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Étude sur les collections de Lépidoptères océaniens appartenant au musée civique de gènes

Le travail que je publie sur la faune des LépidopttTes des Moluques et de la Nouvelle-Guinée, fait la suite de l'étude qui a déjà paru dans les « Annali del Museo civico di Storia naturale di Genova » sur les Papillons recueillis en 1875, à Doreï, par M. le professeur 0. Beccari. •

C'est à cet intrépide voyageur et à son illustre compagnon M. L.-M. D' Albertis , ainsi qu'au zèle scientifique de M. Bruijn , que sont dus les matériaux dont le Musée civique de Gènes a confié le classement à mes soins.

Les localités visitées par M. Beccari, M. L.-M. D' Albertis, ou les chasseurs de M. Bruijn, et d'où proviennent les récoltes entomologiques que j'ai sous les yeux, sont: d'abord l'ile d'Amboine, située au-dessous de Ceram et très près de Bourou; puis la grande île à' Ilahnahera (ou Gilolo) et le petit ilôt de Ternate.

Halmahera est une terre située par 128° de longitude Est de Greenwicli (125° de Paris), juste sous la ligne éijuatoriale qu'elle dépasse d'environ 1 degré-latitude au Sud et d'un peu plus de deux degrés-latitude au Nord. Cette île est placée dans le sens presque droit du Nord au Sud ; sa forme est fort irrégulière et rappelle un ])(HI la U^ttre K. Sui- une bande de terre

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])liis (''ti'oite à son extrémité méridionale que vers le côté opposé où se remarque une plus grande largeur , deux bras , que sépare la baie de Bicioli , viennent se souder comme à la véritable charpente de l'îlo. Des montagnes s' élèvent sur toutes les ])arties d'Halmahera et les Alfoures qui les habitent sont des peuplades peu hospitalières , comme du reste la plu|)art de celles (|ui sont indigènes aux Moluques et à la Nouvelle-Guinée.

En avant d'Halmahera et sur son coté occidental se trouve la petite île de Ternate, placée comme une sentinelle avancée de la grande île dont elle paraît avoir exactement la faune , du moins au point de vue spécial des Lépidoptères.

A Ternate la vie est relativement facile aux Européens (jui peuvent y résider en sûreté et à l'abri des dangers auxquels les expose la population native d'Halmahera.

Un détroit assez large et parsemé lui-même de nombreux ilôts sépare Halmahera de la Nouvelle-Guinée , grande île , la plus grande avec Bornéo et Sumatra de toute 1' Océanie ; après l'Australie toutefois.

Les collections de Papillons foi'mées en Nouvelle-Guinée et que j'étudie plus loin en détail, proviennent:

V De l'île ValgJieii, séparée de la grande terre par le détroit de Danipier.

2° De l'île Saloaltl, située un peu au-dessous de Vaigheu et séparée de la Nouvelle-Guinée proprement dite par la passe de Galevo.

3" De Soron, sur la grande terre, juste en face de Salvatti.

4° D'Anddl, localité très voisine de Doreï, à l'entrée de la grande baie du Geelvink.

5' D'Hatam, qui se trouve à l'intérieur du pays, au Sud- Ouest d'Andai, dans les monts Arfak.

()" Des îles Aru.

7" De l'île Yuk, (|ue les Papous appellent aussi Roro; de la cùle cil face de celle pelile lie ; de Najabui et du moiU Epa , lieux situés autour de la bai(; de Hall, dans le golfe de Pal)ouasie, près de l'extrémité méridionale de la Nouvelle-Guinée et sur la côte Sud, c'est-à-dire juste à l'opposé tle Vaiiiln'ii . d(*

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Salvalli , (le Soron , iXAndal ot (Y Ilnfa/// , localités toutes placées à la pointe Nord-Ouest do la grande île.

8" Enfin de Somerset, extrémité du Cap ^'ork, pointe de l'Australie regardant la Nouvelle-Guinée dont elle n'est séparée (jue par le détroit de Terres.

