PROSPECTUS
Montaione !. .. voilà un nom illustre qui toul d'abord éveille rattenlioo et inspire le respect ; un nom qui a traversé glorieusement trois siècles en se popularisant do plus en plus.
Les Essais de Montai(],ne s'adressent à tous les hommes qui se font de la culture de leur esprit une occupation importante : philosophes, mora-
listes, littérateurs, amis sérieux des lettres aiicieunes et modernes, tous les lisent, les étudient, et souvent les prennent pour (juide dans le couis
de la vie.
C'est fjue jamais philosophie plus douce, plus saine, ne s'accommoda aux faihlesses de notre humaine nature ; jamais savoir plus vasle et plus varie ne se présenta sous une forme moins pédante et plus oracicusc. Montai^one, en effet, se met en rapport avec nous par une simple causerie vive, ori[;inal(% et nous donne, comme en se jouant, des précei)tes de cette sa.-esse pratique qui convient à tous les temps, à toutes les positious sociales.
r.e sujet qu'il traite dans ses Essais est, comme il le dit, oiulovdiil et il'nutrs ; c'est l'humanité tout entière. Sans se concentrer exclusivement dans les choses et les hommes de son temps, il nous offre, prcscpie à chaque page, des pensées, des conseils parJ'aitement ap})licahles à l'époque où nous vivons; c'est là surtout un des charmes, nue des particularités saillantes des Essais.
VA c'est sans doute ce qui aura attiré, séduit
M. Alplioiisc Leveaux, qui nous donne aujourcVhni, dans un livre remarquable, une collection d'extraits de Toeuvre de Montaigne faite avec un rroiit sévère, avec une connaissance profonde de toutes ses parties. Chacun des chapitres a fourni un article spécial accompagné ou suivi de notes et d'appréciations qui éclairent le texte sans le surcharger, et de rapprochements très-ingénieux de Montaigne avec nos auteurs modernes, de son langage avec celui que nous parlons au dixneuvième siècle.
On peut dire que si M. Leveaux ne donne pas l'ouvrage entier de Montaigne, il le donne vraiment complet; en effet, rien n'a été omis des pensées de l'auteur, de tout ce qu'il peut offrir d'agréable ou d'utile : il a seulement laissé de côté, et avec raison, des répétitions fréquentes, des citations très-nombreuses que Montaigne semble avoir prodiguées pour sa satisfaction personnelle (il l'avoue lui-même), plus que pour l'instruction du lecteur.
La Fontaine a dit : " Les longs ouvrages me font peur... " Nous pensons tous un peu comme
la Fontaine, et nous devons remercier M. Leveaux d'avoir, avec un tact parfait, réduit les Essais à tout ce que cet immortel ouvrage renferme de vraiment di[;ne de l'étude et de l'admiration des lettrés, des moralistes et des gens du monde.
L'ETUDE suit LES ESSAIS DE MO X'T.l I C X E
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BINDL.i^ .. JUN4- 1869
PQ Leveaux, Alphonse
LAB Montaigne