‹ Étude sur les affections articulairesChapitre 24 sur 29 · TROISIÈME FORME · texte numérisé non relu

TROISIÈME FORME

Arthropathie blennorrhagique avec érythème noueux.

Ici encore, il faut un certain temps, après le début de la blennorrhagie, pour que l’arthropathie et l’érythème noueux apparaissent.

Mais, au début de ces phénomènes qui se montrent, à peu de distance l'un de Fautre, il se produit un mouvement fébrile très-net . Ainsi dans l’observation T..., au début, on avait pu penser un instant à une fièvre continue, supposition qui dut être abandonnée lors de l’apparition des douleurs. Nous voyons, en effet, le 8 février soir, la température rectale monter à 39°, 5; le lendemain, elle était à 38°, 8; le soir à 39°, 7.

Le 10 février, 38°,6; le soir, 39°,6. Les jours suivants, la température reste toujours élevée. On remarquera les oscillations vespérines, qui sont très-accusées.

Le pouls est en désaccord avec la température; il accuse mal le mouvement fébrile.

Le 20 février soir, le pouls est à 54 et la température à 38°, 9.

A la fin, la température tombe à 37°, 5.

Ici, le pouls marque mieux les oscillations diurnes que la température. Aussi le 9 mars matin, la température est à 37°, 4, tandis que le pouls est à 68, et le soir, la température à 37°, 5, le pouls à 82. Il peut se faire plusieurs poussées d’érythème.

Les douleurs et l’érythème sont toujours d’une longue durée; elles peuvent persister pendant un mois et demi; c'est là un point capital pour le pronostic.

L’érythème noueux siège le plus souvent sur les membres inférieurs, quelquefois sur les régions fessières; tantôt il se montre avant les douleurs articulaires, tantôt en même temps, rarement après.

Dans certains cas, il n’existe que de la ténosite; qu’il ne faut point prendre pour de vraies douleurs des jointures.

Quelquefois aussi, l’érithème noueux coexiste avec des arthrites multiples.

Obs. VII. — Blennorrhagie. — Arthropathies. — Érythème noueux.

Le nommé Benjamin H..., vingt-deux ans, est entré, le 1 1 octobre 1808, à l’hèpital Saint-Antoine, salle Saint-Augustin, n° 7.

Ce jeune homme est natif de Bordeaux, il est à Paris depuis un mois et demi; n’a point de rhumatisme dans sa famille, n’a jamais eu d’autre maladie qu’une blennorrhagie il y a sept ou huit mois : l’écoulement durait encore lorsqu’il est arrivé à Paris, avait disparu il y a un mois, quand, dans ces derniers temps, il s’est aperçu de quelques gouttes s'échappant par le canal de l’urèthre. Dans ses cheveux on trouve du pityriasis, qu’il dit avoir habituellement. 11 y a une dizaine de jours qu’il s’est senti un peu mal à l’aise, et six jours, sans être refroidi, qu’il souffre des articulations des mains et des poignets, et depuis trois jours, il lui est survenu, aux genoux et aux coudes, un érythème noueux très-franc, rouge, à grosses papules, élevées et saillantes. Avant de venir à l’hôpital, il prit du calomel, qui n’a pas été suivi de résultat, et un vomitif, qui lui a fait rendre de la bile. On ne lui donne ni copahu ni cubèbe.

11 octobre soir. — P. 76, T. R. 38°.

12. — P. 68, T. R. 37°, 6. On remarque aussi sur les fesses de l’érythème. Il a vomi hier encore. Rien au cœur.

13. — P. matin 114, soir 88; T. R. matin 37°, 7 soir 38°, 1. Douleurs dans les épaules. Celle des poignets a diminué; douleur abdominale, selles sanguinolentes ; rien au cœur ; urine difficilement. Le soir, la douleur du ventre a un peu diminué, et il raconte que, s’étant souvent exposé au froid et au chaud, il souffrait depuis un an des épaules quand le temps voulait changer.

14. — P. matin 84, P. soir 104; T. R. matin 37°,6, soir 38°; les Couleurs articulaires paraissent moins vives, pas dégonflement; ventre un peu tendu, toujours douloureux, vomit tout ce qu’il prend; cinq à six garde-robes sanguinolentes; l’érythème existe toujours.

