OBSERVATIONS
Observation I.
Emphysème pulmonaire. — Bronchite chronique. — Rhumatisme articulaire aigu ; accidents cérébraux. — Mort, (i).
Depuis 5 ans environ, ce malade s’enrhumait tous les hivers et chaque année il éprouvait, à trois ou quatre reprises différentes des accès d'asthme. L’été, tous ces phénomènes disparaissent, cet hiver, le rhume avait reparu avec ses caractères ordinaires, lorsque, il y a quinze jours, le malade fut pris de fièvre, de frissons, de céphalalgie'et de douleurs vives dans les genoux et dans les pieds. Aucune médication active ne fut faite en ville.
Au moment de son entrée à la maison de santé, le malade se présente dans l’état suivant :
La respiration est assez difficile, la toux pénible, l’expectoration presque nulle. Mais, le malade se plaint surtout de douleurs vives dans les mains, les coudes et les épaules; les mains, la gauche surtout, sont tuméfiées et rouges ; les doigts sont immobilisés par la douleur ; les épaules sont beaucoup moins sensibles, et la malade peut encore remuer le bras. Les articulations des membres inférieurs qui ont été prises les premières ne conservent plus qu’une légère sensibilité.
La lièvre est modérée; le pouls, très irrégulier, donne 81 pulsations : la céphalalgie n’existe plus; la soif est assez vive ; l’appétit
(1) Charnal, in Bulletin de la Soc. des hôp,, t. IV, p. 8.
uni, la langue blanche ; constipation; pas d’envie de vomir. En- (in le corps est couvert d’une sueur abondante.
L’eczéma de la poitrine donne les résultats suivants ; à la pression, la sonorité est exagérée dans toute la poitrine et surtout en avant.
A l’auscultation, la respiration est faible dans toute l’étendue de delà poitrine; et, de plus, on trouve, 6n arrière et dans le tiers inférieur des deux poumons, des râles sous-crépitants assez fins. Les battements du cœur sont irréguliers tumultueux ; on ne constate aucun bruit anormal.
“20 Janvier. L’état est le même.
Le 21. La respiration est toujours très gênée. Les signes stéthoscopiques sont toujours les mêmes.
Le 22. Les douleurs sont un peu moins vives dans les mains, mais plus fortes aux épaules. Quelques crachats rouillés, A l’auscultation, on ne trouve toujours que des raies à la base des deux •poumons; il n'existe de souffle nulle part.
Le 23. La gènede la respiration est de plus en plus considérable. Les sueurs sont très abondantes et la poitrineest couverte de sudamina. Le pouls est petit, inégal, irrégulier, intermittent. Mêmes signes stéthoscopiques pour les poumons. Toujours obsene de bruit anormal au coeur.
Le 24. L’oppression est extrême; le malade n’a pas vomi. Les douleurs persistent avec la même intensité dans les mains et dans les épaules.
Le2o. L’oppression est beaucoup moins considérables; les douleurs des membres n’existent plus. Pendant la nuit, le malade a été pris d'agitation et de délire. Le matin, il refuse de se laisser examiner. Le soir, le malade est beaucoup plus calme, la respiration est beaucoup plus libre. Les douleurs articulaires n’existent plus. La tête semble parfaitement libre; pas de céphalalgie, pas de vomissement.
Le 26. Délire revenu pendant la nuit ; agitation très grande ; perte de connaissance, paroles incohérentes ; pouls petit, très fréquent.
Dans la journée, coma profond, interrompu par des accès convulsifs violents, épileptiformes, de plus en plus fréquents. Mort dans un accès pendant la soirée.
Observation IL
PhtHisiê éâlcülëüSè. (1).
M. G..., expert géomètre était arrivé à l’âge de 50 ans, sans avoir éprouvé d^âutrès rrialâdiès qW%h yhümatismé èhfonicjdé au bras droit. Dans Thiver de 1806 il fut pris d’un catarrhe pulmonaire, qui ne fit que s’accroître malgré l’emploi de différents remèdes. La toux, la fièvre, la faiblesse générale et les autres symptômes se calmèrent un p^“u l’été suivant; mais en automne la maladie reparut avec plus d’intensité; la fièvre s’alluma de nouveau, le mamaigrit, les douleurs de la poitrine étaient intolérables', de temps en temps il survenait des quintes déchirantes ; suivies d’une expectoration muqueuse et sanguinolente ; les urines devenaient troubles quelques heures après leur émission.
En examinant les crachats attentivement, ou y découvrit de petites concrétions tophacées, de différentes formes, et dont les plus grosses ne pesaient pas plus de 2/3 de gram.
Depuis la maladie de poitrine, le rhumatisme ne s'était plus fait sentir.
M, G..., vint au Mont-Dore en 4806; il était à peu près dans le même état que celui dont je viens de parler. Pendant le séjour qu’il y fit, il rendit par l’expectoration, trois petits calculs que j’ai conservés. L’un d’eux paraît exclusivement coriiposéd’ün sel à base de chaux , il est lisse et de forme ovalaire; les deux autres présentent un corps et deux branches ; les branches sont de nature osseuse ou du moins elles en ont manifestement l’aspect. L’expulsion de ces deux derniers fut beaucoup plus douloureuse que celle du premier. Pendant les vingt-quatre heures qui la précédèrent la lièvre fut plus forte, les accès de toux plus violents et plus fréquents, et l’hémoptysie plus considérable.
M. (L.,, prit les eaux pendant vingt-deux jours; ce traitement le
(1) Michel Bertrand, in Recherches sur les eaux minérales du Mont- Dore. Paris, 1810,
soulagea beaucoup; la fièvre avait cédé ; l’appétit, les 'forces et les couleurs naturelles étaient revenues; la toux avait diminué.
J’ignore si l’individu qui fait le sujet de cette observation est totalement rétabli, maisje sais qu’il a repris l’exercice de son état.
