CONCLUSIONS
I. — Les cornes des paupières consistent en des proéminences coniques ou cylindriques, droites ou incurvées, rarement bifurquées. Leur consistance est cornée, à surface striée longitudinalement et transversalement, de coloration jaunâtre, grisâtre, allant jusqu’au brun ; elles rappellent plus ou moins les
cornes des animaux.
II. — Ces productions cornées sont d’observation assez rare, nous n'avons pu en trouver que 43 cas dans la littérature ophtalmologique auxquels nous ajoutons 3 observations inédites prises à la Clinique de M. le Professeur Rollet.
On les note indifféremment dans les deux sexes et spécialement à un âge avancé, c’est-à-dire dans 80 des cas au-dessus de 40 ans. Les voiles palpébraux sont atteints avec une fréquence égale, soit d’un côté, soit de l’autre. La corne palpébrale est toujours uni-
que.
Line
III. Les cornes des paupières sont des tumeurs dermo-épidermiques caractérisées essentiellement par la prolifération de l’épiderme au-dessus d’une ou plusieurs papilles hyperplasiées. Cette prolifération aboutit en définitive à la formation d’une couche épaisse de tissu de kératose pure.
Les caractères histologiques de ces tumeurs les rapprochent des épithéliomas globo-cellulaires mais dans les cornes pures on ne trouve jamais de boyaux épithéliomateux dans le derme et les kariokynèses y sont très rares et toujours normales.
On pourrait définir en somme la corne : un épithélioma globo-cellulaire à développement uniquement en surface et sans aucun caractère histologique de
malignité.
IV. — Le diagnostic des cornes est simple. On ne les confondra pas avec le MOLLUSCUM CONTAGIOSUM, LE NŒVUS KÉRATOSIQUE, LES NŒVI MOSLLUSCUM, les éléments de KÉRATOSE SÉNILE, LE PAPILLOME, et L'ÉPITHÈ- LIOMA VÉGÉTANT : dans cette tumeur maligne, l’ablation simple laisse une surface néoplasique ulcérée ou fongueuse, c’est-à-dire une partie du néoplasme, dans la corne cette production enlevée du doigt en peut voir un tissu normal car le derme est peu ou pas inté-
ressé.
V. — Le pronostic de la corne est essentiellement bénin puisqu'il s’agit d’une prolifération épidermique; sous l'influence de grattage, la transformation en épithélioma est possible, nous n’en signalons qu’un seul cas.
VI. — Récemment on a préconisé le traitement radio-thérapique, mais il est lent dans une tumeur dont l’ablation est si simple.
Le traitement de choix consiste donc dans l’ablation de la corne au bistouri ou au ciseau suivie d’un coup de curette, ou mieux d’une excision de la base, avec un point de suture. On préviendra ainsi les récidives qui se produisent apres une section simple au ciseau.
Le PRÉSIDENT DE LA THèse Vu : Etienne ROLLET Le Doyen, Juan LÉPINE.
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 3 Mars 1925 Le R&CTEUR, PRÉSIDENT pu Conseiz pe L'UNiversrré, CAVALIER.