ANALYSE DE LA TRADITION PANNONIENNE
Le tribun Lampadius fait comparaître à son tribunal, devant le temple du Soleil, les cinq ouvriers et vérifie l'accusation des philosophi ; les mineurs \artifices quadratarii], poussés par ceux-ci, crient : « per salutem csesaris, toile sacrilegos, toile magos ». Mais Lampadius fait les choses consciencieusement: il demande aux cinq chrétiens d'adorer le Soleil. C'est en vain. Seconde comparution, où intervient le philosophus Chrysolitus : elle n'a pas meilleur succès ; les chrétiens n'adorent que Jésus-Christ, qui éclaire tout homme venant en ce monde, mieux que ne peut faire le Soleil. A la troisième comparution, on bat les martyrs, tandis que le héraut crie : préecepta principum contemnere nolite. Mais Lampadius est saisi par le démon et meurt. Comme sa femme se plaint à Dioclétien, celui-ci fait faire par le togatus Nicetius des cercueils de plomb : les cinq chrétiens y sont introduits et enfermés, vivants ; on jette le tout dans le fleuve. L'évèque Cyrille en meurt de douleur. Les martyrs ont souffert le VI des ides de novembre. Dioclétien se rend alors à Sirmiura ; et, quarantedeux jours après, le chrétien Nicodème retire les cercueils et les place dans sa maison.
Onze mois plus tard, Dioclétien revient de Sirmium à Rome, où il fait construire, dans les thermes de Trajan, un temple à Asclepius ; il y fait faire une statue d'Asclepios ex lapide proconisso et placer les ex-voto de bronze ; il veut que tous les soldats y sacrifient^ surtout ceux de la prdefectura Urbis, Quatre cornicularii refusent [Severe, Severianus, Carpophorus, Victorinus] et sont martyrisés : leurs corps, laissés aux chiens, sont ensevelis par Sébastien et l'évèque Miltiade, le YI des ides de novembre, voie lavicane, au IIP mille, dans un arénaire, avec d'autres saints, deux ans après (le martyre des Pannoniens?). Comme on ne put trouver le nom des cornicularii (et qu'ils avaient même anniversaire que les Pannoniens), l'évèque Miltiade ordonna qu'on célébrerait leur fête sous les noms (et à la date) des saints Claudius, Nicostratus, Simpronianus, Castorius, et Simplicius, tandis que règne Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen *.
* Pour la critique de ce texte, cf. G. M. R., i, 153. J'ajoute qu'il est parent de Gordien et Vibhiane,à.Q Sébastien, de Sabinus et à'Hedestus [G.|M. R., m]. Le travail de remaniement semble avoir été assez étendu : les points de contact du texte avec les textes pannoniens sont moins nombreux qu'on aurait