Observation III.
Bronchite chronique avec emphysème. — Goutte articulaire. (1).
H. T.., âge de 18 ans, tailleur entra à l’hôpital de Middlesex, le ISjanvier 1866. Ce malade, dont le teint est blême, seplaint d’avoir éprouvé, pendant plusieurs années, des attaques de goutte régugulières. commençant toujours à la face plantaire du gros orteil. Après ces accès, il avait été sujet à ce qu’il appelait des attaques d’asthme. Durant V hiver dernier, il avait été sujet pendant quelque temps à une toux gênante. Une quinzaine de jours avant son entrée à l’hôpitàl, il souffrait de douleurs de goutte dans le genou, le pied et dans le coude gauche, et d’une céphalalgie violente. Au bout de quelques jours les douleurs avaient complètement cessé, excepté dans le coude. En même temps que ces douleurs disparaissaient, le malade fut atteint de toux et de dyspnée. A son entrée, il se plaignait surtout de dyspnée, principalement le matin, au lever. La toux s’accompagnait, dit-il, d’une expectoration copieuse, épaisse et blanche', le coude était chaud, gonflé, tenviu ; la peauétait chaude, le pouls à 90, l’urine normale. La poitrine résonnait partout à la percussion. Le son était plus clair que normalement, dans les deux régions mammaires, ainsi qu’en arrière au niveaudu lobe inférieur du poumon gauche. La respiration était légèrement laborieuse, l’expiration prolongée; dans les deux poumons ou entendait des râles sonores. Les bruits du cœur étaient normaux; la matité cardiaque était plus étendue que d’ordinaire, et l’impulsion paraissait plus diffuse. J’ordonnai, dans la journée une potion de scille, et dans la soirée la poudre de Dowcr et l’extrait de colchique.
Sous l’influence du traitement, les symptômes goutteux du coude
(1) Greenhow, iu The Lancet, 1867.
disparurent presque iinmédialetnent, et la toux et l’expectoration diminuèrent très rapidement. Le malade se plaignit encore de dyspnée; il en souffrira sans doute toute sa vie, à cause de l’état emphysémateux despoumons.
Observation IV.
Bronchite chronique avec exacerbation. — Psoriasis. — Alternance et balancement, avec des attaques de goutte articulaire.
I Georges S..., âgé de 59 ans, marié, et chapelier, réclama pour la î prémière fois mes soins, en octobre 1863. Il avait été sujet pen-
Idant plusieurs années à une toux accompagnée d’expectoration et de dyspnée, aussi bien en été quen hiver, et par les temus chauds aussi il bien que parles temps froids. Une température moyenne lui convenait
i mieux. Les températures extrêmes augmentaient toujours son mal.
Vingt années auparavant il avait eu la goutte régulière. Depuis i longtemps il souffrait, de temps à autre, de douleurs goutteuses dans la main et dans le pied. Mais il en était exempt au moment de sont entrée. Il était sujet, à l’occasion, au psoriasis. Il buvait de la bière, avec modération, dit-il. (De longues années d’observation |i m’ont conduit à penser qu’aucune circonstance ne produit la t goutte chez les ouvriers de Londres, à l’égal de la consommation I copieuse et habituelle du mat.)
! Le malade rapportait ses bronchites aux changements de tempé- ( pérature qu’il subissait en travaillant. Mais l’apparition de la goutte avait dans ce cas précédé l’affection bronchique ; et sur les quatre ' occasions que j’ai eu de voir ce malade, trois fois j’ai constaté que » ses accès de bronchite étaient accompagnés ou suivis d’attaques (i de goutte; nous pouvons donc raisonnablement supposer que les i alternatives de chaud et de froid auxquelles ce malade fut exposé, '.i n’ont été que des causes excitantes immédiates d’irritation pour les Il bronches déjà prédisposées à un état morbide par le fait de la mai ladie constitutionnelle. A son entrée, le patient souffrait d’une il bronchite assez grave, accompagnée d’une dyspnée assez grande, ■I d’une expectoration très mousseuse', mais cette bronchite, dont il ne
(1) Greenhow, in The Lancet. 1867.
fut complètement débarassé à aucune époque, se manifestait ditil, durant les intervalles qui séparaient les accès plus aigus, uni- (luement par l’expulsion d’une petite quantité de mucus épais, transparent et bleuâtre. ’
Je l’ai traité successivement par la tisane de polygala par l’acide nitro-muriati(|ue associé à la teinture degeniiatie, par le vin d’ipéca et par la teinture ie jusquiame. Le 11 décembre le malade se trouve amélioré sous tous les rapports: et le 16 janvier 1864 il se trouva relativement guéri. Mais il revint le 6 mai 1864, atteint de douleurs goutteuses, dans les doigts de la main droite et souffrant d’une toux accompagnée d’une expectoration muqueuse, blanche, mousseuse caractérisant une bronchite récente. Il y avait un léger œdème aux jambes, mais Turine n'était pas albumineuse. La poitrine résonnait normalement à la percussion. On entendait des râles sibilants et ronflants dans les deux poumons. L’expiration était prolongée, surtout dans le lobe supérieur, et l’on percevait des râles muqueux à la base du poumon droit. Prenant en considération le caractère mixte de l’affection, c’est-à-dire la coexistence de la goutte et de la bronchite j’instituai un traitement complexe, destiné à répondre à la fois aux deux faces de la maladie. J’ordonnai trois fois par jour ; iodure de potassium et sesqui carbonate d’ammoniaque, de chaque 0,25 centigrammes; et 10 gouttes du vin de colchique, 20 "outtes de teinture de scille et 20 gouttes de teinture de jusquiame dans une mixture camphrée. J’ajoutai, chaque nuit, une pilule de ciguë de 30 centigrammes, ce traitement, modifié suivant les circonstances rend de grands services en pareil cas. G. S.., s’en trouva fort bien. Au bout de quinze jours, j’eus à combattre l’anémie qui se manifestait, et je remplaçai le carbonate d’ammoniaque par 0,06 centigrammes de sulfate de fer. La goutte disparu rapidement, mais les lâles muqueuxde la base du poumon persistaient sans changement. J’ordonnai une potion contenant: 20 gouttes de sesquichlorure de fer et 20 gouttes de teinture de jusquiame, 10 gouttes de vin d’ipéca et iO gouttes d’acide chlorhydrique dans de l’eau de menthe. Le malade se remit rapidement mais il fut soumis encore à une observation jusqu’en août.
