‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 163 sur 250 · IJ VRE SECOND · texte numérisé non relu

IJ VRE SECOND

peins à Blindes, H siibiugua l'Italie en dix liuict ioiiis; reveint de lîrindes à Rome; de Home il s'en alla au fin fond de l'Espaijjne, où ilpassa des difficultez exfreiues en la guerre contre Afranins et Petreius, et au long siège de Marseille; de là U^s'en retourna en la Macédoine, battit l'arniee romaine à Pharsale; passa de là, suyvant Pompeius, en Aegypte, laquelle il subiugua ; d'Aegvpte il veint en Syrie, et au pais de Pont, où il combattit Pbarnaces; de là en Afrique, où il desfeit Scipion et luba; et rebroussa encores, par l'Italie, en Espaigne, où il desfeit les enfants de Pompeius.

Après avoir cité^plusicms rai ts^e courage ardent et d'entreprise téméraire, Montaigne ajoute :

Il dev^eint, avecques le temps, un peu plus tardif et

plus considéré, comme tesmoigne son familier Oppius; estimant qu'il ne debvoit ayseement bazarder l'bonneur de tant de victoires, lequel une seule desfortune luy pourroit faire perdre. C'est ce que disent les Italiens, quand ils veulent reprocher cette hardiesse téméraire qui se veoid aux ieunes gents , les nommants « Nécessiteux d'honneur, » Bisogiwsi cPonore ; et qu'estants encores en cette grande faim et disette de réputation, ils ont raison de la chercher à quelque prix que ce soit, ce que ne doibvent pas faire ceulx qui en ont desia acquis à suffisance. Il y peult avoir quelque iuste modération en ce désir de gloire, et quelque satiété en cet appétit, comme aux aul- Ires; assez de gents le practiquent ainsi.

Il avoit accoustumé de porter un accoustrement riche

3fi8 ETUDE SlTil LES ESSAIS DE MONTAIGNE.

au coiiibaf, et de coiilctir csclalaiife, pour se faire remarquer.

laiiiais cliel de fjuerre n'eut lant de eieance sur ses soldats : an connnenceiiient de ses {juerres civiles, les centeniers Iny ofl'rii'i'nt de sonldoyei', chascnn sur sa liourse, un homme d'armes; et les [;enls di' pied, de le servir à leurs despens, ceidx qui esloient pins aysez entrepienauts enrores à desCraver les |)lus nécessiteux

11 V a infinis exemples de leur fidelilc' : il ne fiudt pas oublier le traict de cculx (jui fenrenl assiégez à Salone, ville partisane pour Ck-sar contre Pompeius, pour un rare accident <pii y adveinl. ^îarcus Octavius les tenoit assie- ;;ez ; ceulx de dedans estants réduits en extrême nécessité di' toutes choses, en manière (jne pour suppléer au detaull qu'ils avoient d'hommes, la plus part (rentre eulx v estants moris et blecez, ils avoient mis en lii)erté touis leurs esclaves, el jionr le service de leuis eneins, avoient esté contiainci de couper les iheveu\ de toutes les femmes à fin d'en laii'e des chordes, oullre une merveilleuse disette de \ivi-es; et ce neantmoins, résolus de iamais ne se lendre. Aprez a\x>ir liaisné ce sie{;e en grande lon(jueur, d'où Octavius estoit de\enu plus nonchalant et moins attentif à son entreprinse, ils choisirent un iour sur le midv, et, comme ils euient ien;;é les femmes et les enfanis sur leurs nuirailles pour laire bonne mine, sortirent en lelle furie sur les assiégeants, qu'a'-:int enloucé le premier, le second el tiers corps de garde, et le quatriesrne, et puis le reste, et, ayant faict du tout abandonner- les trenchees, les chassèrent iuscpu's dans les navir-es, et Octavius mesme se sau\a à Dvrrachium; où estoit Pom-

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