‹ Etude sur les Eaux Minérales de CapverneChapitre 16 sur 18 · X..., 30 ans, constitution vigoureuse, tempéra · texte numérisé non relu

X..., 30 ans, constitution vigoureuse, tempéra

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ment sanguin, ouvrier en cuivre de Paris, chargé de la pose des robinets et des tuyaux au nouvel établissement en construction à Capvern, se présente à notre examen, atteint d'un eczéma siégeant sur le dos de la main et remontant jusque vers le milieu de l’avant-bras. Cet eczéma offrant des signes d'inflammation récente datait de plusieurs années et était bénin : sous l’influence de l’eau de la Hount- Caoute, dans laquelle cet ouvrier, pour essayer le jet de ses robinets, était obligé de plonger les mains à chaque instant, le dos de la main se gonfla, rougit; les squames de l’eczéma se boursouflèrent ; 1l y eut douleur, froid et insomnie. Craignant une extension de l’inflammation locale et peut-être un phlegmon, nous conseillâmes au malade les bains du Bouridé, et X... eut la satisfaction de voir quatre jours après, c’est-à-dire après quatre : bains, non seulement l'inflammation disparaître complètement, mais encore l’eczéma lui-même, lequel n’a pas reparu de toute la saison.

M. Sancery fait suivre cette observation des remarques suivantes : L'excitation vive de l’eau de la Hount-Caoute fit repasser l’eczéma à l’état aigu; l'effet sédatif très prompt et finalement curatif de l’eau du Bouridé ; d’où nous sommes porté à croire, ajoute-t-il, que certaines affections de la peau, dartres légères, érythème simple, acnés récentes, qui ne sont pas sous l'influence d’une diathèse herpétique, peuvent être favorablement modifiées et

—152 LT) peut-être guéries par les bains du Bouridé, uniquement.

Il est à souhaiter que de nouvelles observations viennent s'ajouter à celle-ci et puissent ainsi la

sanctionner.

S'il est permis d’avoir encore quelques doutes au

sujet de l'efficacité des eaux du Bouridé dans les

dermatoses, il n’en est pas de même de certaines

affections utérines.

J'ai dit plus haut que, dans les cas d'absence, de suppressions de règles liées à un tempérament lymphatique se présentant alors chez les jeunes filles à peau décolorée, à chairs molles et bouffies, l’on doit employer l’eau de la Hount-Caoute. Mais, lorsque cette aménorrhée se présente, au con traire, chez les personnes à tempérament nervososanguin, il convient de demander la guérison à l’action hyposthénisante de la source du Bouridé. Ici il y a une véritable pléthore générale qui étend son action sur l'utérus. Cet organe est turgide ; son volume est démesurément augmenté, ses vaisseaux sont gorgés, ses fibres distendues, son ressort et sa contractilité g'ênés dans la liberté de leur action.

En déprimant les forces vitales, en calmant la surexcitation qui a été une des causes de congestion de l'organe, les eaux du Bouridé rétablissent ou régularisent les menstrues.

Parfois, chez quelques femmes plus ou moins âgées, les règles coulent soit avant, soit après

RO l’époque menstruelle, et, dans ces cas, cet écoulement est laborieux, accompagné de spasmes, de névralsies. L'on a désigné cet état du nom de dysménorrhée.

La dysménorrhée peut être d’origine nerveuse lorsqu'elle tient à un état de douleur; elle consiste alors en un trouble dans la manière dont la fluxion s'opère vers l'organe, ou dans celle dont l'utérus se prête à l'évacuation du liquide. Si, au contraire, elle tient à une congestion de l'organe, ou à une altération dans la manière dont elle se: produit, ce sera la dysménorrhée sanguine.

Dans ces cas, la médication la meilleure, à employer n'est-elle pas les antispasmodiques et les antiphlogistiques? Assurément oui. Comme les bains du Bouridé offrent ces deux propriétés, il y a indication d’en user. Et l’on a remarqué qu'après un traitement de vingt a vingt-cinq jours, les règles coulent abondamment, sans provoquer chez les malades ces souffrances qui précédaient ou escortaient les menstrues antérieures. Seulement il est bon d’ajouter que, pour parfaire sa ‘guérison, deux saisons sont indispensables.