Il ne revint me voir que le 5 mai 1865, exactement un an après sa dernière attaque. Les conditions pathologiques, dans lesquelles il reparut, étaient les même'. Les articulations du doigt étaient de nouveau gonflées et douloureuses; il se plaignait aussi de toux et
de dyspnée. La hronchüe cependant paraissait arrivée kune période plus avancée, dans sa forme chronique. L'expectoration était alors épaisse, opaque, muco-puridente , au lieu d’être glaireuse et mousseuse, comme précédemment. Le même traitement fut appliqué ; mais l’amélioration fut plus lente. La toux présentait des caractères variables. Bien que son état fut amélioré, le malade était loin d’avoir recouvré la santé, lorsque vers la fin de juin, aux approches d’un temps plus chaud, il eut une attaque de goutte régulière, plus envahissante que précédemment, qui atteignit successivement la plante des deux gros orteils, les chevilles et les doigts, d’une manière plus vive du côté droit. A l'appaiûtion de cet accès de goutte aigue, la toux et V expectoration s'effacèrent enfin. J’ordonnai une potion à l’eau de menthe contenant ;
Sulfate de fer 0.06 centigrammes.
lodure de potassium 0.30 —
Vin de colchique XV gouttes.
Glycérine 3 grammes.
La nuit, je prescrivis une pilule contenant ; 12 centigrammes d’extrait acétique de colchique et 20 centigrammes de poudre de Dower. Il continua ce traitement pendant un mois, et fut complète ment débarrassé, le 4 août.
Le soulagement ne fut pas, cette fois, de longue durée ; car le i 5 décembre, il revintse soumettre au même traitement qu’il suivit pendant deux mois. La toux étaitrevenue, la respiration était bruyante et la dyspnée accentuée. L’expectoration, transparente et mousseuse ! caractérisait, une bronchite nouvelle. La peau était fraîche ; le pouls, absolument régülier, battait 90 fois par minute. L’ampliation de la poitrine était normale des deux côtés. La percussion était nor- ' male aussi des deux côtés. Le bruit du cœur n’otfraient aucune altération. La respiration était rude sous la clavicule droite et un peu faible à la partie antérieure des deux poumons; il s’y mêlait des râles muqueux faibles, à la base du poumon gauche. L’urine I était normale. A cette époque le malade était tout à fait exempt de douleurs de goutte. Je lui prescrivis une potion de scille, contenant 20 gouttes de teinture de jusquiame. Tenant compte de sa constitution goutteuse, j’ajoutai, pour la nuit, ûnè pilule de colchi- I q ue et de poudre de Dower. La toux fut améliorée ; l’expectoration idiminua beaucoup. Elle devint opaque et bleuâtre. L’apaisement
des plu^nomènes bronchiques a de nouveau coïncidé avec le dévelojjpement de symptômes dégoutté articulaire quioffritriéanmoiris un caractère moins déterminé que dans les attaques précédentes. Cette diliérence fut probablement due au traitement spécifique que le malade avait suivit avant l’apparition de ces phénomènes goutteux. J’associai à la pilule, que je lui prescrivais pour la nuit, de 1 iodure de potassium, de l’ammoniaque etdu vin de colchique.
Observation V.
Bronchite chronique et psoriasis, rattachés par Greenhow,
à la goutte larvée.
Un homme, âgé de 42 ans, vint me consulter pour la première fois, il y a quelques semaines; il se plaignait, depuis dix ans, de dyspnée, de défaut d’ampliation de la poitrine, et d’une toux habituelle. ayant lieu le matin généralement et suivie de Vexpuition de petites masses de mucus épais et transparent. Ces désordres ont été en croissant d’année en année, jusqu’à ces derniers temps, il fut alors atteint, pendant l’hiver, d’une bronchite caractérisée. Il se trouvait plus mol pendant les temps froids et glacés. Une atmosphère humide et brumeuse., pourvu qu'elle fut modérée, ne paraissait pas l'affecter aussi défavorablement . En examinant sa poitrine, je constatai les signes physiques d’un emphysème double accompagnée d’une bronchite chronique. La poitrine, les épaules et les fesses étaient couvertes (ie. psoriasis", il n’avait été débarrassé de cette affection cutanée, à aucun moment, pendant les cinq dernières années. Le malade luimême, n’avait jamais souffert de goutte ni de rhumatisme, mais j'appris que deux de ses frères étaient sujets à la goutte réguli'ere.
0BSERV^TION VI.
Bronchite chronique, avec exacerbations subaiguës. — Psoriasis et
gravelle urinaire, rattachés par Greenhow, à la goutte larvée (Ij.
