P. 76; T. 37°, 8. Le genou est dans le même état
Soir. P. 84; T. 39°. Nouveau frisson de trois quarts d’heure.
Soir. P. 84; T. 39°, 1. Le genou a un peu diminué; il mesure 33 centimètres. Aucune douleur abdominale.
Soir. P. 76; T. 38", 7.
23 juin. P. 67; T. 36°, 7. Badigeonnage à la leintnre d’iode sur le genou.
Depuis cette époque jusqu’au 15 juillet, elle a eu des oscillations très-fortes le soir, s’accompagnant quelquefois d’une légère sensation de froid et d’un peu de métrorrhagie.
Le 13 juillet, la malade est encore dans les salles, a beaucoup maigri; mais l’appétit et les forces reviennent ainsi que le sommeil. Elle est en pleine convalescence.
J’ai rapporté ici cette observation , parce que l'arthrite est survenue pendant la période aiguë du puerpérisme,
bien que l’infection puerpérale ait pris ici une marche chronique.
On voit, dans ce cas, que Y état général a néanmoins précéd la localisation articulaire; d’ailleurs, ce qui prouve bien que l’état fébrile et la lésion articulaire sont indépendants, c’est la persistance du premier, après la guérison complète de la seconde. Donc, chez les femmes récemment accouchées, ;1 y a autre chose qu’une arthrite pure et simple.
Il est impossible encore de nommer cette localisation un rhumatisme ; je veux bien qu’il y ait dans celui-ci un mouvement fébrile qui précède l’arthrite ; mais celle-ci terminée, la lièvre ne ressemble pas à celle qui a existé chez cette malade ; d’ailleurs, une seule jointure a été prise, et il n’y a pas eu d’endocardite nette, car le léger souffle s’explique trèsbien par l’anémie.
Peut-on admettre une pyohémie consécutive à une phlébite des sinus ou des veines du bassin? Je ne le crois pas; je sais bien qu’il y a eu ici des frissons à plusieurs reprises, mais l’infection purulente est tellement grave dans les cas de puerpérisme, qu’il n’existe pas dans la science, du moins à ma connaissance, un seul cas probant qui ait guéri. Dans ces cas à marche lente, au contraire, la guérison est la règle et la mort l’exception.
Nous ferons remarquer également que l’infection puerpérale s’est développée, malgré les injections intra-utérines phéniquées et alcoolisées qui avaient été faites dès le premier jour de l’accouchement.
Obs. V. — La nommée Croizé (Marie), âgée de 22 ans, blanchis* seuse, primipare, est entrée, le 9 juillet 1870, à l’hôpital de la Pitié, salle Notre-Dame, service do M. le Dr Molland.
Elle est accouchée, le 9 juillet, à quatre heures du soir, d’un enfant à terme et bien portant. Elle n’a jamais eu de rhumatisme et n’a pas d’antécédents de cette nature dans sa famille; a toujours joui d’une bonne santé; jamais de syphilis, jamais de scrofule. N’a jamais eu de maladies du cuir chevelu, ni do la face, ni de la gorge.
9 juillet, soir. P. G8; T. V. 38°.
10 juillet. P. 64; T. V. 37°,8.
Soir. P. 74; T. V. 38°, 6.
IL P. 76; 1. V. 38°, d. Dans la journée, elle a éprouvé tout à coup dans les deux membres supérieurs des douleurs articulaires
vives sans gonflement, sans rougeur des jointures : ce sont les petites articulations des doigts qui ont été prises les premières. La malade a eu des sueurs abondantes.
Soir. P. 80; P. 38°, 8. Persistance des mômes douleurs; aucune douleur hypogastrique.
12 juillet. I*. 92; T. V. 39°. 7. Les articulations n’ont jamais gonllé. On ne déterminait de douleurs à la pression qu’en un seul point des jointures du poignet : c’était sur l’apophyse stvloïde du radius. Ces douleurs occupent les articles du poignet, du coude, de l’épaule, de chaque côté; elles ont débuté en môme temps sur ces jointures et ne changent pas de place. En pressant sur les articulalions, en soulage la malade; les mouvements exaspèrent les douleurs.