Bien des naturalistes ont visité les Moluques et la Papouasie et depuis Dumont d'Urville des voyageurs anglais, français, italiens, hollandais, allemands, et même américains, Wallaco, Lorquin , Beccari, d'All)ertis, Bruijn, Meyer , James, Laglaize , Raffray, etc., ont exjiloré diverses parties de cette (juantité d'îlc^s et d'ilôts qui s'élèvent du sein de l'océan Pacifique.

Grâce à ces chasseurs zélés, de nombreuses collections entomologiques sont arrivées en Europe; mais la faune de ces régions est si variée et la création des Lépidoptères y a un tel degré d'intensité et de richesse que chaque expédition, si elle ne contient pas toutes les espèces précédemment récoltées, apporte de nouvelles formes, jusque-là inconnues et dont quelques-unes d'une grande beauté.

En tète de la création lépidoptérologique en Océanie , on distingue les magnifiques Ornithoptères dont le vol ressemble à celui des oiseaux et que comme eux il faut souvent abattre avec le plomb, si on veut les capturer.

Puis viennent les Papllln , noble genre présentant des formes si variées, toujours particulièrement empreintes de distinction, et offrant aussi les couleurs les plus somptueuses, notamment ces admirables nuances bleues qui rivalisent avec celles des Morphos américains.

Ensuite ce sont les Piérides, superbes également, très fertiles en espèces, mais généralement peu nombreuses en individus; les Terias jaunes à bordure noire, communes partout et formant avec h^ Dana ides et les sombres Euploea, comme le fond, au moins quant au nombre des exemplaires, de la faune océanienne.

Enfin les grandes Idaea, blanches nK)uchetées de noir; les Diadeîna ; les Vanessides ; les Linienilis; les Charaxes aux nervures robustes; les Cijrestis aux ailes ({(''licates et éléganuneut

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festonnées; la populeuse légion des Satyres; de délicieux Lycènides tout liturés d'or, ou présentant toutes les nuances du plus beau bleu, achèvent avec les Ilespérldcs la série des tribus de Papillons Rhopalocéres que le Créateur a si libéralement répandus et si magnifiquement variés aux Moluques et en Papouasie.

Plus de 220 espèces de Rhopalocéres font l'objet d'une détermination critique dans le présent travail.

Tous les Naturalistes qui ont cherché à déterminer exactement des collections entomologiques, savent combien il est long et souvent difficile d'arriver à cette certitude du nom, qui est le but désiré.

Je n'ai épargné aucune peine pour atteindre ce résultat et, afin de faciliter l'étude des collections du Musée civique de Gênes qui , au point de vue de la faune océanienne , sont assurément des plus importantes, j'ai cru devoir donner à chaque Papillon un numéro qui pei'mettra aux Lépidoptéristes de savoir exactement de quel échantillon même j'ai voulu parler.

Je ne me dissimule pas que l'adjonction continuelle de numéros à mes dissertations critiques sur chaque espèce ne nuise beaucoup au style et même à la facilité de la lecture courante.

Mais ayant par-dessus tout à coeur de ftiire une oeuvre véritablement scientifique, j'ai tout sacrifié à cette nécessité qui, suivant moi, prime toute autre considération.

Il m'a paru en effet qu'il était fort important de pouvoir toujours et dans tous les cas exactement connaître le Papillon même auquel s'attache telle ou telle particularité.

En inscrivant sur l'étiquette de chaque Papillon que j'ai déterminé, outre son nom, le numéro correspondant à celui mentionné dans cette étude, j'ai la conviction de faciliter beaucoup le contrôle de mon travail.

J'ai été amené à suivre cette méthode par les variations que subissent beaucoup d'espèces, ce qui oblige, pour les connaître à réunir par des individus de transition ceux qui sont aux extrémités.

Ces variations, dans lesquelles une espèce peut se mouvoir, sont à couj) sûr du })lus haut intérêt.

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