Un homme, âgé de 60 ans, vint me consulter en d864 au sujet d’une bronchite subaigue intense. Il avait été longtemps sujet à la
(1) Greenhow, in The Lancet, 1867.
bronchite chronique . Pendant plusieurs années, il n’avait jamais été complètement débarrassé delà toux, et souftrait constamment d'une dyspnée très notable. Il présentait un emphysème considérable La maladie marcha lentement, comme on devait s’y attendre. Lorsque pourtant l’irritalion bronchique finit par se calmer, les urines commencèrent à se troubler par l’élimination d’une grande quantité de sables d’acide urique. A chaque visite il me laissait quatre ou cinq parcelles de gravier pouvant se réduire en poudre et contenant chacun 10 à 20 grains. Au bout de quelque temps il parut se guérir aussi de celte affection. Sa santé se trouvait alors satisfaisante ; il n’avait presque plus de toux et sa dyspnée était notablement améliorée. Il s’éloigna, et je ne le revis que Tété dernier; il accuse alors des symptômes indiquant l'existence probable d’un calcul vésical., dont le diagnostic fut confirmé efiectivement. Pendant ce temps, ses symptômes bronchiques sont demeurés constamment moins fatigants que pendant les années précédentes.
Observation VII.
Asthme lié à une constitution herpétique et datant de onze ans.
Guérison (1).
M. B..., âgé de 12 ans, d’une constitution faible et d’un tempérament nerveux, a une grand’mère asthmatique et atteinte, dit-on, d’une affection du cœur. La mère est atteinte d’un pityriasis du cuir chevelu.
Ce malade, depuis sa naissance jusqu’à l’époque du sevrage, a été couvert de gourmes, et c’est un mois après leur disparition qu a commencé cette série d’accès d’asthme paraissant en général tous les mois, et qui, quoique moins intenses qu’ils ne l’ont été autrefois, n en continuent pas moins à fatiguer excessivement le malade et à désespérer sa famille.
Voici comment les choses se passent :
Au milieu des apparences de la santé, survient tout à coup un
(1) Collin, in Annales de la Société d’hydrologie, t, X, p. 339
coryza accompagné d’un peu d’oppression. Après un ou deux jours, 1q coryza cède; il parait une bronchite, en même temps que l’oppression augmpnte et prend tous les caractère de l’asthme.
Ori entend à distance des râles sibilants, la dyspnée esteirrayanle et cet état dure habituellement trois jours, après lesquels tout • rentre petit à petit dans l’ordre normal.
Il y a eu rarement beaucoup de fièvre, le dernier accès a eu lieu le 6 juillet. M. B. .. est conduit à Saint-Honoré le 7 août 1863. ‘
Cet enfant est très maigre, il présente tous les caractères d’un ‘ tempérament nerveux, il est habituellement altéré. L’appétit est mauvais, les digestions bonnes cependant.
A la percussion, rien de sensible. A l’auscultation, diminution du bruit respiratoire au sommet des deux poumons.
Rien du côté du cœur.
Je prescris des inhalations, de l’eau sulfureuse en boisson, des douches de pieds et des demi-bains.
Le 24 août, il n’y a pas eu de crises, l’appétit est meilleur. La ^ respiration est très bonne au sommet des deux poumons. i
Le malade quitte Saint-Honoré, après une saison, dans un état i de santé très satisfaisant. »
Aujourd’hui, 15 décembre, M. B... père m’écrit : « Nous avons 1 été très satisfaits du résultat des eaux, surtout pour mon fils. Il É n’a pas éprouvé d’oppression depuis son retour de Saint-Ho- | noré. » '
Observation VIII.
Asthme lié à une constitution herpétique datant de quinze mois.
Guérison (1).
M, G... (de Reims), âgé de 39 ans, tempérament lymphatique sanguin, constitution forte. Pas d’hérédité.
11 a eu la petite vérole à l’âge de 12 ans. A l’âge de 20 ans, il a été pris d’un eczéma, souvent traité, et qui n’a fait que disparaître pour revenir bientôt.
11 y a quinze mois, à la suite d’une grippe, il est pris tout à coup d’un accès d’asthme qui réparait toutes les nuits et se termine par
(1) Collin, in Annales de la Soc. d’hydrol. méd., t. X.
t une expectoration abondante. M. G... est envoyé à Saint-Honoré |. - par M. le Ü' Heurot, qui lui remet pour moi la lettre suivante :
« M. G... est atteint, depuis quinze mois, d’accès d’asthme qui se I reproduisent avec une grande fréquence, soit sous l’influence d’un I peu de fatigue, soit par le fait du moindre refroidissement. J’ai ; combattu ces accès par un grand nombre de moyens, entre au- ■ très les applications de vésicatoires volants, d’huile de croton entre : les épaules, les bains, l’nsage interne de balsamiques, du valéria- I nate d’atropine, des sulfureux, de l’arsenic. Il y a eu un peu de i diminution et d’éloignement dans les accès, mais ils se produisent ‘ encore sous des influences minimes.
« Un antécédent, que je crois important, est le suivant : M. C...
; a été atteint pendant de longues années d’un eczéma qui siégeait I surtout aux jambes. Celte affection a été traitée par des bains, des ; pommades; à l’intérieur, par des préparations arsenicales, etc. »
.M. C... arrive à Saint-Honoré, le 16 juillet 1863, dans l’état sui- I vant :
La constitution ne parait pas avoir souffert, l’appétit est bon.
Il est pris, toutes les nuits, d’un accès d’asthme qui dure en gé- ‘ néral une heure et demie, le force à se lever et à ouvrir les fenêtres pour respirer plus facilement, et se termine par une expectoration abondante.
La percussion ne fait découvrir rien de particulier. A l’auscul- I tation, râles crépitants secs; à la partie antérieure de la poitrine et des deux côtés. Je prescris la salle d’inhalation et de l’eau en I boisson.
: Le 20, il n’y a eu qu’un accès, encore a-t-il été bien moins fort
I que ceux qu’il éprouvait auparavant.
Le 27, il II y a pas eu de nouvel faccès. Je fais prendre tous les I jours un bain. L’auscultation ne retrouve plus de trace de râle ! crépitant; le malade est enchanté du résultat, et part le 10 août, parfaitement portant et sans manifestation nouvelle de l’affection i eczémateuse.
