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ALIMENTS ET REPAS

C... part pour la mine à quatre heures et demie du matin et ne revient qu*à trois heures et demie du soir. En se levant, il prend quelquefois un verre de vin; à huit heures et demie, on lui porte la soupe, qu'il mange chaude, dans son chantier; à onze heures et demie, il mange un morceau de pain et du fromage, ou du lard, ou des fruits. Dans la mine, il boit un demi-litre de vin.

Vers cinq heures du soir, on fait à la maison un repas commun, qui se compose d'une soupe au lard et de légumes, du vin pour les hommes seulement ; la femme et les filles n'en boivent jamais.

Mais souvent le mari, pressé d'aller aux champs, n'attend point le retour de ses enfants ; il dine à la hâte et va travailler.

Les filles mangent la soupe avant d'aller en classe ; l'école étant trop éloignée pour qu'elles puissent revenir à la maison entre deux classes, elles emportent du pain et du fromage pour dîner pendant la récréation.

On ne mange presque jamais de viande de boucherie à cause de son prix élevé. Huit ou dix fois par an, aux jours de grande fête, on achète une livre et demie de bœuf, dont on fait du bouillon.

10^ HABITATION, MOBILIEB, VÊTEMENTS

Dans les premières années de son mariage, C... habitait dans une chambre unique, carrée, de 5 m. 30 de côté et de

2 m. 30 de hauteur.

Aujourd'hui son logement se compose de deux pièces, l'une de 4 m. 60sur3m. 50 et 2 m. 75 de hauteur, servant de* cuisine et de chambre à coucher des parents ; l'autre, de

3 m. 50 sur 2 mètres, renferme deux lits pour les enfant^. Il dispose en outre d'un appentis pour les animaux

qu'on élève, d'un four à cuire le pain, d'une cave et d'un grenier.

La maison est jsur un chemin. Derrière se trouve le jardin, qui a 1 000 mètres carrés, et le puits.

C... pourrait se loger beaucoup mieux dans leslogcments qui lui appartiennent ; mais il préfère être à l'étroit et louer ses autres chambres pour avoir un plus fort revenu. Il a des terrains à payer.

Acheter des terrains, tel est le seul désir, le seul luxe de la famille. Tout confortable est rigoureusement banni ; la propreté même du foyer est négligée; cependant les meubles qui ont quelque valeur, le lit^Tarmoire, Thorloge, sont bien soignés et reluisent.

La ménagère montre avec quelque orgueil son linge bien rangé dans Tarmoire. C'est elle qui Ta filé.

il* RÉCRÉATIONS

Le soir, après souper, G... fume une pipe de tabac, puis s*en va travailler au jardin. Ce travail est sa grande distraction.

Le dimanche, après la messe du matin, il s'occupe encore de son jardin, excepté les jours de grande fêle. Ces jours-là, pendant que la femme et les enfants sont h vêpres, il boit ordinairement quelques bouteilles, chez lui, avec les voisins.

Il va très rarement au cabaret; cependant il subit quelquefois un usage ancien et encore répandu parmi les mineurs, qui se rendent par brigades (association de quatre ouvriers) au cabaret, le jour de la paye. La paye ayant lieu une fois par mois, h la fin de la journée, avant de rentrer chez eux, ils vont en ville, se font servir un plat de viande et du vin ; ils dépensent chacun de ^ à 30 sous.

Les frais de tabac et de cabaret de G... ne dépassent pas 5 francs par mois.

Histoire de la famille

12° PHASES PRINCIPALES DE l'eXISTëNCK

Le père et le grand-père de G... G... étaient cultivateurs-

métayers dans les environs de Commentry; ils eurent beaucoup d'enfants et n'amassèrent rien.

En 1848, le père de G... quitta l'agriculture et vint s'établir à Commentry pour travailler à la mine. Il avait sept enfants, trois garçons et quatre filles; les deux fils aînés travaillèrent avec le père.

Aujourd'hui, le frère aîné de G... est mineur; il a quatre enfants, dont l'un est employé-comptable à la mine. Sachant lui-môme un peu lire et écrire, il a soigné l'instruction de ses enfants. Il possède une maison et i 400 mètres carrés de terrain.

Le second frère a contracté au service militaire une maladie dont il est mort, après avoir été longtemps à la charge de sa famille.

Deux des sœurs sont mortes avant de se marier.