15. — P. matin 88, soir 100; T. R. 38°, 5. L’érythème tend à disparaître aux fesses; souffre un peu moins du ventre, cependant cette douleur l’empêche de dormir la nuit; dix selles aujourd’hui, séreuses, aqueuses, fétides; ne sue point : transpire naturellement des pieds.

16. — P. matin 92, soir 112; T. R. 37°, 8, soir 38°, 6; légère épistaxis; douleurs abdominales, six à sept selles jaunâtres. Soir, transpire depuis qu’il a pris un bouillon; souffre toujours du ventre, davantage dans les épaules, les coudes et les genoux. Quatre à cinq selles depuis ce matin.

17. — P. 100, T. R. 37°, 6. Souffre encore des épaules; l'érythème tend à disparaître.

Soir : P. 92, T. R. 38°, 8. Souffre davantage aux épaules, aux coudes, aux poignets, aux genoux et aux chevilles. Les douleurs abdominales persistent.

18. — P. 90, T. R. 37°,5. Les douleurs ne sont pas très-vives.

Soir, P. 100, T. R. 38°, 5. Souffre toujours autant.

19. — p. 84, T. R. 37°,6. L’apparence érythémateuse des jointures se dissipe. Toujours de la difficulté à remuer les bras, les sueurs persistent. Etat général meilleur.

Soir, P. 116, T. R. 38°, 8. Epistaxis légère. Ne souffre pas davantage; le ventre est toujours douloureux.

20. — P. 82, T. 36°, 9; souffre toujours du ventre, mais moins dans une jambe.

Soir, P. 108, T. 37°, 6. Un peu de sueur.

31. — P. 76, T. 36°, 6. Douleurs dans les articulations du bras gauche. Sueurs la nuit; l’érythème a presque complètement disparu.

Soir, P. 108, T. 38°.

22. — P. 82. T. 36°, 9. Le premier temps du cœur est un peu soufflant.

Soir, P. 116, T. 37°, 7.

Exeat le 3 décembre à Vincennes.

Enfin nous signalerons comme une manifestation de l'écoulement spécifique de l’urèthre, la ténalgie avec ou sans érithème noueux.

Ténalgie blennorrhagique.

L’époque oü elle apparaît est variable ; il semble néanmoins qu’il faille un certain temps pour que la maladie uréthrale arrive à l’état de maladie générale.

Ce laps de temps n’est pas considérable; après quinze jours à trois semaines elle peut avoir son déterminisme, ses localisations multiples.

A cette époque, les malades éprouvent des sensations douloureuses vers les attaches de certains tendons, par exemple, du biceps brachial (insertion inférieure) ou du triceps sural (insertion inférieure), ou bien encore du tendon rotulien. Certaines douleurs du talon ne tiennent pas à une autre cause.

Dans le premier cas, il se produit une douleur à la partie

antérieure de rarticulationhuméro-cubitale, douleur qui s’exaspère parla pression, et dans les mouvements de l’avant-bras sur le bras.

Elles n’appartiennent pas à Particle; car, en quelque autre endroit articulaire que l’on presse, on ne produit point de sensations pénibles; il semble que le malade ne souffre qu’au point d’insertion de ces tendons. Il ne faut donc point confondre la ténalgie blennorrhagique avec la ténosite ordinaire.

En voici un exemple remarquable :

Obs. VIII. — Blennorrhagie . — Ténalgies. — Érythème noueux .

Le nommé Albert P..., âgé de dix-neuf ans, est entré, le 9 février 1869, à l’hôpital Saint- Antoine, salle Saint-Augustin, n° 6.

Ce jeune homme raconte qu’il est atteint d’une blennorrhagie contractée il y a quinze jours. Aucun antécédent ni rhumatismal ni goutteux dans sa famille; n’a jamais eu d’éruptions cutanées.

Le 3 février, il a de l’insomnie avec un peu d’agitation, de la diarrhée; pas d’épistaxis; pas de douleurs articulaires; quand il est debout, il est faible; la langue est un peu rouge. Deux bains par semaine.

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