• Cette observation est encore, comme la précédente, un type ! d’asthme survenu chez un sujet à diathèse herpétique. La maladie I constitutionnelle existait depuis l’âge de 20 ans. Ces manifestations I avaient été combattues par différents moyens, comme l’indique la lettre du ü. Heurot, lorsque survient une grippe qui fixe sur les voies respiratoires, si je puis m’exprimer ainsi, les manifestations
de la maladie constitutionnelle, qui cessent, à partir de cette que, de se montrer sur la peau.
épo-
Observation IX.
Adénopathie cervicale des deux côtés, plus prononcée à droite. Signes d’adénopathie trachéo-bronchique, à droite spécialement (1).
Gravigriy (Gabriel), 27 ans, typographe, entré le 17 juillet à l’Hô- , tel-Dieu, salle Saint-Beinard (service de M. le D. Gueneau de ( Mussy). j
Le malade est entré à l’Hôtel-Dieu, se plaignant de sa respiration 1 qui est gênée et courte, et de douleur dans le côté gauche, au ni- | veau delà 12* côte. |
Il y a un mois, le malade avait pris froid, et le même jour, il ■ avait ressenti des frissons et de la lièvre. Un point de côté le fai- j sait aussi souffrir, et ce point^de côté se continue encore aujour- '} d’hui sous la forme de douleurs sourdes et lancinantes. f
La gêne dans la respiration existait depuis quatre mois. i
Huit mois avant qu’il se plaignit de cette gêne, il avait vu f se former dans les fosses sus-claviculaires gauche et droite, surtout ^ dans cette dernière, une tumeur ganglionnaire. Celte tumeur mit f longtemps à grossir, et sous l’influence d’une pommade dont le malade ne connaît pas la composition, elle diminua promptement . des deux tiers, il y a sept mois environ, puis resta stationnaire jusqu’à ce jour.
C’est trois mois après la diminution de cetfe tumeur ganglionnaire superlicielleque la gène de la respiration commença.
Cette gêne a très peu augmenté. Depuis l’apparition de cet amas de ganglions, le malade, qui n’avait fait aucune maladie, dont les parents possèdent une excellente santé, qui n’avait jamais toussé et avait toujours eu la respiration très libre, s’est trouvé de temps en temps indisposé. Il lui a fallu assez souvent quitter son travail.
(1) Baréty, in Thèse d’agrégation, Paris, 1874.
A son entrée à l’hôpital, on constate dans les fosses sous -clavL culaires droite et gauche, des masses ganglionnaires nombreuses, surtout à droite.
Les ganglions, qu’il est impossible de circonscrire, adhèrent légèrement au tissu cellulaire voisin enflammé.
Ils forment un tout peu mobile, situé sur le sterno-cléido-mastuïden en dedans, le trapèze en dehors, la clavicule en bas.
Ils sont indolents. Le malade n’a jamais eu de quintes de toux.
En arrière, la tonalité est plus élevée du côté droit que du côté gauche.
Le son monte de gauche adroite (du rachis à l’épaule).
La respiration est sèche, rude, aiguë, manquant d’expansion du côté droit.
Du même côté, des râles sibilants. La respiration est diminuée des deux côtés, excepté aux deux bases où elle est augmentée.
Quelques craquements, se passant dans la plèvre, s’entendent à droite et au sommet.
A la percussion, la tonalité est plus élevée à droite qu’à gauche, sur les lames des quatre premières vertèbres dorsales.
En avant, la tonalité est plus élevée au niveau de la première pièce du sternum que dans les fosses sus et sous-claviculaires droite et gauche.
Cette différence de tonalité est surtout marquée au niveau de la portion droite de cette première pièce du sternum, un peu au-dessous et au niveau de l’articulation sterno-claviculaire droite.
C’est à ce niveau surtout que s’entend un souffle expiratoire léger, mais très nettement prolongé, souille qui n’est perçu, ni dans la partie gauche de la première pièce, ni au niveau de l’articulation sterno-claviculaire gauche.
Dans les fosses sus et sous-claviculaires droite et gauche, la respiration manque d’expansion, elle est aiguë à gauche, diminuée à droite.
Il y a des râles sibilants sur toute la hauteur des deux poumons.
Traitement. — Lichen, sirop de tolu, paquets de magnésie, houblon, teinture d’iode à l’intérieur.
Au bout de dix jours, le 19 juillet, le malade va mieux, il respire plus librement.
Les tumeurs formées par les ganglions superficiels, situées datis
Schlemmer.
leslosses sus-claviculaires droite et gauche, ont diminué sensiblement.
Au lieu d’une masse empâtée, difficilement circonscrite, peu mobile, on sent, à la palpation, rouler sous ses doigts des ganglions isolés, mobiles, facilement circonscrits et diminués de volume. La périadénite a disparu. Il est permis d’étendre, dans ce cas, celte amélioration dans l’état des ganglions externes aux ganglions internes, et de croire dans les circonstances où manque l’adénite externe, à une amélioration semblable dans l’état des ganglions internes, lorsque,les symptômes s’apaisent et les ganglions diminuent.
Observation X.
Asthme observé chez un syphilitique et guéri par le traitement
mercuriel (1).
