‹ Étude sur les Fistules du Sinus FrontalChapitre 15 sur 50 · MAS · texte numérisé non relu

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trant dans la matinée, était assez fortes pour l'empêcher de travailler. Elles étaient calmées par l'antipyrine. Dans les derniers temps, il s'était fait un-écoulement assez abondant par les fosses nasales. Six mois après, en l'espace de 8 jours, apparut une tumeur, siégeant à peu près au niveau de la partie meyenne du rebord orbitaire supérieur du côté droit. La tuméfaction présentait le volume d'un petit œuf ; il y avait de la rougeur du gonflement si bien que l'œil était complètement recouvert par la paupière supérieure. Il existait en même temps des phénomènes généraux, de la fièvre.

L'abcès qui s'était ainsi formé fut ouvert par un médecin le 3 septembre 1893. Un drain fut placé dans la cavité de l'abcès et la malade fut mise à l'iodure de potassium. Malgré le drainage il se fit un nouvel abcès, situé dans l'épaisseur de la paupière, mais plus près de la racine du nez. L'’écoulement n'étant pas suffisamment assuré, d'autres drains furent placés dans diffé. rents sens. Bref, elle resta pendant un an avec un drain qui, dit la malade, pénétrait profondément dans l'orbite et il se produisit ‘ une adhérence de la sclérotique à la paupière supérieure. L’écoulement de mucopus par les narines persistait ainsi que les douleurs.

En octobre 1894 la malade consulta à Nantes un chirurgien qui lui fit un grattage. Mais il resta une fistule qui a persisté depuis, fistule suintant du mucopus, et s'accompagnant de phénomènes de rétention pendant la nuit, la malade débouchant elle même dans la journée, l'orifice pour mettre fin à ses douleurs.

C'est alors qu'elle entre dans le service du docteur Cam: penon.

A l'examen, on constate que l'œil du côté droit est plus à découvert que de l’autre côté ; ce qui tient à ce que la paupière supérieure est froncée vers sa partie moyenne et on observe, au

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niveau du sillon orbito-palpébral supérieur, à peu près en son milieu, une petite dépression en partie cachée par les poils du sourcil et au fond de laquelle se trouve un très petit orifice. Il n'y a ni œdème, ni rougeur des téguments autour de l'orifice fistnleux, &’où il sort une goutte d'un liquide épais et jaunâtre. Il n'existe aucune déformation du frontal au-dessus de l’arcarde sourcilière, pas de coloration spéciale de la peau. On note seulement de la douleur à la pression sur le nerf sus-orbitaire. Si l'on cherche à explorer le trajet fistuleux avec un stylet, on est tout d'abord arrêté, puis après quelques tâätonnements own pénètre vers la cavité crânienne à une profondeur de trois centimètres environ ; ense dirigeant en haut et en dedans. On a la sensation que l'instrument est libre dans une cavité. Le diagnostic porté

est celui de Jistule du Sinus-fronlal. Pas de troubles du côté de lamyue tes

Rien de particulier dans les antécédents et comme santé vénérale à part un état nerveux très prononcé. Le 18 novembre la malade est opérée sous chloroforme. M. Campenon fait une incision légèrement curviligne, parallèle à l'arcade orbitaire, juste sur le rebord osseux de l'orbite, incision commençant au niveau de l'apophyse orbitaire externe et se terminant à la racine du nez. Une fois les téguments incisés, le périoste est décollé à la rugine et le frontal est mis à découvert. La sonde cannelée étant introduite dans le trajet fistuleux, pénètre dans la solution de continuité dela paroi osseuse et à l’aide de la gouge et du maillet la paroi antérieure du sinus frontal est défonce: Ceci fait, la cavité du sinus étant largement ouverte, on consfate une muqueuse épaissie, avec des fongosités et du pus verdàtre. La paroi orbitaire du sinus est en partie enlevée en avant au niveau du rebord orbitaire. Un nettoyage complet de la cavité ayant été fait avec la curette, une sonde cannelée perfore les cellales ethmoïdales antérieures qui sont remplies de pus. Un

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drain est passé par l'orifice ainsi créé, qui sort par la narine droite et est replié en anse ; la communication est ainsi rétablie entre la plaie frontale et les fosses nasales. Le trajet fistuleux cutané est curetté et l'adhérence de la sclérotique à cetrajet est détruite. La plaie frontale est suturée aux crins de Florence. Les tégumerts sont appliqués contre la paroi postérieure du sinus, de façon à amener l’accolement et le tout est maintenu par un pansement compressif.

Le pansement est laissé pendant cinq jours; l’opérée n'ayant présenté aucune élévation de la température, ni aucune complication.

Le 29 novembre le pansement est renouvelé et on pratique à l’aide du drain fronto-nasal des irrigations boriquées tous les jours.

Le 29 novembre l’anse du drain est supprimée et celui-ci reste suspendu à sa partie supérieure frontale par un fil d'argent de facon à permettre la rétraction de l’orifice frontal sans toutefois compromettre l'écoulement par la fosse nasale.

Le11 décembre, le drain nasal est définitivement enlevé.

Le 22 décembre on constate au niveau de la tête du sourcil du côté droit une dépression peu profonde de forme triangulaire au fond de laquelle est une petite cicatrice qui ne donne plus écoulement à aucune sécrétion. Le sourcil de ce côté est plus élevé que du côté sain. à

Lorsque l'on aura pratiqué une autoplastie de la paupière supérieure, la difformité qui existe actuellement, tout en étant réelle, sera de beaucoup diminuée.

Notons enfin que la sécrétion par les fosses nasales est beaucoup moins abondante depuis l'intervention.

La malade est complètement guérie et sort de l'hôpital le 24

décembre 1895.

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