‹ Etude sur les Eaux Minérales de CapverneChapitre 11 sur 18 · OO USE · texte numérisé non relu

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que la question de régime jouera un grand rôle dans la persistance des effets obtenus.

Ils doivent renoncer à l'usage abondant et trop souvent répété des viandes de mouton, de bœuf et de gibier; s’abstenir de boissons acooliques et excitantes, telles que le eafé et le thé, de vins généreux. Qu'ils boivent, au contraire, des vins légers et arrosés de beaucoup d’eau, de préférence de l’eau de Seltz. Que si, par profession, ils mènent une vie sédentaire, ils doivent, autant que possible, se souvenir que l'exercice au grand air leur est indispensable, pourvu qu'il ne dégénère pas en fatigue.

Enfin, ils doivent continuer à domicile le traitement par l’eau minérale s’ils veulent obtenir une guérison durahle. |

M. D..., négociant, de Bordeaux, d'un tempérament sanguin et jouissant d’une bonne constitution, lors de mon voyage à Capvern, avait été atteint plusieurs fois de coliques néphrétiques, quand, sur les conseils de son médecin, M. le D: Denucé, il se rendit à cette station. C'était en 1877. Comme il le lui avait prescrit, il prit des bains à la Hount-Caoute et but, les premiers jours, de quatre à six verres d’eau minérale. Quelques jours après, il eut une crise néphrétique, mais moins violente que celles qu’il avait éprouvé jusqu'alors. Le lendemain, il rendit six graviers de la grosseur d’un grain de chènevis.

Depuis cette époque, M. D... m’a assuré n’avoir ja-

A — mais éprouvé de coliques néphrétiques : parfois cependant il rend encore quelques sables rouges.

Au moment où je voyais M. D..., il n’avait pas encore une seule année manqué son voyage à Capvern.

Si la gravelle acide a pour cause un régime trop fortement azoté, la gravelle alcaline procède d’une cause contraire. Elle se montre chez les sujets cadues, les malades profondément débilités, dans des conditions d’alimentation insuffisante et d'hygiène dépressive; dans le marasme des fièvres graves ; sous l'influence des désordres intenses de l’organisme nerveux.

Dans ces cas l’urine a perdu son acidité normale: elle est devenue alcaline parle fait de la production en quantité moindre des acides, tandis qu’il y a prédominance des bases.

L’ammoniaque s’empare de l’acide phosphorique dont l’excès rendait soluble les sels de phosphate de chaux et de magnésie et s'associe à ce dernier pour former un sel double ammoniaco-magnésien essentiellement cristallisable. Si l'on ajoute encore le séjour prolongé de l'urine dans la vessie ou dans une cavité de l’appareil urinaire, cette cristallisation sera doublement favorisée.

Puisque la gravelle blanche coïncide avec l’atonie de la force vitale et les débilités organiques qui en sont les résultats, la base au traitement doit être l'emploi des toniques sous toutes les formes. Le ré-

gime doit être ici fortement azoté: tout le contraire de ce qui est prescrit pour la gravelle urique.

L'on doit empêcher à tout prix le séjour prolongé de l’urine dans la vessie, afin d'éviter la déposition des matières salines.

L'eau de la Hount-Caoute par ses propriétés si fortement diurétiques trouve ici encore emploi, car il faut aux malades également une eau tonique el réparatrice, et.elle est tout cela. |

Si dans la gravelle et les coliques néphrétiques, l’eau de la Hount-Caoute est utile, il n’en est pas de même dans certaines formes de catarrhe vésical.

L'on sait que cette maladie est un des tristes apanages de la vieillesse, et une infirmité très tenace. A cemoment de l'existence la vessie, comme la plupart des organes, a perdu une partie de sa tonicité; elle est devenue paresseuse. Si à cette atonie vient s'ajouter une autre cause mettant obstacle à l’évacuation complète de l’urine, comme le rétrécissement de l’urêthre, l’hypertrophie de la prostate, les calculs, une névralgie du col de la vessie, l'urine séjournera plus longtemps dans ce réservoir. Elle se décomposera, deviendra ainsi une cause permanente d'irritation pour la muqueuse dont les glandes deviendront le siège d’une hypersécretion.

L'urine devient alors trouble, alcaline, à odeur fortement ammoniacale. Elle tient en suspension un nuage blanchâtre formé par le mucus provenant de l'hypersécrétion des glandes de la muqueuse.