Je fus appelé au mois de mai 1789 pour un brasseur, âgé de 40 ans, fort replet, et sujet, depuis plusieurs années, à des accès périodiques d’asthme ; sa respiration était tellement gênée pendant tout ce temps qu’il ne pouvait, en général, dormir que dans une position presque droite; il avait souvent des palpitations de cœur extrêmement douloureuses, el son pouls était en tout temps
fréquent et irrégulier Il m’avoua qu’il avait beaucoup souffert
dans sa jeunesse, de fréquentes attaques de syphilis, et qu’il n’avait pas pris le mercure d’une manière régulière, surtout depuis la dernière attaque, qui fut suivie de la difficulté de respirer qu’il éprouvait, ce qui lui donnait la conviction que le virus n’avait pas été détruit. On ne pouvait cependant découvrir aucun symptôme évident de syphilis. ... 9n avait employé à diverses reprises les purgatifs, les diurétiques elles vésicatoires sans aucun avantage; mais les opiatiques ayant produit quelque soulagement, il se détermina enfin à prendre uniquement une forte dose de laudanum en se couchant et une plus faible le matin. Je le laissai dans cet état au mois de septembre, et je ne le revis qu’au mois d’avril 1790, qu’il m’appela pour consulter avec le chirurgien de la maison à
(l)Bell, in Thèse de Lagneau, Paris, 1851.
l’occasion d’un ulcère qui avait paru depuis deux mois sur le côté gauche du nez. On y appliqua depuis les plus doux escharotiques jusqu’aux plus actifs ; néanmoins, il avait gagné le côté opposé du nez. J’appris, en questionnant le malade, qu’il avait, au mois de novembre, aperçu un chancre sur le gland, quelques jours après s’être exposé à l’infection, et que ce chancre ayant disparu, en le touchant deux fois avec le caustique lunaire, il crut inutile d’employer le mercure. La difficulté de respirer et la palpitation fatigante du cœur étaient alors beaucoup plus fortes que jamais.... Le I malade m’ayant prévenu que le mercure ne l’affectait pas facile- I ment, je lui prescrivis ce minéral en même temps à l’intérieur et à l’extérieur de manière qu’au bout de dix jours, sa bouche était aussi enfiammée qu’elle pouvait l’être; il rendait jusqu’à 2 ou 3 chopines de salive par jour. On appliqua du cérat ordinaire sur l"ulcère. Trois semaines après avoir commencé les remèdes, Tulcère était considérablement diminué, et il fut parfaitement cicatrisé au bout de six semaines. Bientôt la difficulté de respirer dia rainua beaucoup, la palpitation se dissipa absolument, et le pouls i revint à son état naturel. L’asthme ne cessa entièrement qu'au j bout de plusieurs semaines ; il disparut cependant avant la fin du ! traitement qu’on continua trois mois entiers. Le malade ri’a pas ) eu de rechutes.
Observation XI.
i; Rhino-laryngo-trachéo-bronchite. — Souffle inspiratoire tubaire au sommet droit, en arrière. — Compression trachéo-bronchique (toux ^ férine). — Antécédents syphilitiques (1).
La nommée B..., âgée de 30 ans, tapissière, entre à l’Hôtel-Dieu 6 (service de M. Buéneaa de Mussy), le 31 octobre 1873.
Elle n’a marché qu’à l’âge de 7 ans. Elle était nouée, dit-elle.
' De 7 à 14 ans, ganglions cervicaux suppurés; sous-maxillaires I. gauches (étant très jeune), sous-mentonniers (à 11 ans), cicatrices t actuellement.
(1) Baréty, in Th. Paris, 1874.
En même Icrnps, maux d’yeux.
Tousse depuis l’âge de 14 ans. A eu la variole à dix ans et demi.
Atteinte de bronchite l’an dernier.
Attaque de rhumatisme il y a un an.
Il y a 7 ans, ulcérations aux parties génitales, sans adénite inguinale, dit-elle. N’a pas eu d’angine syphilitique.
Il y a 14 mois (dans la mêmesalle), exostose delà partie interne de la clavicule droite avec accès ouvert par incision. Reste une cicatrice linéaire. 11 y a six ans, boutons sur le corps pendant six semaines (hôpital Saint-Louis). Tumeur spécifique au-dessous des genoux; cicatrices de syphilides.
Etat actuel. — Malade depuis quinze jours. Début par frisson. Douleur dans les deux côtés; avant, crampes d’estomac, mais jamais de sifflement ou de râlement laryngien.
D’abord coryza (à sa (in aujourd’hui).
Puis laryngite et laryngo-trachéite avec angine légère).
Anorexie. Légère fièvre.
Actuellemerxt, laryngo-trachéo-bronchite dont elle est atteinte (lépuis deux jours seulement.
Toux fréquente, quinteuse, ferme. Expectoration muqueuse.
Fièvre. Respiration ronflante à la racine des bronches. Selles rares. Voix enrouée.
Le 1®’’ novembre. Même état. En plus, on perçoit un léger souffle expiratoire dans la fosse sus-épineuse droite (ganglions ou induration pulmonaire).
Le 2. Au sommet droit, en arrière, souffle expiratoire tubaire, voix légèrement retentissante. Légère matité qu’on ne peut bien apprécier qu’en percutant alternativement des deux côtés dans des points homologues (engorgement ganglionnaire ou induration pulmonaire (?) Les crachats sont muqueux.
Respiration rude dans le reste de l’étendue du poumon droit. Quelques râles ronflants vers la racine des bronches.
A gauche, respiration rude aussi et ronflante vers le hile pulmonaire.
A eu cette nuit, des quintes de toux fatigantes.
Ce soir, même état du poumon droit, peut être môme plus iiC-
cusé.
Ailleurs, des deux côtés, en avant et en arrière; râles ronllants expiratoires.
Toux quinteuse, fréquente, oppressive.
Le 5. Kl, 1,50. Lavement. A mangé un peu.
Le 6. Toux moins intense et moins fréquente, Kl, 2 gratnines.
Le 7. Tousse moins. Dort bien.
A son entrée, on avait appliqué 8 à 10 gouttes d’huile de croton au devant de la poitrine. Depuis, il s’est fait là deux plaques irrégulières, verticales, de plusieurs centimètres, d’une eschare superficielle, qui empêchent de percuter la région sternale. Avant cette application, la percussion n’indiquait rien d’anormal. On ne trouvait d’ailleurs qu’une très légère élévation du ton dans la fosse sus épineuse droite. Kl, 2 grammes ; lait à la place du vin.