Sans pouvoir expliquer comment agissent. les bains tempérés du Bouridé dans la métrite chronique, il est certain que, chaque année, l’on observe des cas de guérison dans cette maladie. L'on attribue ces heureuses modifications aux propriétés sédatives, hyposthénisantes, antiphlogistiques des bains qui, pris « pendant une heure ou deux, sous-

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ET: MES trayent du calorique, calment les ardeurs, les chaleurs qui existent dans le bassin; sous l'influence de leur actien sédative, les exagérations nerveuses s’effacent et la résolution de l’état congestif local ne tarde pas à se produire... » ( Ticier..)

N'est-ce pas plutôt que, comme l’on prescrit, en même temps que les lbains, de boire un ou deux verres d’eau de la Hount-Caoute, afin de faire disparaître les troubles gastriques, qui existent dans toute affection chronique de l'utérus, n'est-ce pas plutôt que c3s effets laxatifs produits par l’eau de la Hount-Caoute et maintenus dans une juste limite pendant plusieurs semaines produisent une dérivation sur le tube digestif. Cette dérivation régularise la circulation des organes contenus dans le bassin et diminue ainsi les incommodités produites par la stase sanguine chronique, cause de la congestion de l’utérus.

L'on rencontre malheureusement trop souvent des personnes atteintes de névralgies depuis fort longtemps, ayant eu recours aux médications si nombreuses et si variées que l’on emploie dans ces maladies, sans avoir vu leurs souffrances s’atténuer. Quelques-uns, cependant, ont retiré de bons effets de l’hydrothérapie. Mais, comme elle n’est pas toujours convenablement supportée par certains sujets dont l’état s’aggrave quelquefois sous l’influence de son action révulsive énergique, dans ces 6as, comme dernière ressource, restent les eaux . minérales sédatives.

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L'eau du Bouridé, sédative par excellence, doit être employée ici de fpréférence à toute autre eau minérale. Sous l'influence des bains, l’état ne tarde pas à s'améliorer. Si les douches de courte durée peuvent être tolérées, d’abord tempérées, puis froides, la guérison arrivera et persistera. Et afin. d'aider à la tonification de l’état général ordinairement affecté, chaque jour un à deux verres au plus d’eau de la Hount-fGaoute, stimuleront les fonetions languissantes; et l’air pur et oxygéné des montagnes venant ajouter son action à celle des deux sources, les malades verront promptement se rétablir le jeu des organes et assisteront à leur propre résurrection.

Les chorées graves, pour si invétérées qu’elles soient, ne résistent pas davantage à l'usage journalier des bains de Bouridé, même alors que tout l'arsenal des antispasmodiques et des calmants a échoué. Géneralement, dès les premiers jours un amendement notable se déclare; les mouvements musculaires sont moins désordonnés; les contractions spasmodiques des muscles de la face cessent. L'amélioration s’accentue, de jour en jour, et le plus souvent, vers le quinzième bain, les spasmes choréiques disparaissent, et les malades atteints de cette pénible névrose retrouvent les forces et la santé.

Que si, par hasard, la période de traitement écoulée, le malade n'a point éprouvé d’amélioration, l’on ne doit pas désespérer, car, il se peut

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qu'après un temps assez rapproché, les symptômes de cette affection disparaissent. Un cas de ce genre a été cité par le D: Ticier.

Enfin, et pour terminer, je ne dois pas oublier que les malades atteints de rhumatisme viennent eux aussi se soigner à Capvern. Beaucoup d'entre eux sont des habitants du fond des vallées froides et humides des montagnes. Comme la plupart sont des individus pâles, lymphatiques, chez lesquels le rhumatisme est lié à la faiblesse, à l’anémie, ils seront traités et guéris par l’eau de la Hount-Caoute.

Mais il est une autre catégorie de ma:ades d'un tempérament nerveux,d’uneexcitabilitétrèsgrande, chez lesquels le rhumatisme se caractérise surtout par la vivacité et la mobilité des douleurs. Atteint moi-même de celte variété de rhumatismes et, reconnu depuis longtemps de nature nerveuse, ce rhumaiüsme offrait les caractères que je viens de citer, et coincidait le plus habituellement avec les variations de température. Son siège de prédilection était la région thoracique.

Lors de mon arrivée à Capvern, j'éprouvai une attaque plus forte que les précédentes. M. le D' Sancery qui me donna ses soins me recommanda de m'arrêter au Bouridé, les jours où mes excursions dans la montagne m'auraient attiré dans le ravin où se trouve cet établissement. Je suivis ses conseils, Je pris plusieurs bains durant mon séjour: dix, autant que je m'en souviens. Depuis cette époque, les douleurs que j'éprouvais et qui

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