D’après l’état de la muqueuse vésicale, le malade

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éprouve des douleurs plus où moins sourdes, intermittentes, provoquant un certain malaise à l’hypogastre, un embarras au périnée; dans une période plus avancée, ne laissant plus un moment de repos au malade, la miction plus fréquente et plus douloureuseoccasionne des exacerbations atroces. Alors la fièvre s'allume, la peau devient sèche, le malade maigrit, perd ses forces, ses membres inférieurs s’ædématient, il tombe dans le marasme et finit par succomber.

Il serait heureux que le traitement par l’eau de la Hount-Caoute pût toujours avoir raison de cet état. Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi.

Si le catarrhe vésical est simple, et qu’il soit encore au premier degré, lorsqu'il est constitué par une exagération plus ou moins considérable dans la sécrétion de la muqueuse vésicale sans altération grave destissusenvahisle malade guérira. Les premiers jours du traitement les sécrétions morbides seront augmentées sous l'influence de l'excitation produite par l’eau minérale. Cela durera quelques jours, puis elles disparaîtront peu à peu. Les spasmes douloureux deviendront moins fréquents, les besoins d’uriner plus rares. L’urine reprendra sa limpidité et son acidité normales, elle perdra son odeur ammoniacale. L'état général s'améliorera. Mais pour obtenir ces résultats l’on devra être sobre de l'eau en boisson et selon les cas prescrire les bains au grand établissement ou les bains du Bouridé.

Quand l'affection est parvenue au deuxième de-

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gré, quand la muqueuse vésicale est le siège d’érosions, et que les sécrétions purulentes se mêlent aux glaires muqueuses ; dans ces cas l’on doit redoubler de prudence, l’on doit ordonner l’eau en três petite quantité, en surveiller attentivements les effets, afin que son action ne dépasse pas cette limite de l’excitaticn curative, Et malgré tout combien de fois ne voit-on pasles malades repartir plus souffrants qu'à leur arrivée.

Chez les malades ‘affectés de catarrhe vésical à la dernière période, le plus prudent pour eux est d'éviter les fatigues d’un voyage plus ou moins long’, car Capvern ne ferait qu’augmenter leurs souffrances, l’eau de la Hount-Caoute imprimant une activité plus grande au travail de désorganisation, dont les parois vésicales sont le siège.

Le traitement de la prostatit chronique sera le même que celui du catarrhe vésical, seulement les malades seront soumis à l'usage de l’eau de la Hount- Caoute, à la dose progressive de trois à six verres par jour. L'on conseille les bains sédatifs du Bouridé si le sujet n’est pas anémique; l’on prescrira en même temps des douches froides intra-rectales et périnéales,

Plusieurs affections de l’utérus, surtout les dérangements dans la menstruation, sont favorablement modifiées par l’eau de la Hount-Caoute. Cependant l’eau du Bouridéest le plus souvent plus utile ; aussi ce n’est que dans les cas où il y aura une indication formelle de forüfier l'organisme et de donner de

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la plasticité au sang que l’on emploiera l’eau de la Hount-Caoute. Elle guérit alors promptement. II faut l’administrer en boisson, sous forme de bains et de douches générales et seconder son action par une alimentation réparatrice.

C'est ainsi que l’on traitera l’aménorrhée qui est sous la dépendance d'un état anémique, la dysmé= norrhée. L’excitation produite sur l’utérus hâtera l'écoulement du flux menstruel. L'eau de la Hount- Caoute le rendra plus abondant ou en déterminera l’apparition. |

Dans les métrorrhagies passives qui ont lieu fréquemment chez certaines femmes lymphatiques à l’époque de la ménopause, elle doit agir par la tonicité qu’elle imprime à tout le système par les modifications locales qu’elle produit. Pourvu toutefois que ces écoulements sanguins ne soientpas le symptôme d'une dégénérescence des tissus plus ou moins avancée, car alors on voit les accidents hémorrhagiques augmenter et il convient alors de ne pas insister sur la médication. |

Je ne dois pas oublier que le D' Ticier a vanté les effets de l'eau de la Hount dans la stérilité: IL est probable que si des cas de fécondité ont pu être attribués à la Hount-Caoute, ce n’est que parce que le relèvement général des forces dû à cetteeau a augmenté la puissance procréatrice chez les deux sexes.