Le 8. A beaucoup moins toussé. Mieux.
Sommet droit, fosse sus-épineuse. — Toujours léger degré de dureté sous le doigt, mais souffle expiratoire moins aigu, plusgrave Il occupe les fosses sus et sous- épineuses. Il est mieux perçu vers la racine des bronches.
Pas d’inégalité dans l’intensité du murmure respiratoire des deux côtés. Expiration grosse, ronflante, dans le reste du poumon.
Le 9. Mouche le sang. Céphalalgie depuis deux jours.
Expiration grosse, ronflante, vers le hile des deuxcôtés, adroite surtout. Sommet droit comme hier.
Pas d’inégalité du murmure respiratoire des deux côtés.
Le 10. Se plaint du côté gauche et du dos. Fièvre. Sueurs. Peau moite. Pouls 106. Coryza (est-ce de l’iodisme ?). Suspendre KL
Le 12. Mieux. Murmure respiratoire peut être moins bien perçu à droite qu’à gauche.
Toujours souffle expiratoire tubaire doux au niveau de la fosse sus-épineuse droite.
Le 15. Les ulcérations présternales provoquées par l’application de l’huile de croton sont cicatrisées.
Le sternum est saillant, forme une voussure, mais cet étatest congénital. D’ailleurs sonorité à ce niveau ou seulement légère dureté à la perçussion.
Le 16. Depuis huit jours on avait cessé le Kl; on le reprend ce matin à la dose de 0,50.
Le 17. On entend toujours du souffle expiratoire, entendu seulement dans toute l’étendue delà fossesus-épineuse. Tousse beaucoup moins. Pas de matité, ni avant, ni en an ièrc.
Le i8. Toux et oppression presque disparues/ Appétit modéré. Kl, \ ,75. Crache peu ou pas.
Le 20. Ne tousse pas, ne crache pas. Respire bien.
La respiration s’entend mieux à gauche qu’adroite, soit en”avant soit en arrière.
Le 21. Le ganglion de l’angle du maxillaire inférieur à droite est gros et douloureux (courant d’air).
Le 24. Le ganglion a diminué de volume.
Le 27. Sort, conservant le souffle expiratoire du sommet droit, mais adouci. Continue l’usage du KL État général meilleur.
Observation XII,
Tumeurs syphilitiques du poumon et du foie. — Laryngo-bronchite.
Pleurésie. — Autopsie (1).
Le matelot Th, Guéchel, 18 ans, d’Altona, entra àla^section de médecine de l’hôpital, le 8 février 1878, pour un embarras gastrique. Il se plaignait de douleurs dans la poitrine et d’un sentiment d’oppression dans la région de l’estomac: sa langue était chargée et la température était élevée; dans les semaines suivantes elle atteignait le soir, souvent 38“ et, de temps à autre seulement, elle montait à 39“ 1/2. Les rémissions matinales étaient accentuées. Au milieu de mars, les autres symptômes se dissipèrent, tandis que la fièvre augmenta et que la température se maintint tous les soirs au-dessus de 39° ; à ce moment, survint un enrouement intense, accompagné de douleurs au moment de la déglutition ; le patient déclara avoir éprouvé ce dernier symptôme de temps[en temps depuis neuf mois environ. L’examen répété de la poitrine ne fournit aucun point de repère pouvant étayer l’hypothèse d’une affection tuberculeuse ; tout antécédent héréditaire d’ailleurs, fait défaut. En revanche, le 18 mars, apparut un psoriasis sur le tronc et sur les extrémités; on observa aussi des ulcérations à leur début sur le pharynx; et le patient fut envoyé le 22 mai, dans la station extérieure avec ce diagnostic : syphilis fébrile. Dans les jours suivants, on vit apparaître des ulcères très nets sur la partie posté-
(1) Von Thaden, in Beger’s Deutsche Archiv fur Klinik med.
Heure et droite du voile du palais, et sur l’amygdale gauche; on constata aussi une exanthème papuleux et très étendu et des condylomes anaux. On remarqua en inême temps une induration sur leprépuce. Le malade déclare avoir eu une ulcère préputial , il y a deux ans cet ulcère fut soumis uniquement à un traitement local. Le patient supporta mal les frictions qu’on lui prescrivit, car il survint immédiatement une inappétence complète; il tolère mieux le Kl, la dysphagie et la toux disparurent bientôt, mais la fièvre diminua d’une manière très lente; depuis le commencement d’avril elle n’atteignit plus, il est vrai, le chiffre de 39°, mais, jusqu’au 8 mai, elle se maintint le soir au-dessus de 38-; elle disparut enfin peu de jours après. Plusieurs fois apparut une diarrhée intense dans le cours des mois d’avril et de mai ; à ce moment on ne découvrait rien d’anormal dans les poumons. Le 25 mai, le malade sortit sans autres symptômes maladifs qu’une adénite indolente et généralisée. Il n’avait fait que 22 frictions de 4 grammes chaque, mais il avait ingéré 1 10 de KL — Le 14 septembre 1878, il revint à l’hôpital ; il n’avait pu travailler, depuis plus de quatre semaines ; il était tourmenté à ce moment par Za fowæ et par la dysphagie. Son expectoration était muqueuse, mais on n’observait pas de sang dans les crachats. Le malade présentait de nouveau des plaques muqueuses inconstestables sur le voile du palais ; l’examen delà poitrine ne fournit alors que les bruits d’un catarrhe diffus qu’on percevait surtout au-dessous de la clavicule droite ; il n’y avait point Va de matité évidente ;on ne lui prescrivit point a Kl, mais on en revint aux frictions qui furent supportées quelque temps, mais qu’on renouvela seulement tous les deux jours, en raison de l’anorexie qu’elles provoquaient. Alors, existait une fièvre vespérale atteignant 39e et présentant des rémissions matinales de 0°,8 à0°,9. Au milieu d’octobre les ulcérations de la gorge étaient jugulées, mais l’état général du malade était encore peu satisfaisant. Les bruits pulmonaires étaient variées; on entendait constamment des râles muqueux à bulles fines, notamment dans la partie inférieure du poumon gauche pendant que la respiration était normale aux sommets. Les crachats étaient très abondants muqueux, et non mélangés de sang. La diarrhée survint plusieurs fois ; de temps à autre on observa des étourdissements et des vertiges; l’urine n’était pas albumineuse. La rate parut un peu augmentée; mais la quinine se montra inetlicace contre la fièvre ; l’état général empira ; à par-
