a permis | de voir cette expérience se réaliser sur le vivant.
Th..., Marie, 42 ans, entré le 11 avril 1917. \
Père âgé de 76 ans, bien portant ; mère cardiaque.
Marié : deux enfants bien portants.
Rhumatisme articulaire aigu à 18 ans.
Troubles dyspeptiques, constipation, digestion pénible, palpitations, essoufflement et faiblesse progressive depuis 15 ans ; éthylisme.
Bruits de cœur nets, sans soufile.
Brûlure après les repas au creux épigastrique et le long de l’œsophage. Légère cyanose.
Radio : Cavités gauches sensiblement normales.
Cavités droites normales.
Aorte normale comme dimension, mais désaxée.
Ce changement de direction de l'axe de l'aorte, indépendamment de toute dilatation des cavités droites, est dû à une sorte de mouvement de bascule du cœur, refoulé en haut par le diaphragme gauche, très surélevé par suite d'une distension gazeuse considérable de l'angle splénique du côlon.
Troubles cardiaques liés à une pneumatose du côlon. Sous l'influence du traitement, on a vu disparaître la pneumatose et on a pu suivre pas à pas, par la radiographie, la dispari