Enfin grâce au fer, à l’arsenic au cobalt et autres métaux qu’elle contient, l’eau de la Hount-Caoute, réussit admirablement dans la chlorose, les ané-

s-30 — mies essentielles ou survenues à ‘la suite de maladies graves dont la convalescence est lorgue et difficile.

Les goutteux affluent eux aussi fort nombreux à Capvern et les améliorations produites dans cette maladie constitutionnelle paraissent devoir ajouter encore à la vogue de cette station thermale.

La goutte est aujourd’hui parfaitement connue dans ses manifestations et dans sa nature.

L'on sait que comme la gravelle elle est une des manifestations de la idiathèse urique. « J'ai la néphrétique, écrivait Erasme à un de ses amis, tu as la goutte ; nous avons épousé les deux sœurs». En effet si la gravelle est caractérisée par la présence d’un excès d’acide urique dans les urines, cet excès dans la goutte se retrouve dans le sang.

Garrod a démontré que, tandis que dans le sang normal l’on ne trouve que des traces d’acide urique, chez les goutteux l’onentrouve de 0 gr. 0029 à 0 gr. 01413 pour 65 gr. de sérum.

Pour les uns cet excès d’acide urique dépend d’une combustion incomplète des matières azotées albuminoïdes, car en raison .de leur moindre affinité pour l'oxygène elles sont plus difficilement oxydées et cette oxydation imparfaite produit l'acide urique et les urates ; s'ils sont produits en excès ou s'ils ne sont complètement éliminées, ils s’accumulent dans différents points de l'organisme et troublent par leur présence les fonctions des différents organes où 1ls se sont portés.

M. le professeur Robin (Leçons sur les humeurs normales et morbides) donne une autre explication : « Lorsque l’on considère les tissus fibrineux de l’'économie,on voit que dans l’acte de la nutrition ilss’assimilent les substances amyloïdes qui vont se changer en géline, partie constituante de ces tissus; dans l’acte de la désassimilation cette géline se dédouble en principes cristallisables, au nombre desquels prédominent les urates et l'acide urique. Or,si par une cause ou une autre,ce mouvement de désassimilation s’exagère, il en résulte une production plus abondante de cet acide et de ces sels qui saturent lesang et entraînent un état pathologique répondant à ceque le D' Garrod a désigné sous le nom de diathèseurique. »

Quelle que soit la nature de la goutte, elle se présente soit à l’étataigu soit à l'état chronique.

La goutte aiguë peut débuter subitement sans phénomènes prémonitoires ; d'autres fois elle s’annonce par d’autres signes, tels que abattement, inquiétude, troubles dans les fonctions digestives.

L'accès apparaît la nuit et se porte d'emblée sur le grosorteil. Les douleurs sont intolérables, atroces, comparables à une brülure, à une sensation de tiraillements ou de dislocation de l'articulation. Pendant le jour elle se calme un peu pour reparaitre peudant la nuit avec plus d'intensité que la veille.

Cela peut durer ainsi cinq, six, huit jours, les douleurs cessant pendant le jour. Enfin survient

l'amélioration coïncidant avec la diminution de la rougeur et dugonflement qui avaient envahi l’articulation.

L'attaque de gouttepeut se composer d’une série d’accès durant plusieurs semaines.

Au dernier accès la peau de l'articulation devient ordinairement le siège d’un prurit assez vif et d'une exfoliation plus ou moïns abondante.

Toujours l'attaque de goutte aiguë est accompagnée de symptômes généraux; la langue est recouverte d’un enduit saburral; l’appétitest nul, la bouche amère pâteuse. Les garde-robes sont supprimées ; les urines rares, très colorées, laissent déposer des sédiments uriques.

Après l’attaque le malade revient rapidement à la santé et pour une période de temps plus ou moins longue. Ceci, dépendra de son hygiène. S'il commet des écarts de régime les accès seront plus nombreux, plus rapprochés, et la maladie revêt alors la forme chronique.

Cette forme chronique peut se montrer dès les premières manifestations, ce qui arrive chez les personnes âgées, et chez ceux qui plus jeunes ont l'organisme débilité, soit par des maladies antérieures, soit par un mauvais régime. |

Ici les accidents sont les mêmes, maïs avec une intensité moindre; en revanche les accès sont plus longs et beaucoup plus irréguliers, et ils donnent

lieu à des dépôts de matières salines dans l'intérieur et au pourtour des articulations, Des incrustations

d’urates appelées tophusse forment sur les surfaces périarticulaires et intra-articulaires et cela dès le premier accès.

