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que inférieur au chloral, il est bien supérieur à la paraldéhyde et à l’hydrate d’amylène. Même chez les gens habitués aux narcotiques, il agit d’une façon certaine.
Puis viennent les travaux de Langqaard et Rabow, de Salgo, de Rosin, d'OŒstreicher, de Furbringer et Schwalbe. Ce dernier attire le premier l'attention sur les troubles consécutifs à l’administration du sulfonal, vertiges, faiblesse des membres, lourdeur de tête, nausées, vomissements, diarrhée. Mais il n’a jamais observé de troubles dans les mouvements. Quant à la question de savoir s’il s'établit de l’accoutumance, Schwalbe n'ose point se prononcer.
Après les travaux de Furbringer et Schwalbe, paraissent les observations de Fraenkel, Schmey, Otto, Mueller. En France, M. Kieffer (thèse de Nancy, 30 juillet 1888) étudie à son tour le sulfonal, et, après avoir résumé l'opinion des auteurs allemands, il publie plusieurs observations nouvelles, prises dans des maladies très différentes : affections du système nerveux, de l’estomac, de l'appareil respiratoire, des organes génitourinaires, affections douloureuses des articulations. Dans toutes ces maladies, l’insomnie a été presque toujours heureusement combattue par le sulfonal.
En Allemagne, nous retrouvons encore d’autres travaux plus ou moins importants ; entre autres celui de M. Mathes, élève de Ziemssen, qui constitue une étude très approfondie du sulfonal. I l’expérimente-dans les maladies les plus diverses : tuberculose, affections cardiaques, méningite, alcoolisme, anémie, maladies aiguës, cirrhoses, tabes dorsal, névralgies, et conclut à son innocuité absolue. Mais pourtant, lorsqu'il en arrive à la statistique, il trouve : succès complet 72 p. 100, incomplet 10 p. 100, nul 18 p. 100. Comme on le voit, nous sommes un peu loin des résultats enthousiastes des premiers observateurs.
Dans la littérature médicale française nous n'avons trouvé que très peu de chose sur le sulfonal. Outre la thèse de
D TO M. Kieffer, il existe quelques communications très courtes dans les divers journaux de médecine : Revue scientifique, 21 juillet 1888 ; Progrès médical, 98 juillet, 13 octobre, 27 octobre ; Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Montpellier, 20 octobre ; Bulletin général de thérapeutique, 30 novembre, etc.
Enfin, M. Lépine vient de faire paraître dans la Semaine médicale du 21 novembre, un article sur les nouveaux médicaments hypnotiques, méthylal, hydrate d’amylène, sulfonal ; mais il y a là très peu de chose, et l’auteur ne fait guère que résumer les opinions des auteurs qui ont écrit avant lui sur cette matière.
L — Sur les animaux
ee quoique prises sur un ot . ns pourront | paraître incomplètes ; mais il nous aurait fallu trop de t Tps
ne pour interroger toute la série animale, et d’ ailleurs un pareil
travail aurait été au-dessus de nos moyens. Les animaux que
nous avons mis à contribution sont le chien, le chat, Je lapin
et le singe, et voici ce que nous avons pu observer.
Phénnent ue — Le un F als suivant la dose administrée, mais qui dépasse rarement l'intervalle d'une heure et demie, apparaissent les premiers symptômes, : 5 consistant en manifestations absolument semblables à celles ee de l'ivresse, titubation et difficulté à à conserver l'équilibre. Ces “e troubles sont d’abord surtout marqués dans le train postérieur,
mais ne tardent pas à gagner aussi les membres antérieurs. L'animal a une démarche chancelante tout à à fait caractéristique ; ses mouvements ne sont plus aussi sûrs et aussi précis qu'auparavant, il marche maladroitement, et l’on dirait qu'il a de la peine à garder la station debout. M. Kast a cru recon-
| — 19 — naître là une véritable ataxie locomotrice ; pour nous, nous ne pouvons attribuer tous ces symptômes qu’à de l'ivresse.
Nous avons, en effet, pu nous convaincre qu’il n’existait pas du tout d’incoordination, avec perte de sensation dé contact, mais un certain degré de parésie, qui fait que les animaux deviennent moins maîtres de leurs mouvements. Jusque-là point de sommeil ; l'animal est légèrement ivre, mais pas plus.
Les symptômes du début vont toujours s’accentuant de plus en plus, si la dose a été assez forte ; l'ivresse est bientôt au complet, et l'animal en arrive à ne plus pouvoir se tenir debout. S'il essaie de marcher, il butte contre les obstacles de son entourage, ou bien il tomhe à terre, sans avoir la force de se relever. Ordinairement alors il se couche et s’endort d’un sommeil profond, dont on a de la peine à le faire sortir. Ce sommeil, tout à fait semblable au sommeil naturel, sauf quelques tremblements légers, dure plus où moins longtemps. Le rhythme respiratoire, les battements cardiaques, la température, ne subissent aucun changement.
Si la dose administrée est suffisante pour tuer l'animal, apparaissent les signes d’intoxication, se traduisant par des phénomènes convulsifs et des contractures qui font horriblement souffrir l'animal, et aboutissent enfin à une stupeur profonde, au coma et à la mort.
Tels sont, en résumé, les effets physiologiques que nous avons observés sur les animaux soumis à nos expériences ; ils sont absolument conformes à ceux décrits par les auteurs allemands. Mais hâtons-nous de dire que le tableau complet que nous venons de tracer ne se réalise point dans chaque cas; car sur beaucoup d'animaux, il nous à été impossible de constater le.moindre effet hypnotique.
