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Quelquefois, et ceci est le comble du luxe, l'Ex-dono est imprimé sur un bel exemplaire, tiré sur papier de couleur et la plupart du temps unique.
M. Armand Bertin possédait ainsi le Deburau, Histoire du théâtre à quatre sous, de Jules Janin ; le vo-
a: Spies
lume imprimé sur vélinest de l'édition in-12, 1832. On lit sur le faux titre :
« Exemplaire unique sur peau de vélin, destiné à la bibliothèque de M. Armand Bertin. »
Deburau avait, lui aussi, un exemplaire unique, il était imprimé sur papier jonquille et portait sur son faux titre cette inscription :
« Deburau, exemplaire unique, »
Monselet avait les Odes Funambulesques ; sur la page qui précédait le faux titre on lisait ces mots imprimés en rouge et noir :
« Cet exemplaire a été imprimé pour M. Charles Monselet, »
Théophile Gautier et Janin ont eu l’un sur papier bleu, l’autre sur papier rose, un exemplaire unique des œuvres de madame Emile de Girardin (Paris, Plon, 1860-61) avec envoi imprimé.
Sur un exemplaire du Raphaël de Lamartine (Perrotin, 1849), on lit au verso du faux titre :
« Exemplaire de J. Janin. »
Madame J. Janin avait un exemplairede Le Livre, par J. Janin (Plon, 1870), tiré sur grand papier de Hollande et portant sur un feuillet blanc cette inscription typographique :
« Imprimé pour Mme J, Janin. »
Les princes, moins généreux que les poëtes, se con-
tentent en guise d'Ex-dono de faire appliquer sur le faux titre une grifle d'envoi :
« De la part de l’auteur. »
J'ai trouvé ceci sur deux brochures du duc d’Aumale Les Zouaves et les chasseurs à pied (Paris, 1855), et Alézia, Etude sur la septième campagne de César en Gaule (Paris, 1859). Ces deux brochures appartenaient à Ch. Asselineau. Lors de la vente elles ont été adjugées ensemble au prix de 1 franc 50 c.
Arrêtons ici cette étude qui n’a pas la prétention d’être un travail complet, c'est tout simplement un premier coup de piochedans un filon inexploré; d’autres viendront après moi, peut-être, qui pousseront plus loin les investigations, et sans pouvoir jamais réunir tout ce qui s’est fait d'Ex-dono, je ne doute pas que, letravail et la patience aidant, on ne puisse un jour en composer un recueil qui deviendrait en quelque sorte la menue monnaie de l’esprit francais, le complément de toutes les œuvres complètes.
Qu'il me soit permis en terminant de remercier tous ceux dont le concours et les lumières me sont venus en aide au cours de ce travail : MM. Alexandre Dumas, Francis Petit, Ph. Burty, Aglaüs Bouvenne, Maurice Tourneux, Jules Troubat, Léon Sapin, Emile Bergerat, Poulet- Malassis, Dessolliers, Alfred Lebrun; je cite leurs noms au hasard et sans ordre, ma gratitude étant égale pour tous.
4803. — Paris. Imprimerie de Ch. Noblet, 13, rue Cujas. 1877