« La formation des tophus s'explique pariune désassimilation s’opérant trop rapidement, et par la transsudation exosmotique des urates qui en est la conséquence, et qui, à son tour, a pour résultat le dépôt dans l'épaisseur du tissu cutané, principalement au niveau des articulations où le tissu fibreux prédomine, de ces matières crayeuses, dépôt qui se fera là absolument comme dans certaines maladies on voit se faire des dépôts de matières plastiques dans différents tissus.» (Ch. Robin, loc.'cit.)

Telle est en résumé l’affection goutteuse en n’oubliant point cependant qu’elle offre encore parfois des déplacements subits qui peuvent mettre en péril la vie ‘des malades.

La goutte comme la gravelle se présente chez les gens richeset bien nourris, gens chez lesquels le sang surchargé de matériaux nutritifs donne aux tissus articulaires un degré de sensibilité incompatible avec les fonctions presque entièrement passivesqu'ilssont appelés à remplir autour des articulations. L'on doit chercher à diminuer cet excès de vitalité, à désobstruer les tissus articulaires et faire disparaître en toutou en partie les souffrances atroces de ces malheureux.

Par ses propriétés délayantes, diurétiques, entraînantes des tophus, éliminatrice de l’acide urique contenu dans le sang, l’eau de la Hount-Caoute

— A() — ämprime à tout l’organismeun admirablemouvement de tonicité. L'absence de sels alcalins la rend de beaucoup supérieure aux eaux minérales qui en contiennent, comme Vals, Vichy, Elle n’a pas l'effet anémiant désastreux que beaucoup de médecins ont reproché aux sources alealines.

À Capvern, on peut prendre des bains dans la goutte chronique. Les douches sur les articulations produisent le remarquable effet de faire fondeles nodosités qui les ont envahies et en gênent les mouvements.

fei, lon n’a point la crainte de voir sous l’influence de l’eau prise en boisson, les manifestations goutteuses se transporter vers les organes de Ia digestion.

Malgré cela, l’on doit administrer ces eaux avec une certaine réserve, et tenir grand compte des prédispositions individuelles. Ainsi, chez un malade goutteux depuis de longues années, maigre, épuisé, en même temps que l’on ordonnera l’eau de la Hount-Caoute, l'on ne doit pas être d’une sévérité excessive sur la question du régime alimentaire ; l’on doit prescrire un régime mixte devant tonifier assez le malade, mais “ependaut sans dépasser une juste mesure.

Dans le traitement de la goutte, il s’agit de modifier le plus rapidement possible un état anormal du sang. Par leur tonicifé, les eaux de la Hount- Caoute, chassent par la peau, par les reins, par toutes les excrétions, les produits dont le sang est

TR LUE surchargé, elles aident puissamment à la poussée réparatrice,

Ce qui ajoute encore à l’action reconstituante de cette eau, c’est l'influence de l’air pur et oxygéné qui, de plusieurs lieues à la ronde, descend des ‘montagnes dans les gorges de Capvern.

Prise soit en boisson, soit en bains, soit en douches, l’eau de la Hount-Caoute stimule vivement l'organisme, l’hématose devient plus complète, le pouls se relève, les téœuments se colorent, tous les symptômes de la cachexie tendent à disparaitre chaque jour. Et si le malade a la constance de revenir plusieurs étés de suite à Capvern, son état s’amendera et la cachexie pourra disparaître. Plus tard, l'effet consécutif des eaux modifiant le sang d’une manière favorable, prévient la formation de nouveaux produits uratiques, qui ne viennent plus s'ajouter aux anciens déjà éliminés.

L’on doit cependant, même à Capvern, s'abstenir de tout traitement actif de la goutte pendant une attaque, de crainte de voir se produire un de ces déplacements, sur un organe important pouvant occasionner des accidents mortels.

En résumé, je crois pouvoir conclure que l’eau de la Hount-Caoute a une action certaine dans le traitement de {a goutte. Sa composition, montrant l'absence des alcalins, permet de l’employer dans les gouttes chroniques sans craindre les effets fâcheux de l’anémie augmentant la cachexie gout-

teuse. Toutes les constitutions, quelque nerveuses, Fabre. 6

quelque fatiguées qu’elles soient, pourront toujours en user, soit en bains, soiten douches, soiten boissons, sauf à en tempérer l’effet excitant par quelques bains sédatifs. |

Ces diverses propriétés font prévoir quencore, mieux connu, Capvern, plus fréquenté, offrira aux malheureux goutteux, sinon la guérison, du moins un soulagement à leurs souffrances.