La troisième est femme d'un mineur ; elle a quatre enfants et a acquis une maison et un jardin.

La quatrième est aussi mariée à un mineur ; elle a eu neuf enfants; sept sont vivants. Outre les charges d'une nombreuse famille, la maladie, le manque d'ordre de la femme et l'intempérance du mari ont fait de ce ménage un des plus malheureux du pays.

Les parents de la femme G... G... étaient meuniers aux environs de Montmarault. Ils ont eu cinq enfants. Il gardèrent avec eux leur fille Marie jusqu'à l'âge de quatorze ans ; puis ils la louèrent comme domestique d'auberge, pendant quatre ans; elle resta ensuite cinq ans chez ses parents, et elle venait de se louer encore comme domestique d'hôtel lorsqu'elle se maria à l'âge de vingt-trois ans. Ses frères et ses sœurs sont dans la position d'ouvriers aisés.

Au moment de leur mariage, G... G... et Marie M... ne possédait rien que leurs vêtements et un lit. Ils empruntèrent 300 francs pour acheter quelques meubles.

Au bout de deux ans, ces 300 francs étaient remboursés et le jeune ménage avait 100 francs à placer.

Les premières économies de G... furent prêtées à des camarades, sans billets. Il n'a jamais eu h regretter d'avoir

mis sa confiance en ses camarades, et plus tard, lorsqu'il eut besoin d'ar^nt, il trouva à emprunter avec la plus grande facilité.

En 1866, sept ans après son mariage. G... achetait un terrain de 3 578 mètres carres au prix de 1 030 francs qu'il payait comptant, et il se mettait aussitôt à faire construire une maison à deux logements d'ouvriers qui lui coûta 3 500 francs": cette somme fut empruntée à plusieurs camarades. Dans leur ardent désir d'être logés chez eux, beaucoup de mineurs n'hésitent pas à faire comnae C... : ils bâtissent sans avoir aucune avance, pourvu que le terrain leur appartienne ; quelques-uns n'attendent pas même d'avoir payé le terrain.

En 1871 , l'emprunt de 3 500 francs était remboursé. Au commencement de 1875, €... disposait de 1 500 francs. Il bâtit deux nouveaux logements contigus au premier, qui . lui coûtèrent 2 200 francs.

Dans le mois de juillet de la même année, une vente de terrains a lieu à peu de distance de chez lui ; il veut profiter de Toccasion, achète pour 3 000 francs, payables en quatre années, un champ de 4 800 mètres carrés, et paye le premier terme, le 11 novembre.

Aujourd'hui, il doit encore : aux maçons, 250 francs ; h, la mine, un emprunt de 200 francs qu'il a fait podr payer le premier terme du prix de son champ, et les trois autres termes. Ces dettes le préoccupent sans l'inquiéter.

13° Moeurs et institutions assurant le bien-être physique et moral de la famille

Les économies faites, les habitudes de travail et de sobriété de la famille C... la garantissent contre la misère.

Elle trouve, dans les établissements fondés et entretenus par la mine, une bonne instruction primaire et gratuite pour les enfants, et des secours médicaux et pharmaceutiques, gratuits aussi en cas de maladie. En cas de blessures, la Compagnie donne aussi des secours.

14^ Nous pouvons maintenant faire l'inventaire de la famille C... Nous verrons ensuite son budget.

Art !•'. — Propriétés immobilières

Un corps de bâtiments comprenant quatre logements d'ouvriers,

ayant coûté 6,000' »

Un jardin attenant à la maison, d'une superûcie de * 3,578 métrés carrés, pour l'usage des quatre logements, ayant coûté 1,030 »

Quatre petites écuries attenant à la maison. . . . 400»

Un puits à Tusage des quatre logements iOO »

Un champ de 4,800 mètres carrés, ayant coûté. . . 3,000 »

Total 10,530 «

Art. 2. — Valeurs mobilières

Trois lits, dont un en noyer pour le père et la mère, et deuxlits d'enfants, comprenant chacun une couche en plumes d'oie, une paillasse et les couvertures, estimés ensemble. 700'» \

6 chaises 8 50

1 armoire en noyer 80 » J

1 horloge. 50 » f

1 table 10 » ? ^^^^^

• 1 arche, coffre pour le pain et la farine . . 16 » \

1 placard 6 »

Malles et boites en bois 10 j»

Linge de ménage.

60 draps de lit en forte toile de chanvre, en grande i

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