‹ Étude sur les écoles techniques de l'industrie du bâtiment et de l'industrie du bois en AllemagneChapitre 26 sur 61 · But et caractère · texte numérisé non relu

But et caractère

Les écoles du bâtiment sont destinées à former des ouvriers d'élite, des conducteurs de constructions, des entrepreneurs ; elles ne font pas double emploi avec les écoles d'art industriel, ni avec celles des corporations; elles ont un but propre et répondent au besoin général suivant : les ouvriers d'élite, contremaîtres, conducteurs, entrepreneurs du bâtiment, doivent avant tout être des praticiens habiles et connaître à fond l'industrie dans les limites du chantier ; on exige d'eux une connaissance parfaite des matériaux, science qui constitue le point de départ de tout le travail ; ils doivent distinguer les matériaux de bonne ou de mauvaise qualité et se rendre compte de leurs propriétés, afin de pouvoir en faire un choix judicieux ; ils doivent connaître l'agencement et le fonctionnement de l'outillage employé par l'ouvrier et par l'entre-

cation des pièces de renfort, telles que les jambettes et les contrefiches, etc. En résumé : analyse des formes et de leur fonction, reproduction en perspective parallèle, en plan, élévation, coupes, synthèse des différents éléments en toitures complètes ; comme but final des études, dessin complet de la toiture, plan, élévation, coupes transversales.

Les cintres, — L'attention des écoles se porte sur tout ce qui peut être utile au charpentier; donc aussi sur les cintres qui servent de moyen d'exécution aux arcs et aux voûtes. Sur le chantier, le charpentier est chargé de la confection des cintres; pour ne pas être au-dessous de sa tâche, il faut qu'il connaisse leur fonction, leur construction et leur tracé.

La méthode d'enseignement, toujours invariable, met l'élève en présence de l'objet lui-même : les cintres en réduction des différents systèmes usuels, tant pour les portes et croisées cintrées, que pour les voûtes des caves et même des ponts.

D'une discussion en commun se dégage la fonction du cintre, la disposition des pièces constituantes ; sur un cintre-type, le professeur examine les pièces principales : entraits, poinçons, arbalétriers courbes, etc. ; il fait un rapprochement entre la fonction et la construction des combles et celles des cintres. Comme conclusion : le tracé en élévation avec les nœuds à plus grande échelle.

La même étude est reprise à propos d'autres cintres surhaussés, surbaissés, en ogive, et le tout forme un complément utile au métier.

Les échafaudages. — Tant pour la sécurité des ouvriers que pour l'exécution facile des travaux, l'échafaudage joue un rôle tellement important dans la construction, que son étude doit avoir sa place au programme : il en forme même une partie intéressante.

Depuis l'échafaudage le plus simple, dressé sur chevalets ou sur échasses reliées par des traverses, jusqu'aux échafaudages d'assemblage destinés aux grandes constructions, ces engins, exécutés en réduction, sont à la disposition des maîtres et des élèves Dans une de ces écoles, nous trouvons même une maquette du palais du Reichstag de Berlin entouré de son échafaudage, qui, au dire des charpentiers, était un véritable chef-d'œuvre de science. Les échafaudages sont étudiés, scrutés dans leurs assemblages, dans leur solidité, et de ces études concrètes se déduisent les règles de leur construction et de leur combinaison d'après le poids des matériaux, le nombre des ouvriers, etc.

Ces études préparatoires de construction jettent une vive clarté sur les tracés graphiques.

Tel est Tesprit des études pour les charpentiers. Les formes de charpente du passé, si ingénieuses, sont raisonnées et transformées d'après les combinaisons que la cherté du bois et la science de la stabilité et de la résistance nous a fait trouver par raison d'économie. Les études de construction et de dessin conservent leur caractère à travers les trois semestres; elles doivent donner aux élèves charpentiers la science technique, le sens de la stabilité et des résistances, qui leur permet de combiner la charpente de manière à réaliser une force et une légèreté même supérieures à celles que montrent les travaux de nos ancêtres ; pour ce motif, l'école ne se borne pas à copier les modèles du passé, mais elle raisonne leurs principes et les applique de façon à réaliser par le minimum de bois le maximum de solidité.

CLASSE DES MAÇONS

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