RÉSUMÉ. — CONCLUSIONS
Arrivé au terme de cette longue et laborieuse énumération, il nous reste à formuler les conclusions et à résumer brièvement les résultats épars çà et là au cours de cette description , que 3a complexité rend forcément un peu confuse.
Les conclusions ne nous arrêteront pas longtemps.
Au point de vue théorique, nous nous référons à ce qui a été dit à la fin de la première Partie.
En principe et comme ensemble, c’est la vérification, sur les produits tirés des pétroles, des lois de M. Bertlielot sur les équilibres pyrogénés.
Telle est notre conclusion générale.
Quant aux résultats, on peut les grouper sous quatre chefs distincts, correspondant, deux à deux, aux deux Parties de ce Mémoire.
I. Dans la première Partie, le Chapitre I établit tout d’abord que les pétroles légers, soumis à la dissociation pyrogénée, deviennent une source abondante de carbures incomplets de différents ordres, moins riches en carbone que le carbure forménique qui leur a donné naissance, mais susceptibles, si l’action de la chaleur se prolonge, de se recombiner entre eux pour donner naissance à des composés de plus en plus complexes.
Les carbures incomplets qui résultent de la dissociation pyrogénée appartiennent surtout aux deux séries C 8 "H 2 " et
L’éthylèrie, le propylène, le butylène, l’acétylène ont été reconnus et caractérisés.
Mais ils s’accompagnent presque simultanément des produits ultérieurs de leur polymérisation ou de leur combinaison réciproque : benzine, éthylacétylène ou crotonylène en première ligne. Ce dernier a été obtenu en proportion relativement considérable.
Enfin, ces résultats de laboratoire, point de départ de ce travail, sont confirmés dans tous leurs détails par ceux que fournit l’examen des produits industriels qui prennent naissance dans des conditions semblables.
II. Viennent ensuite les expériences synthétiques ayant pour but la vérification de ce qui précède, et notamment la formation du létrabromurede crolonylène par l’éthylène et l’acétylène combinés à volumes égaux, C*II 2 (C*H 4 )Br*.
Ce Chapitre II mentionne aussi la production du butylacétylène C*H a (C 8 H 8 ) et de 1 ’an.ylacétylèneC‘H* (C 10 H‘°), qui continuent la série.
Quelques observations sur la polymérisation énergique du propylène régénéré de son bromure en présence de l’acide acétique et du zinc terminent l’ensemble des données nouvelles consignées dans la première Partie.
III. Dans la seconde Partie, consacrée à l’étude des produits ultimes de la redistillation industrielle, nous établissons tout d’abord que les phénomènes, beaucoup plus compliqués, reconnaissent néanmoins une origine semblable et sont soumis aux mêmes lois.
I. Une application nouvelle de la méthode générale des dissolvants permet de fractionner les produits d’après un principe tout différent de celui de la distillation et de la cristallisation fractionnée.
On parvient de la sorte à résoudre chacun des produits
h. PRUNIER.
industriels en un grand nombre de carbures, dont les plus nombreux et les plus importants ont été extraits déjà des huiles de houille ou dérivés de la benzine. Je citerai parmi eux l’anthracène, le phénanthène, le cbrysène, le pyrène, le chrysogène, le benzérytlirène, le fluoranlhène, le parachrysène, etc.
2 . A côté de ces corps déjà décrits, qui tous titrent g 5 pour 100 de carbone ou moins encore, la méthode a fourni, et l’analyse a signalé un groupe, qui doit être nombreux, de corps pour lesquels la teneur en carbone s’élève à 96 et même 97 pour 100. C’est à établir l’existence de cette catégorie nouvelle que je me suis attaché de préférence.
l/étude du produit industriel le plus fusible a montré, en outre, que les corps incomplets les plus riches en carbone ne doivent pas être mis en contact avec des dissolvants susceptibles de se combiner avec eux. La benzine et même le pétrole sont dans ce cas, ce qui ne laisse pas de rendre les séparations notablement plus pénibles.
Ces dissolvants, en effet, employés à l’ébullition et d’une manière prolongée, se fixent sur certains des carbures élevés et, par une sorte de rétrogradation d’un nouveau genre, les ramènent à des teneurs en carbone comprises généralement entre 94 etp 5 pour 100.
C’est ainsi qu’un produit initial, insoluble dans l’alcool et l’éther, titrant 96 pour 100 de carbone, a été ramené à une masse amorphe, titrant environ g 5 pour 100 après dessiccation à i 5 o degrés et séparable, au moyen de l’acide acétique bouillant, en deux carbures d’aspect cristallin. L’un, soluble dans ce dissolvant, répond à la formule brute C S4 H 8 . Ce carbure forme un picrate bien défini, cristallisé en lamelles jaunes ; il titre 94,7. C’est un isomère de l’acénaphtylène.
Le second, dont il n’a pas été possible, jusqu’à présent, de préparer un picrate défini, contient g 5,30 de carbone.
et perd, vers 2O0-2t>o degrés, une quantité notable d’url carbure non solidifiable, formé en majeure partie de benzine.
Le carbure lui-même se dissout tranquillement dans l’acide nitrique, sans donner l’odeur de mirbane.
4 . Chemin faisant, la présence de quinones, telles que la chrysène-quinone, et des composés voisins a été également reconnue, en même temps que l’oxydabilité de ces différents carbures, notions qui contribuent à donner l’explication du polychroïsme des pétroles.
IV. I. Les derniers produits de la cristallisation fractionnée nous ont fourni les carbures les plus élevés, titrant 95, 96 et 97 pour 100, ce qui recule Jes limites de la série actuellement connue. On arrive ainsi graduellement aux charbons proprement dits, tels que le noir de fumée, le charbon de cornue, etc.
2 . Parmi ces carbures, l’alcool chloroformé nous a permis d’en isoler un presque blanc, très-fluorescent, défini par sa composition, ses propriétés et la valeur de sa molécule. Ses combinaisons picriques, rapprochées de sa teneur en carbone, conduisent à la formule C“ 0 H 10 ou mieux C 48 H 8 = (C ia H 2 )", et les carbures qui l’accompagnent répondent évidemment à une formule encore plus élevée.
3 . L’existence d’une catégorie nouvelle de carbures d’hydrogène extrêmement riches en carbone, bien que demeurés solubles et de couleur blanche, jaune ou d’un brun pâle, se trouve donc établie.
Leur formule répond à l’une des expressions suivantes :
(G 8 H 2 )", qui exige 96,00 pour 100 de carbone.
la valeur de n étant variable , mais en général supérieure à 4.
Ce sont là, comme on voit, des formules brutes.