AVANT-PROPOS
Les avortements constituent un problème des plus graves, quel que soit l'angle sous lequel on les considère. Leur gravité a été étudiée tout particulièrement au point de vue de la dénatalité dont limportance n'échappe à personne pour l’avenir de notre pays. Bien que le nombre total des avortements ne puisse être déterminé par aucune statistique, on s’est livré à des évaluations approximatives. On évalue ainsi à un million le nombre annuel des avortements en France et l’on pense rester ainsi au-dessous de la vérité (MoxpoR). Si les avortements jouent un rôle important dans la dénatalité, ils n’en constituent pas un facteur décisif, car leur nombre est également très élevé dans les pays dont la population augmente. On ne peut cependant s'empêcher de penser que la répression des avortements suffirait pour combler ‘Je déficit de ia population française.
Il y a un autre espect du problème de lavortement “qui, bien que d’une portée moins générale, doit être examiné attentivement par le médecin : c’est la question de la mortalité par avortement, à laquelle
nous avons consacré ce modeste travail. Nous verrons que cette mortalité est considérable et constitue déjà, en soi, un grave danger. Nous avons examiné, dans notre travail, les principales causes de cette mortalité et nous avons pu arriver à la conviction qu’elle reconnait pour principal facteur les manœu-
vres abortives mal choisies ou mal appliquées.
C’est certainement le taux élevé de la mortalité qui avait décidé certains Etats à autoriser l’avortement dans certaines conditions et pouvoir, de cette manière, le contrôler. Nous ne pensons pas, bien
entendu, justifier cet avortement « légal >, qui, du
reste, a été abandonné dans les pays où il avait été
mis en vigueur. Si cette mesure arrive à faire baisser
la mortalité, eile prête à des abus nombreux.
La connaissance des causes de la mort dans les avortements a un intérêt plus strictement médical car
chaque cause indique un, traitement approprié. Il est
évident que l’on doit s’efforcer de prévoir du plus
loin possible l’éventualité des complications pouvant.
devenir mortelles. Le on connaît les conditions dans lesquelles on est amené à voir à l'hôpital ou en clientèle privée les femmes ayant avorté, on sait combien il est difficile de diagnostiquer la cause d’un
avortement, La plupart du temps la femme nie
d’avoir employé un moyen avortif et cherche à
induire le médecin en erreur. Dans la statistique de Zuchermann sur 537 femmes présentant une fausse: