CHAPITRE II CLASSIFICATION DES EAUX
Durand Fardel, dans son « Traité des eaux minérales, classe les eaux d’Euzet dans les sulfurées calciques. Pour lui l’origine de ces eaux est la suivante: « Ce sont des eaux sulfatées calcaires qui, passant à traVers des terrains chargés de matières organiques, de la tourbe, par exemple, s’y décomposent. L’oxygène des sulfates se combine avec les matières organiques pour faire de l’acide carbonique et dé l’eau. 11 reste du sulfure de calcium. Une partie de l'acide carbonique déplace du sulfure en formant du carbonate de calcium ét laisse en dissolution, ou déplace de l’hydrogène sulfuré. Il en résulte que ces eaux renferment de l'hydrogène sulfuré libre. »
Trai:ant des eaux d’Euzet, en général, le docteur Perier écrivait: &« La composition chimique de cette eau lui assigne une place particulière; l’analyse témoigne qu’elle n’a pas de similaire parmi toutes les eaux minérales utilisées. Il en est, du reste, ainsi de la plupart de nos sources. Si certains points communs permettent de les grouper, d'autres les spécialisent, donnant à chacune d'elles, des propriétés thérapeutiques que l'analyse chimique a pu inviter à rechercher, mais que seule l’expérimentation clinique établit définitivement ».
2e OÙ)
Par ses sels de chaux et de magnésie, additionnés quelque peu de potasse et de soude, l’eau d’Euzet se rapproche des eaux de Contrexeville, à tel point que l’on a pu dénomner la source Bechamp, la & Contrexeville méridionale ». : Ces sels se trouvent cependant à plus haute dose dans les eaux d'Euzet que dans celles des sources vosgiennes. Mais. ce qui leur communique un caractère bien spécial, c’est l'acide sukfhydrique, l’hyposulfite de soude et le bitume qu’on y rencontre, combinés avec les sels de chaux et de magnésie. Il y a là un ensemble de substances actives donnant à cette eau une très grande originalité.
En résumé, nous croyons devoir conclure que les eaux d’Euzet sont des eaux sulfatées, calcaires ou même des sulfatées mixtes. Aucun doute n’est possible pour la source Bechamp où la présence de soufre sous une forme quelconque n’est signalée dans aucune analyse. Les eaux de la source Lavallette, par suite de leur passage au travers de terrains chargés de matières organiques sont sulfureuses accidentelles, mais nous ne croyons pas devoir les ranger dans la classe des sulfurées calciques, car aucune analyse ne mentionne la présence de sulfure, le soufre n’existant, dans ces eaux, qu’à l’état d'hydrogène sulfuré libre d'hyposulñte et de sulfates.