Un fait intéressant que nous avons remarqué dans le cours de nos observations, c’est que tous les animaux ne réagissent pas de la même manière à l’action du sulfonal. Aïnsi, les chiens
dan
— 20 —: | vigoureux se montrent assez réfractaires à ce médicament, et ce n’est qu'à de fortes doses (4 grammes pour les chiens de haute taille, 2 grammes pour ceux de petite taille) qu’on arrive à obtenir des effets parfaitement nets. Les chats se sont montrés beaucoup plus sensibles ; même à doses faibles (40 à 50 centigrammes), onarrive à les plonger dans un état de torpeur et d’engourdissement qui persiste pendant des jours entiers. Le lapin s’est montré très réfractaire ; quant au singe, il l’a été beaucoup moins. ;
Une autre particularité aussi très digne de remarque, et que nous n'avons trouvée signalée nulle part, c’est que les animaux jeunes sont rapidement intoxiqués par le diéthylsufondiméthyméthan. Cela doit nous engager à étre extrémement prudents dans ladministration de cette substance aux jeunes enfants.
Ce qui fait la grande supériorité du sulfonal sur les autres hypnotiques connus, disent les auteurs allemands, c’est que, maloré son usage prolongé, il ne s'établit point de l’accoutumance. Eh bien ! s’il faut conclure des animaux à l’homme, ce qui paraît très rationnel dans le cas présent, notre observation personnelle nous permet de réfuter entièrement cette assertion. Le sulfonal, administré pendant longtemps et à doses progressives, en arrive à être toléré par l'organisme et à ne plus rien produire. (Voir observ. [, p. 24). |
Quant à la nutrition et à l’état général, ils ne paraissent en rien influencés chez les animaux, malgré des doses de sulfonal assez considérables et répétées pendant longtemps.
Action sur le système vasculaire. — Chez les animaux, même après l'administration de doses très fortes, dit M. Kast, on n'observe point de diminution dans la pression sanguine. M. le professeur Mairet a bien voulu se rendre compte avec nous de la vérité de cette assertion, et c’est grâce à son habileté opé-
OA
ratoire et à la précision qu’il met dans toutes ses recherches,
que nous avons pu faire des expériencés absolument concluantes.
Sur un jeune chien du poids de 12 kilogr., M. Mairet a mis l'artère fémorale à nu, et au moyen de l’hémomanomètre de Marey, nous avons d’abord mesuré la pression sanguine à l’état normal ; elle était de 150 à 160 millimètres de mercure; en même temps, un appareil enregistreur adapté à l'instrument nous donnait le tracé des oscillations systoliques. Après cette première et nécessaire constatation, nous administrons au même chien 3 grammes de sulfonal, c’est-à-dire une dose assez forte pour amener chez lui des effets très intenses et même des phénomènes d'intoxication.
Une heure après l'administration du médicament, M. Mairet met à nu l'autre fémorale. La pression sanguine n’est pas du : tout modifiée , elle reste toujours entre 150 et 160, et le tracé des oscillations ne diffère en rien du premier.
Deux heures après nous recommençons encore la même expérience et la pression n’a pas du tout varié, de même que le tracé du pouls systolique. | ù
Enfin nous faisons une troisième épreuve, trois heures après le moment d'administration du sulfonal, et cette fois encore la pression sanguine se maintient toujours à la même hauteur.
Ces quatre opérations successives ont marché d’une façon parfaite ; nous sommes donc en droit d'affirmer, avec M. Kast, que le sulfonal, même à doses très fortes, n’influence nullement la pression du sang, ce qui constitue réellement un avantage très considérable sur les autres hypnotiques employés en médecine, et en particulier sur le chloral, dont on connait la fâcheuse influence sur l'organe central de la circulation.
Nous avons d'autre part, dans plusieurs de nos expériences, recherché s’il ne survenait point du côté du pouls et de la tem-
pérature quelque modification ; mais nous n’avons absolument rien trouvé de particulier.
Action sur le tube digestif. — Pas la moindre trace d’action irritante locale ; le médicament a été toujours admirablement toléré. Dans une autopsie pratiquée sur un chien empoisonné, et dont l'estomac contenait encore une certaine quantité de sulfonal en poudre, mélangé aux aliments, nous avons trouvé la. muqueuse gastrique et la muqueuse: intestinale absolument intactes.
M. Cramer (de Fribourg) a fait en outre des études comparatives sur l'influence qu'exercent divers soporifiques, tels que le chloral, la paraldéhyde, l’hydrate d’amylène et le sulfonal sur les propriétés saccharifiantes de la: salive et sur l’activité digestive du suc gastrique et du suc pancréatique. Le sulfonal n’exerce, d’après lui, aucune‘influence sur ces fonctions digestives, alors que les autres hypnotiques mentionnés les ralentissent notablement ou même Jes suspendent complètement.
Action sur la sécrétion urinaire. — Chez les animaux que nous avons observés, et en particulier sur les chiens, la sécrétion urinaire n’a pas semblé subir de modification très notable. L’urine excrétée était claire, limpide, sans-odeur etne contenait ni albumine ni sucre.
Mais, dans les autopsies que nous avons faites, nous avons pu constater que le sulfonal, en s’éliminant, exerce sur le rein une action irritante très marquée. La substance corticale surtout était fortement hypérémiée, et si nous avions eu recours à l'examen microscopique nous aurions probablement trouvé quelque altération du côté des épithéliums tubulaires.
Action sur le système nerveux. — Ceci nous amène fatalement à parler du mode d’action du sulfonal dans l'organisme. M. Kast