‹ Étude sur les greffes dermo-épidermiques: Par la Méthode dite de ThierschChapitre 5 sur 29 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Nous n’insisterons pas sur la partie historique de ce travail qui est universellement connue grâce aux travaux si nombreux publiés sur ce sujet. Tout le monde connait l'émotion qui se produisit parmi les chirurgiens lorsque J. L. Reverdin fit connaitre ses travaux et le résultat de ses greffes dans sa communication à la Société de chirurgie, le 8 décembre 1869.

Quelque temps après, Franck Hamilton réclama la priorité s'appuyant sur une observation publiée en 1854 dans le Nevo- Yorck medical journal. Quoiqu'il en soit, c’est de Reverdin que vint la célébrité de la méthode. Vivement patronnée en France par Guyon, Gosselin et Guérin, pratiquée à Strasbourg par Hergott et À. Reverdin, elle ne tarda pas à se répandre à l’étranger où les travaux se multiplièrent.

Grâce à cette activité les modifications furent nombreuses. Mare Sée propose le raclage de l’épiderme; Aubert de Lyon prend des lambeaux sur des membres récemment amputés ; Pollock insère ses greffes dans de petites incisions faites dans le tissu de bourgeons charnus.

M. Ollier fit de nouveaux progrès en prenant des greffes dermo-épidermiques et en 1872 présenta une communication

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à cesujet à l’académie de médecine. A propos de la question de priorité qui fut soulevée par cet auteur dans le dernier congrès de chirurgie sur la méthode de Thiersch, nous sommes heureux de dire que, sile raclage des bourgeons charnus appartient à l’auteur allemand, le savant français a étéle premier à greffer de grands lambeaux de 4, 6, 8 centimètres carrés et le premier à dire qu’il ne suffisait pas de créer des centres multiples d’épidermisation, mais qu’il fallait, comme il le faisait lui-même, substituer à la pellicule épidermique des cicatrices ordinaires, une membrane ayant les éléments essentiels de la peau en tout que membranelimitante, et en conservant lescaractères. Il préconisa surtout les greffes comme méthode autoplastique ; ajoutons pour être complet que ses greffes dermo-épidermiques paraissent avoir été un peu plus épaisses que celles de Thiersch. Il eut commeimitateursen France, Lefort, Dubrueil, Broca ; en Angleterre, Pollock, Holmes, Sée.

Enfin, pour augmenter encore le bénéfice donné par les greftes, on essaya de transporter sur les plaies des lambeaux comprenamt toutel’épaisseur de la peau et par conséquent tous ses éléments. En 1873, Poncet publiait un cas de greffe cutanée faite par le professeur Ollier. Lefort, après une tentative infructueuse faite en 1870, obtint deux ans plus tard un succès complet. En 1875 paraissent les travaux du docteur Illing de Vienne, de Sichel et de Wecker.

C’est alors que Wolf, chirurgien écossais, fit paraitre une courte note dans le British medical journal (18 sept. 1875) et crut avoir découvert une nouvelle méthode autoplastique.

A côté de ces essais vinrent se placer les greffes zooplastiques dont les lambeaux furent empruntés à différents animaux. Etudiées d’abord par Follet, de Lille, Coze de Stras-

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bourg, Houzé (de l’Aulnoit), elles furent ensuite abandonnées pendant longtemps ; les récentes communications de Petersen, de Baratoux et de Dubousquet-Laborderie ont attiré de nouveau l'attention sur elles. Elles méritent de nouvelles recherches et offrent un vif intérêt. |

Toutes ces greffes avaient le désavantage de donner souvent des échecs ou de disparaître ensuite soit par recroquevillement, soit par chute tardive. Thiersch rechercha les causes de ces imsuccès et fit remarquer que les bourgeons charnus pour se transformer en tissu cicatriciel subissent une rétraction sur eux-mêmes dont l'effet est de raprocher les bords de la plaie ; ce serait justement ce processus quientrainerait la chute des greffes. Car d’après ses recherches les bourgeons charnus persistent sous les greffes et si la rétraction maximum n’est pas faite au moment où celles-ci sont appliquées, elle se produit quand même ; d’où recroquevillement ; enfin si ce mouvement de retrait est terminé, la chute n’en est pas moins à craindre en raison de la vascularisation et dela fragilité des tissus où le moindre traumatisme suffit pour produire des ruptures et des hémorragies qui amènent à leursuite la chute du lambeau transplanté.

Ces surfaces bourgeonnantes sont composées de deux couches superposées dont la plus profondeetla plus résistante contient des vaisseaux qui cheminent horizontalement tandis que la plus superficielle, celle qui forme à proprement parler les bourgeons charnus, renferme surtout des anses vasculaires verticales et très nombreuses. C’est à celle-ci que Thiersch attribue le mauvais résultat des greffes de Reverdin. Il en conclut qu’il fallait l’enlever pour pratiquer de bonnes transplantations et le succès confirma ses espérances. Il fixa dès

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