Rien dans les autres jointures.
La langue est recouverte d’un léger enduit saburral ; l’appétit est conservé; pas de frissons, pas de diarrhée ni de vomissements, pas de douleur abdominale à la pression. L’utérus s’élève jusqu’à la moitié de la ligne pubio-ombilicale; lochies normales; œdème notable des petites lèvres, avec déchirure latérale supérieure. Sueurs abondantes; diarrhée. Premier bruit du cœur prolongé, arrondi, sans souffle.
Soir. P. 108; T. V. 39°, 4. A mouillé une chemise.
13 juillet. P. 88 ; T. 39°. Petits frissonnements ce matin ; douleur latérale gauche spontanée; rien du côté opposé.
Soir. P. 100; T. 39°, 2. La malade se sent mieux; sueurs abondantes; moins de douleurs à gauche; lochies sanguinolentes. Premier bruit un peu soufflant; teint anémié.
14 juillet. P. 84; T. Y. 38°, ü. Sueurs; l’utérus a beaucoup diminué de volume.
Les douleurs continuent à diminuer progressivement, pour cesser après un assez long temps.
La température, pendant plusieurs jours, augmente le soir; il y a des oscillations considérables.
La malade est guérie à sa sortie.
Signes. — La malade est prise vers le deuxième ou troisième jour, quelquefois le quatrième ou le cinquième, de phénomènes fébriles en général peu intenses, et pour les mesurer, il faut prendre la température vaginale.
Quelquefois cependant le début est marqué par du frisson, des frissonnements plus ou moins intenses; parfois môme la température s’élève à 40°, 5.
Puis alors que l’état infectieux est bien caractérisé, on
voit survenir des douleurs dans les jointures : tantôt ce sont les petites articulations qui sont prises; tantôt c'est une seule ou plusieurs grosses jointures.
Les douleurs vont en augmentant pendant quinze à vingtquatre heures. Ordinairement alors on constate tous les signes d’une phlegmasie articulaire plus ou moins intense.
Les petites jointures sont tuméliées, assez souvent le tégument externe est rouge, d’une couleur érysipélateuse; en pressant, on détermine une douleur vive. Les mouvements spontanés ou provoqués sont douloureux ; les malades mettent les membres dans la flexion.
Quelquefois l’inflammation se propage aux gaines des tendons, et sur leur trajet on aperçoit des traînées rougeâtres un peu tuméfiées et douloureuses à la pression.
Les grosses articulations superficielles sont aussi augmentées de volume. On peut constater qu’il existe un épauchement articulaire. Tantôt la douleur est vive, tantôt elle n’existe qu’en un point, soit à l’insertion d’un tendon, soit vers la partie supérieure d’un cul-de-sac de la synoviale; parfois, il y a une teinte roséolique sur la peau qui recouvre l’article.
Quoi qu’il en soit, le tissu cellulo-adipeux périartieulaire s’enflamme également, aussi la douleur est-elle plus superficielle que celle de l’arthrite rhumatismale.
Lorsque la localisation se produit d’abord sur les petits articles, la lésion peut envahir consécutivement d’autres jointures, mais toujours assez rapidement. Il n’y a rien là qui ressemble aux caractères cliniques des arthrites rhumatismales.
En même temps il peut exister des sueurs, des bruits anémiques, qui pourront en imposer pour des bruits solidiens; d’ailleurs le puerpérisme infectieux peut déterminer également des endocardites passagères ou persistantes.
Comme la malade est infectée, elle est pâle, de telle sorte que l’aspect général peut ressembler à celui d'une rhumatisante; parfois même il existe des sueurs profuses et une miliaire sudorale. Malgré cette marche envahissante, cette sorte de demi-variabilité, les arthrites présentent une physionomie bien spéciale; il n’y a pas de disparition subite des phénomènes locaux. Ils cessent peu à peu en même temps que
d’autres jointures sont prises. Certaines articulations semblent plutôt être le siège de douleurs arthralgiques. Puis, en sept à huit jours, les accidents cessent.