Avant de terminer l’étudedes affections dans lesquelles agitl’eau dela Hount-Caoute ilme reste à parler du diabète sucré ou glycosurie,qui paraît devenir chaque jour de plus en plus commun. Quelle est la cause de cette fréquence ? Doit-on l’attribuer à notre organisation sociale, à nos mœurs, à nos habitudes, à notreusure prématurée au point de vue nerveux ? Ou plutôt, n'est-ce pas que, depuis que les travaux modernes ont appelé sur elle l'attention des observateurs, la glycosurie passe bien plus rarement inaperçue aujourd’hui qu’autrefois, et si quelquefois les phénomènes annoncés par les malades n’ont en eux-mêmes rien de significatifs, « le plus souvent, au milieu des différents symptômes dont on nous rend compte, nous en saisissons qui se présentent comme des signes de grande valeur, propres à nous mettre sur la voie d’un diagnostic que l'examen des urines complétera en nous révélant l'existence de la glycose (Trousseau). »

De même que pour la goutte, l’on a imaginé divèrses théories pour expliquer la nature du diabète.

Pour M. le professeur Bouchardat, le diabète se-

MA

rait le fait d'un vice dans la digestion des aliments féculents et sucrés, ceux-ci passant trop vite et en trop grande quantité dans le sang, d’où leur apparition dans l'urine. Mais cette théorie est renversée par le fait de la persistance du diabète en l'absence de toute alimentation féculente ou sucrée.

D’après M. Mialhe, si l'on trouve du sucre dans les urines, c'est que chez le diabétique le sang a perdu son alcalinité, et que la présence des alcalins dans le sang est nécessaire pour décomposer le sucre. Comme on a trouvé du sucre en grande quantité dans le sang de diabétiques chez lesquels l’alcalinité était très forte, cette théorie, pas plus que la première, n’est admissible.

1] était réservé à notre éminent. physiologiste, Claude Bernard, de donner la vraie théorie de la présence du sucre dans les urines. Ses belles découvertes ont prouvé que le foie avait non seulement pour fonction de sécréter la bile, mais encore un sucre de fécule identique avec le sucre diabétique, matière réellement fournie par le foie et nullement par l'alimentation, car on le rencontre chez tous les animaux, et, en proportions sensiblement égales, chez les différentes séries de l'espèce animale, quel que fût le genre d'alimentation dont ces espèces faisaient naturellement usage. De plus, Claude Bernard a démontré, en analysantle sang qui, des intestins, arrive au foie par la veine porte, et celui qui en sort par les veines sus-hépatiques pour se jeter dans la veine cave ne contenait pas ‘

de sucre ; tandis que celui des veines sus-hépatiques en contenait abondamment. Il est doncincontestable que la matière sucrée se forme dans la glande hépatique.

Mais le foie, comme toute glande, est sous la dépendance du système nerveux, et toute action produite sur celui-ci agit sur le premier et peut, dès lors, stimuler, modifier, ou même anéantir complètement la fonction dont il est chargé. Or, Claude Bernard a appris qu’en piquant le plancher du quatrième ventricule, le sucre, après uu certain temps, se répand dans l'organisme en si grande abondance qu'il apparaît dans les urines. L’excitation produite par cette piqûre s’est transmise au foie, la secrétion du sucre s’est exagérée, et le sang saturé de cette matière l’a entraînée à travers les poumons en telle quantité qu'une partie les traverse sans avoir été détruite, et arrive dans la circulation générale oùelle est éliminée presque en totalité par le rein.

Cette piqûre du quatrième ventricule irrite les nerfs vaso-moteurs du foie, les vaisseaux de cet organe se dilatent et occasionnent son hyperhémie et comme conséquence la glycosurie.

Des expériences de Schiff ont établi que la lésion des vaso-moteurs peut avoir lieu non seulement dans le quatrième ventricule, mais aussi dans le cordon antéro-latéral de la moelle ; or, cette conclusion pathologique a une grande importance, car il en résulte que certaines lésions médullaires sont

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