‹ Étude sur les écoles techniques de l'industrie du bâtiment et de l'industrie du bois en AllemagneChapitre 29 sur 61 · Matériel d'enseignement · texte numérisé non relu

Matériel d'enseignement

Le principal matériel de cette classe est une collection de briques grande nature et réduites aux dimensions de 25, 1,25 et 4 millimètres ; des voûtes et des arcs des différents systèmes, modelés en terre glaise, maçonnés en petit appareil ou encore en pierre de taille. Les murs sont tapissés de planches qui résument la construction en briques, les différents appareils, le tracé des arcs, des piliers, pilastres, etc. Ces planches sont la reproduction des ouvrages très connus de Degen, Pritzner et d'autres, qui servent de document dans toutes les écoles allemandes du bâtiment.

Premier semestre. — Comme pour les charpentiers, les études graphiques et pratiques sont étayées des connaissances techniques; elles comportent tous les procédés d'exécution des divers genres de maçonnerie usuelle; mais le premier semestre se borne à enseigner la nature et les modes d'emploi des matériaux, sans rien spécifier sur leur mise en œuvre dans les travaux.

Nous relevons sur les travaux graphiques des élèves :

a) Le mur en matériaux artificiels (brique); ses éléments : les assises et les joints verticaux et horizontaux ;

b) La brique, ses propriétés et ses défauts ; dimensions normales d'après la région ;

cation des pièces de renfort, telles que les jambettes et les contrefiches, etc. En résumé : analyse des formes et de leur fonction, reproduction en perspective parallèle, en plan, élévation, coupes, synthèse des différents éléments en toitures complètes ; comme but final des études, dessin complet de la toiture, plan, élévation, coupes transversales.

Les cintres, — L'attention des écoles se porte sur tout ce qui peut être utile au charpentier; donc aussi sur les cintres qui servent de moyen d'exécution aux arcs et aux voûtes. Sur le chantier, le charpentier est chargé de la confection des cintres; pour ne pas être au-dessous de sa tâche, il faut qu'il connaisse leur fonction, leur construction et leur tracé.

La méthode d'enseignement, toujours invariable, met l'élève en présence de l'objet lui-même : les cintres en réduction des différents systèmes usuels, tant pour les portes et croisées cintrées, que pour les voûtes des caves et même des ponts.

D'une discussion en commun se dégage la fonction du cintre, la disposition des pièces constituantes ; sur un cintre-type, le professeur examine les pièces principales : entraits, poinçons, arbalétriers courbes, etc. ; il fait un rapprochement entre la fonction et la construction des combles et celles des cintres. Comme conclusion : le tracé en élévation avec les nœuds à plus grande échelle.

La même étude est reprise à propos d'autres cintres surhaussés, surbaissés, en ogive, et le tout forme un complément utile au métier.

Les échafaudages. — Tant pour la sécurité des ouvriers que pour l'exécution facile des travaux, l'échafaudage joue un rule tellement important dans la construction, que son étude doit avoir sa place au programme : il en forme même une partie intéressante.

Depuis l'échafaudage le plus simple, dressé sur chevalets ou sur échasses reliées par des traverses, jusqu'aux échafaudages d'assemblage destinés aux grandes constructions, ces engins, exécutés en réduction, sont à la disposition des maîtres et des élèves Dans une de ces écoles, nous trouvons même une maquette du palais du Reîchstag de Berlin entouré de son échafaudage, qui, au dire des charpentiers, était un véritable chef-d'œuvre de science. Les échafaudages sont étudiés, scrutés dans leurs assemblages, dans leur solidité, et de ces études concrètes se déduisent les règles de leur construction et de leur combinaison d'après le poids des matériaux, le nombre des ouvriers, etc.

Ces études préparatoires de construction jettent une vive clarté sur les tracés graphiques.

Tel est l'esprit des études pour les charpentiers. Les formes de charpente du passé, si ingénieuses, sont raisonnées et transformées d'après les combinaisons que la cherté du bois et la science de la stabilité et de la résistance nous a fait trouver par raison d'économie. Les études de construction et de dessin conservent leur caractère à travers les trois semestres; elles doivent donner aux élèves charpentiers la science technique, le sens de la stabilité et des résistances, qui leur permet de combiner la charpente de manière à réaliser une force et une légèreté même supéneures à celles que montrent les travaux de nos ancêtres ; pour ce motif, l'école ne se borne pas à copier les modèles du passé, mais elle raisonne leurs principes et les applique de façon à réaliser par le minimum de bois le maximum de solidité.

CLASSE DES MAÇONS

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