Au contraire, quand une ou deux grosses jointures sont prises, il y a une fixité remarquable. Tantôt la résolution s’opère assez vite, tantôt il y a une tendance à l’ankylose, à la chronicité. Les tissus périarticulaires sont plus ou moins enflammés, ce qui donne au palper la sensation d’empâtement, dégonflement inégal; en même temps les phénomènes fébriles sont irréguliers; surviennent alors de grandes oscillations entre la température du matin et celle du soir. Quelquefois de petits frissonnements se montrent le soir.
En résumé, il existe deux formes cliniques : l’une a beaucoup d’analogie avec un rhumatisme débutant par les petites jointures, puis envahissant d’autres articles.
Dans l’autre, c’est plutôt la forme d’arthrite unique.
Ainsi, voilà des lésions qui se produisent dans le cours d’une maladie infectieuse; elles offrent certains caractères spéciaux. Voulez-vous les rapporter à une autre cause qu’à cette infection ; alors vous entrez dans le champ des hypothèses, vous quittez le conuu pour l’inconnu.
L’expérience nous a tellement bien renseigné sur la nature de ces arthropathies, qu’au moment où nous voyons apparaître des phénomènes fébriles, nous les redoutons, nous les prévoyons.
Chez un rhumatisant qui a une attaque du côté des jointures, nous lui prédisons de nouvelles manifestations dans un temps plus ou moins éloigné.
Il en est tout autrement chez la femme accouchée : une fois la période de convalescence terminée, nous lui disons qu’il n’y a plus rien à craindre. De plus, la clinique nous montre des différences bien nettes entre l’arthrite rhumatismale et l’arthrite puerpérale.
D’ailleurs, s’il était nécessaire d’avoir une preuve de plus pour montrer qu’il ne s’agit pas là de rhumatisme, nous la trouverions dans la pathologie comparée.
En effet, après la parturition, certaines femelles de l’espèce bovine offrent les mêmes arthropathies que celles qui surviennent chez les femelles de l’espèce humaine.
Cette maladie est à peine connue des vétérinaires.
Elle se montre après le part, alors qu’il existe un travail morbide du côté de la muqueuse utérine; en même temps apparaissent des phénomènes fébriles et des lésions articulaires, du malaise, du refus des aliments, de la cessation de la rumination, de la diminution de la sécrétion lactée; la respiration est anxieuse, le poids fréquent et dur.
L’arthrite est caractérisée par une tuméfaction chaude, trèsdouloureuse à la pression; les synoviales sont fortement tendues, et cette tension donne lieu à des tumeurs caractéristiques partout où la laxité de la capsule permet sa dilatation. Presque toujours elle siège aux deux jarrets en même temps, et quelquefois auxdèux boulets postérieurs et même aux antérieurs.
Puis la résolution se fait peu à peu en dix à douze jours.
Est-il besoin de faire ressortir l’analogie qui existe entre ces arthrites et celles que nous venons d’étudier?
Or, dans l’espèce bovine, on ne saurait décrire ces arthropathies comme rhumatismales, puisqu’elles sont toujours engendrées par une sorte d’état infectieux qui se manifeste par des phénomènes fébriles.
Donc, en premier lieu, il ne s’agit pas là des localisations de nature rhumatismale; en second lieu, ces déterminations articulaires appartiennent en propre à la parturition, sont sous sa dépendance directe.
En un mot, le puerpérisme infectieux de l’espèce bovine, comme le puerpérisme de l’espèce humaine, peuvent engendrer des manifestations rhumatoïdes du côté des articulations.
Je remercie beaucoup M. Raillard, vétérinaire très-distingué, à Montargis, d’avoir bien voulu me communiquer quelques mots sur ce sujet.
Il existe chez les femelles de l’espèce bovine une arthrite d’une nature tout à fait spéciale, se manifestant à la suite d’une parturition laborieuse, et. plus particulièrement alors que la délivrance ne s’était pas opérée normalement; le rejet de l’arrière-faix a entraîné un travail morbide de la muqueuse utérine.
