‹ Étude sur les affections articulairesChapitre 22 sur 29 · DEUXIÈME FORME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FORME

Localisation mono-articulaire .

Tantôt c’est après la persistance d’un écoulement vaginal, uréthral de trois à quatre mois de durée que la manifestation a lieu ; tantôt après quinze jours seulement (voy. obs. Voisin).

Puis, au moment où les douleurs apparaissent, se produit un peu de fièvre.

Exemple : obs. S. P..., où la température s’élève à 39°.

Le plus souvent, il existe un peu de mouvement fébrile avec oscillations diurnes (obs. D..., le 19 févr. matin, 37°, 8; le soir, 38°, 2).

Mais quand le processus est sur le point de se terminer, la température tombe à 37°, 4, 37°, 3.

Alors même que la chaleur est tombée, les douleurs continuent souvent quelque temps après ; elles n’ont plus le même caractère, elles sont sourdes, peu vives.

Le pouls suit la marche de la température ; il offre des maxima à 100 ; des minima à 70.

Ce sont surtout les genoux, l’articulation sterno-claviculaire, le poignet, qui deviennent malades.

La localisation se fait d’une manière subaiguë; il se produit du gonflement, de l’hydarthrose (exemple : D...): c’est même là une variété classique bien connue.

La tuméfaction est quelquefois un peu œdémateuse, avec un certain degré de tension. La douleur est modérée.

Obs. IV. — Blennorrhagie. — Arthrite du genou droit, sa persistance pendant plus de trois mois et demi.

Le nommé Louis- Victor V..., âgé de vingt ans, est entré le 24 avril 1 869 à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Augustin, n° 22.

Ce jeune homme raconte qu’il était habituellement d’une bonne santé; il aurait eu une fluxion de poitrine à l’âge de dix ans, mais il s’était bien rétabli.

Il y a quatre mois, ses jointures sont devenues rouges, tuméfiées et douloureuses , ce qui nécessite son séjour au lit pendant deux mois. Au bout de ce temps, il ne ressentait que quelques douleurs vagues, et pouvait se lever, se promener, son état étant des plus satisfaisants ; quand, quelques jours plus tard, il eut des rapports avec une femme; cinq jours après, il fut pris d’une blennorrhagie intense, avec douleurs vives en urinant et léger mouvement fébrile.

Pour tout traitement, il prit des bains d’amidon.

Au bout de quinze jours, à son réveil, il fut tout étonné deressentir une douleur vive dans le genou droit; il ne pouvait marcher cette articulation était gonflée, très-douloureuse à la pression ; impossibilité de se lever.

20 sangsues furent appliquées, et pendant un mois on eut recours à des applications répétées de vésicatoires et de teinture d’iode.

A plusieurs reprises, le genou a été immobilisé à l’aide d’un appareil dextriné.

Aujourd’hui 24 avril, il entre à l’hôpital pour son écoulement, qui persiste encore.

Au dire du malade, le genou a beaucoup diminué de volume; cependant il existe encore une certaine roideur articulaire, qui le force à boiter, quand il marche.

Après trois semaines de séjour à l’hôpital, son écoulement avait cessé, mais son arthrite, bien qu’elle fût en voie de résolution, n’était pas encore guérie : il existait encore un peu de gêne dans les mouvements.

Longtemps après, il existait encore de la roideur dans les mouvements de la jointure.

Obs. V. — Vaginite. — Arthrite du poignet gauche.

La nommée Hilaire D..., trente-deux ans, lingère, est entrée le 18 février à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Adélaïde, n° G.

Il y a trois semaines, elle a lavé, bien qu’elle eût ses règles. Le

lendemain, elle a ressenti des douleurs dans le poignet gauche; la main s’est tuméfiée un peu. Au moment de ses règles, elle avait des pertes blanches qui, cette fois-ci, ont persisté davantage; en outre, huit jours avant de souffrir de la main, elle avait une tuméfaction telle des parties génitales , surtout des grandes lèvres, qu’elle croyait à une descente de matrice. Elle urine bien et comme d’habitude.

18 février soir, P. 100, T. 38», 2. Rien au cœur, si ce n’est un prolongement du premier temps.

État actuel. — Toutes les saillies et toutes les dépressions du poignet gauche ont complètement disparu; il y a une tuméfaction avec engorgement, en un mot, un aspect qui rappelle celui de certaines tumeurs blanches au début ; le gonflement est surtout apparent à la région dorsale du poignet et de la main. Les mouvements spontanés et provoqués sont douloureux; en même temps que ces parties sont le siège de sensations douloureuses avec élancements de temps à autre.

19 février. — P. 96, T. R. 37°, 8. A l’examen au spéculum, on constate du pus dans l’urèthre du pus verdâtre dans le vagin, qui est rouge, vascularisé, le coi est granuleux.

Soir, P. 112, T. 38°,2.

20 février. — P. 76, T. R. 37°, 5. Gonflement inflammatoire des parties génitales externes.

21 février. — P. 64; T. R. 37°. Sommeil dans la nuit.

Cette observation nous offre une arthrite sans fièvre, sans sueurs, sans état général fébrile. Ce fait ne peut donc être confondu avec le rhumatisme articulaire aigu. Le siège de prédilection est, chez la femme, le poignet et le carpe, chez l’homme c’est le genou.

22 février. — P. 80, T. Y. 37°,7. Nuit bonne. Le poignet est moins douloureux, la leucorrhée a diminué. Constipation depuis quatre jours; la tuméfaction des organes génitaux externes a disparu.

24. — P. 68, T. 37°,4. Poignet peu douloureux. L’écoulement diminue toujours.

25 février. — P. 60, T. 37°, 3. On lui fait plusieurs applications de vésicatoire; puis, en dernier lieu, on lui met un appareil inamovible.

La malade sort dans les premiers jours de mars, mais elle revient à la consultation.

Après plusieurs applications de teinture d’iode et d’appareil , la malade peut exécuter sans douleurs des mouvements assez étendus après un mois et demi de traitement.

Obs. VI. — Blennorrhagie. — Arthrite du genou gauche.

Le nommé B..., graveur, âgé de vingt-trois ans, est entré, le 3 mai 1869, à la salle Saint-Augustin.

Pas d’antécédents rhumatismaux ni scrofuleux dans sa famille; n’a jamais eu de douleurs articulaires, ne s’est exposé ni au froid ni à l’humidité.

Il a toujours eu une bonne santé. A la suite d’un coït suspect, il eut un écoulement uréthral, qui persiste depuis deux mois ; puis au bout de trois semaines sont survenues des végétations assez nombreuses.

Malgré cela il pouvait travailler et marcher.

Hier il a été pris de fièvre et d’une douleur vive dans le genou gauche , qui est devenu volumineux rapidement.

3 mai. Soir. — P. 100, T. R. 39. Son articulation fémoro tibiale gauche est douloureuse, un peu chaude; on y perçoit le choc rotulien ; il y a un épanchement très-notable ; à peine s’il existe une légère douleur à la main, du même côté, et à l’épaude droite.

4. — P. 84, T. 38°, 8. La douleur de la jointure est moins vive. L’écoulement uréthral est à peine marqué. Copahu et cubèbe. Injection Ricord.

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