INTRODUCTION
L'intérêt que présentent les fractures de la rotule ne vient pas de leur fréquence ; elles sont effectivement rares : ainsi Maleaigne, rassemblant les fractures observées à l'Hôtel- Dieu de Paris pendant une période de onze années, arrive à un total de 2,238 cas, sur lesquels on trouve seulement 45 fractures de la rotule ; d'après cette statistique, la proporüon de ces fractures à celles des autres os ne serait que de 4 pour 50. D'autre part, d'après M. Le Coin, la moyenne des fractures de la rotule, observées à l'asile de Vincennes pendant les dix premières années de son existence, ne serait que de 4,10 pour 100 autres fractures du membre inférieur.
Cette rareté explique pourquoi elles ont échappé à l'observation des premiers médecins : Hippocrate et Galien n'en parlent pas; Paul d'Egine eut l'occasion d'en voir, mais il les tenait pour très rares ; de même Albucasis, Avicenne, Guy de Chauliac. Mais, si elles sont rares, en revanche, leurs divers modes de production, les complications qui
peuvent les accompagner, les troubles fonctionnels qui les
DO te
suivent si souvent, et par dessus tout la grande difficulté de leur traitement, nous disent pourquoi elles ont tant préoccupé les chirurgiens qui ont eu l’occasion d'en soigner ; pourquoi nous trouvons tant d'appareils, de traitements variés, différant pour ainsi dire, suivant chaque cas et suivant chaque chirurgien. Loin de montrer la richesse de la thérapeutique dirigée contre ces traumatismes, cette abondance d'appareils et de méthodes ne fait que prouver la peine qu'ont les praticiens de guérir ces fractures.
Notre intention n'est pas d'étudier d'une façon com-
plète toute la question si vaste des fractures de la rotule.
Cette tâche serait au-dessus de nos forces et celle que nous nous sommes imposée est plus modeste ; nous voulons étudier les résultats que donnent dans le traitement des fractures transversales de la rotule, la suture osseuse et la
ponction de l’épanchement articulaire qui les accompagne.
Avant d'aborder ces deux méthodes, noustàcherons de résumer les principales causes qui rendent si difficile le traitement des fractures transversales de la rotule. Notre travail sera donc divisé en deux parties : la première, dans laquelle nous étudierons les écueils que le chirurgien a à éviter dans le traitement de ces fractures et les causes qui s'opposent à leur guérison normale ; la seconde partie comprendra trois chapitres : le premier sur la suture; le second sur la ponction, que nous avons vu pratiquer dans le service de M. le professeur Feydenreich; le troi-