Bien qu’assez rare généralement, cette affection se montre plus fréquente à certaines époques, ce qui semble lui donner un caractère épizootique. Ainsi, pendant l’année 1867, sur 12 vaches environ que j’ai soignées par suite de parturi-
tion, 5 ont été affectées de cette arthrite; au printemps de 1 869, j’en ai constaté 4 nouveaux faits ; depuis iors, un seul cas s’est présenté à mon observation.
Cette arthrite présente des caractères sui (jeneris qui la différencient d’une manière très-sensible des affections du même genre qui intéressent les articulations.
Elle attaque toujours les deux jarrets (articulation tibio-tarsienne); quelquefois, mais plus rarement, elle se montre en môme temps aux boulets.
Elle se manifeste soudainement, et pour ainsi dire tout d’une pièce, dans la huitaine qui suit le part. Son invasion coïncide souvent avec un état morbide de l’utérus, état qui ne semble pas modifié par l’apparition de cette affection, et dont le caractère principal consiste dans le rejet, par la vulve, de mucosités purulentes en plus ou moins grande abondance.
Son début est accompagné de signes généraux communs à toutes les plilegmasies aiguës : malaise, refus des aliments, cessation de rumination, diminution très-notable de la sécrétion du lait; respiration anxieuse, pouls fréquent et dur. En même temps que ces signes généraux se manifestent, l’articulation tibio-tarsienne devient le siège d’une tuméfaction chaude, très-douloureuse à la pression. Les synoviales sont fortement tendues, et cette tension donne lieu à des tumeurs caractéristiques partout où la laxité de la capsule permet sa dilatation. Presque toujours, la maladie attaque les deux jarrets à la fois, et simultanément quelquefois les deux boulets postérieurs et môme les antérieurs; mais ceux-ci se trouvent beaucoup plus rarement atteints.
En vingt-quatre à trente-six heures, l’affection parvient à son summum d’intensité. Alors l’animal accuse une souffrance très-vive; il garde, la position décubitale, que souvent on ne peut lui faire quitter qu’en employant des moyens violents. Le pouls est fréquent, l’artère fortement tendue. La région malade est excessivement douloureuse et chaude. La tuméfaction devient diffuse, œdémateuse, et gagne en étendue.
Cet état persiste vingt-quatre à quarante-huit heures; puis les symptômes généraux disparaissent graduellement : l’appétit revient, la rumination réapparaît, la sécrétion laiteuse augmente, la région malade devient moins douloureuse, l’engorgement diminue de volume et d’étendue, le gonflement
des capsules synoviales disparaît. En huit ou douze jours, il y a résolution complète, et la maladie ne laisse aucune trace de son existence.
Comme traitement, j’ai toujours eu recours : à l’extérieur, aux cataplasmes émollients, aux embrocations de pommades belladonées ou opiacées; à l’intérieur, aux tisanes sudorifiques, diurétiques et laxatives.
En résumé, cette arthrite apparaît toujours pendant une certaine disposition de l’organisme qui résulte de la nondélivrance ou d’un part laborieux. Son siège de prédilection est l’articulation tibio-tarsienne; son début est caractérisé par un état fébrile général, et ses symptômes sont ceux d’une violente phlegmasie articulaire. Elle se termine invariablement par une résolution complète.
Les circonstances dans lesquelles elle se produit, son peu de durée, et sa terminaison heureuse dans tous les cas, sont des caractères suffisants pour lui donner une physionomie qui lui est propre.
Il existe parmi les animaux plusieurs autres arthrites diathésiques. Ainsi, chez le cheval, la morve aiguë s’accompagne souvent d’arthrite suppurée. L’inflammation des organes pectoraux est quelquefois suivie d’inflammation des articulations ou des synoviales tendineuses. Chez les jeunes animaux, on observe aussi une arthrite particulière, que l’on distingue sous le nom d arthrite des nouveau-nés.