‹ Étude sur les cornes palpébralesChapitre 12 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Symptomatologie.

Les cornes se montrent quelquefois sous forme d’excroissances plates, le plus souvent pourtant, ce sont des productions allongées, coniques ou un peu aplaties, droites ou contournées en spirales, incurvées en arc, leur sommet est ordinairement simple, rarement bifurqué; elles sont d'ordinaire mobiles, participant aux impulsions que la peau reçoit des muscles sous-cutanés à moins que l’inflammation chronique du tissu cellulaire sous-jacent à la base n’ait immobilisé celle-ci.

Les dimensions de ces productions sont variables, elles peuvent atteindre la longueur de 2 à 3 centimétres et même plus, leur diamètre varie de 1/2 à 2 centimètres, leur consistance est à peu près celle des ongles, les parties les plus fermes composent le sommet de la végétation, tandis que la substance de la base de formation plus récente est d’une consistance beaucoup moins considérable. Leur coloration varie entre le jaune grisâtre et le brun, elle est d'autant plus foncée qu'on se rapproche davantage du sommet ; leur sur-

face porte des striations transversales et des canne.

AU

lures longitudinales qui suiventles contours des spires, quelquefois elle est rugueuse, inégale, mamelonnée, couverte d’aspérités.

« Au début de leur formation, les productions cornées constituent de pelites proéminences coniques, molles, flexibles, enveloppées d’une couche épidermique qui les fait paraître enkystées; au fur et à mesure qu’elles grandissent, elles deviennent plus dures, d’une coloraüon plus foncée ; la couche épidermique qui les recouvrait, soulevée par l’excroissance, se déchire et finit par former autour de la base une sorte de gaîne qui s'élève plus ou moins haut, elles tombent quelquefois spontanément mais elles se reproduisent avec opiniätreté ».

La forme, la couleur, la consistance, le siège, la structure et l'odeur que ces appendices exhalent par la combustion, les distinguent suffisamment des croûtes sèches, dures pyramidales, qui surmontent quelquefois les ulcères syphilitiques, cancéreux et scrofuleux.

Les productions cornées se développent toujours avec lenteur. Elles sont rarement douloureuses par elles-mêmes, mais peuvent le devenir par Pirritation et Pinflammation chronique de la base, par limplanta tion de l’extrémité libre et recourbée dans le téqument ambiant, ou enfin par les entraves qu’elles opposent aux mouvements des paupières, le larmoiement, par l’ectropion et le catarrhe conjectival consécutif. « Elles « reparaissent opiniâtrement après la section par laligature, et les productions ultérieures sont souvent moins

« compactes et d’une conformation moins régulière

que les premières, parfois elles tombent à la suite

« d’un travail ulcératif qui s’empare de leur base ; « mais cette chute peut être tout-à-fait spontanée ; « elle s’accomplit même dans le cas en vertu d’une « sorte de mue périodique. Dans le fait rapporté par « Ritter,la mue avait lieu versl’équinoxe du printemps ; « jamais ou presque jamais cette chute spontanée n’a « été suivie de guérison définitive ».

Les individus atteints de végétations cornées jouissent ordinairement d’une santé régulière ; ces productions constituent rarement une affection sérieuse par elle-même, elles peuvent devenir graves : « par leur « siège, par leur accroissement continuel qui amène peu

« à peu l’extrémité libre et incurvée à léser les parties

du téçument plusou moins éloignées ; par les inflam-

mations douloureuses, les cancroïdes mêmes qui peu- « vent se produire à leur base continuellement irritée « par les chocs, frottements, les mouvements impri- «més à la corne ; enfin par Pinfluence morale « dépressive qu’elles exercent quelquefois, sur le « sujet ».

Lesirritations locales ont provoqué manifestement

le développement de ces excroissances.

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