AVANT-PROPOS
Dans l'introduction de son travail « Des cystites non tubercaleuses chez la femme » (Paris, 1892), Reblaub écrivait : « La cystite passe pour n'être pas fréquente chez la femme, et cela avec juste raison. Car on ne saurait incriminer, dans les cystites de la femme, les deux grands facteurs auxquels est imputable la grande majorité des cystites de l’homme, c’est-à-dire les rétrécissements de l’urètre et les hypertrophies de la prostate. »
Si ceci est vrai, la cystite de la femme présente en revanche une marche plus traînante, une tendance spéciale à la chronicité ; elle résiste souvent aux traitements les mieux conduits ou récidive facilement.
Nous avons eu l’occasion d'étudier et de suivre dans le service de clinique urologique de M. le professeur Marion, à l'hôpital Necker, certaines de ces cystites, chroniques par leur évolution, dont quelques-unes dataient de plusieurs années. Il était facile de constater par les commémoratifs que la plupart ont été soumises à une thérapeutique rationnelle des cystites,
sous forme de médication calmante, antiphlogistique, lavages, etc., dès le début de leur affection, ce qui n’a pas empêché l'infection vésicale de persister et d'évoluer.
Les malades qui font l'objet de notre travail sont des femmes entre 40-55 ans, chez lesquelles le début de l'affection remonte — comme nous l’avons mentionné — parfois à plusieurs années. |
En face de la ténacité et de la persistance de ces cystites, nous avons essayé de préciser les conditions étiologiques dans lesquelles elles sont apparues.
Or, toutes les malades interrogées sur le début de leur affection répondaient — sauf dans un cas, où la malade n’a pu préciser les circonstances qui accompagnaient le début de sa maladie — qu'à l’époque de ce début, elles étaient atteintes d'écoulement leucorrhéique abondant, ou que ce début coïncidait avec une recrudescence dans une leucorrhée ancienne.
Orienté par cet interrogatoire vers un examen de l’appareil génital, nous avons constaté dans tous ces cas l’existence d’une métrite cervicale chronique chez des malades atteintes en outre d’une inflammation de la vessie.
Vu l’apparition de ces infections vésicales consécutivement à des infections utérines, et leur persistance malgré un traitement rationnel, il nous semblait juste de conclure qu'il ne faut considérer ces cystites que comme des complications de l'affection utérine.
Il s'agissait donc dans les cas observés de cette
variété de cystites que Guyon a dénommées génitales, et nous avons cru intéressant de reprendre dans notre thèse l’étude des rapports qui peuvent exister entre les inflammations chroniques de l’utérus et certaines cystites.
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