tir (lu 21 octobre, la lièvre ne descendit pas au-dessous de 39®, même le matin; et la température attei;;nit 40°, e 25 et le 26 au soir; la rémission matinale était alors très faible: des bains répétés n’eurent qu’une action insignifiante. Le malade se plaignait alors d’étourdissements et de malaise: il déclara avoir éprouvé, le 23 et 24 un frisson de courte durée la diarrhée était abondante. Gss jours là on peut de nouveau constater les tumeurs arrondies et d’aspect syphilitique qui siègent dans le pharynx et dans le palais etqui font tache pour ainsi dire dans ce tableau d’une maladie tuberculeuse générale. Le 27 octobre une dyspnée très violente signala une inflammation récente delà plèvre gauche, etdans l’après midi du 29, le malade mourut après une longue agonie. 11 y avait eu dans les derniers jours perte de connaissance de temps à autre, et, dans les intervalles, le malade éprouvait une sensation subjective de bien être.
Je relèverai parmi les résultats de Vautopsie les détails suivants : le cadavre présente peu de tissu adipeux et une musculature très affaiblie.
Dans la cavité pleurale gauche, on trouve environ 500 gr. de liquide jaune clair ; la plèvre pulmonaire gauche présente des fausses membranes récentes et facilement déchirables; elle est reliée à la plèvre costale et au diaphragme par des adhérences friables et filiformes. Les sommets des deux poumons sont libres d’adhérences; la surface externe des poumons est marbrée de taches bleu sombre et présente quelaues saillies bosselées etdures d’un blanc jaunâtre au niveau desquelles la plèvre est trouble et épaissie. Sur la coupe du lobe supérieur du poumon droit, on peut voir que le sommet ne présente aucun épaississement ; à un demicentimètre plus bas on trouve trois nodusde la grosseur d’un pois. La plus grande portion de la face antérieure du lobe supérieur est occupé par un nodus de la grosseur d’un œuf d’oie, d’un banc jaunâtre également, marbré de taches grisâtres et de stries pigmentaires éparses, inégal, dénué de vaisseaux, se laissant déprimer sous le doigt avec une certaine difficulté et faisant saillie sur le tissu ambiant; il n’est séparé du revêtement pleural que par une couche de tissu pulmonaire aéré de 3 millimètres d’épaisseur. La base de ce grand nodus cunéiforme est la surface pleurale, son sommet s’applique sur les bronches. On ne peut constater aucune
dégénérescence purulente ou caséeuse. Un tissu sain hyperémie forme une zone ambiante autour de ce nodus ; la saillie qu il fait sur la surface de coupe, 'jointe à la structure grossière de ce nodus, tend à le rapprocher des néoformalions carcinomateuses. Les bronches situées dans son voisinage présentent un épaississement et une tuméfaction marquées des parois; cet épaississement accusé aussi bien à la périphérie que vers le centre du conduit rétrécit leur calibre. Les parois épai'^sies atteignent jusqu’à 3 et 5 millimètres.
Dans le lobe moyen du poumon droit, on trouve seulement deux nodus de la grosseur d’un pois, et offrant une disposition semblable ; dans le lobe inférieur, on trouve plusieurs nodus atteignant jusqu’aux dimensions d’un œuf de pigeon. Le poumon gauche ren- ! ferme dans le lobe antérieur, à 6 centimètres au-dessous du som- 1 met parfaitement intact, un nodus de structure analogue et de la I grosseur d’un œuf de poule; il est égalementcunéiforme, etsa base ! est dirigée contre la plèvre. On remarque un nodus semblable au m- I veau du hile, accompagné d' épaississement péribronchique grossier; I quelques nodus plus petits siègent plus bas. Dans le lobe posté- I rieur, on trouve deux nodus plus gros, réunis par une couche de ( tissu qui semble presque normal à la vue, mais qui, au toucher, parait notablement épais.si; au centre, on trouve une bronche fortement épaissie qu' obstruent des concrétions caséeuses.
L’origine de la langue et l’épiglotte présentent des tumeurs ar- I rondies ; l’épiglotte offre aussi des cjcatrices dures et rétractées. Le
1 sinus pharyngien, ainsi que les cordes vocales inférieures etsupé-
2 rieures, offre aussi des tumeurs arrondies; la muqueuse du larynx-,
■ de la trachée et des bronches est rouge, tuméfiée et n'offre pas de cicaii t vices.
I On ne trouve rien d.’anormal dans la cavité abdominale, sauf un ( nodus de la grosseur d’un pois situé à la superficie du grand lobe J du foie, auprès du ligament suspenseur ; ce nodus, nettement déî limité, offre la même structure que ceux des poumons.
1 Dans la cavité crânienne, on a trouvé seulement la pie-mère ' hyperémiée.
I L’examen microscopique des nodus pulmonaires a démontré I l’absence de tissu normal dans ces productions; on. y trouvait un î tissu de granulations traversé en quelques endroits par des celil Iules fusiformes; il n’existait là aucune cellule géante.
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